Octavie Modert lors de la 37e Conférence générale de l'Unesco à Paris

Discours – Publié le

Monsieur le Président de la Conférence Générale

Madame la Présidente du Conseil Exécutif

Madame la Directrice Générale

Excellences et Honorables Délégués

Dès le premier jour, la Conférence Générale a opéré un choix judicieux. Mes plus sincères voeux de réussite vous accompagnent dans l'accomplissement de votre mission.

L’Unesco a connu des temps difficiles depuis que nous nous sommes rencontrés la dernière fois dans cette enceinte-ci. La cessation du versement des contributions américaines et israéliennes a amputé les finances de l’Organisation presque d’un quart de son budget. Je voudrai lancer un appel de revenir au berceau de l’Organisation. Dans ces conditions éprouvantes, la Directrice Générale a assumé ses responsabilités en mettant sur les rails un processus de réformes pour rendre l’Unesco plus efficace et plus opérationnelle, réformes dont – sincèrement, ne nous voilons pas la face – l’Organisation avait de toute façon besoin. Et, elle aura besoin d’autres réformes encore à l’avenir.

La crise financière a été vécue comme une opportunité pour restructurer l’organisation. Il faudra que ce processus de réformes soit poursuivi et mené à son terme. Pour ce faire, la Directrice Générale a le plein soutien du Luxembourg. Aussi le Conseil exécutif lui a-t-il déjà renouvelé sa confiance pour un nouveau mandat. Nous nous félicitons de cette décision que nous avons promu aux côtés de nos partenaires du BENELUX et nous espérons que la Conférence générale endossera ce choix mardi prochain.

Monsieur le Président,

Depuis sa conception dans les années 1940, l’éducation, la science et la culture sont au coeur des préoccupations de l’Unesco. La prise en compte, voire prise en charge des évolutions sociétales dans ces domaines représentent un défi constant, particulièrement en des temps où les frontières entre disciplines deviennent de plus en plus fluides. Les choses n'en deviennent pas forcément plus aisées, mais je pense qu'il faut voir ces rapprochements également comme une chance. La toute récente Déclaration sur la culture comme clé du développement durable, adoptée en mai dernier à Hangzhou, me conforte dans cette pensée puisqu'elle appelle notamment à intégrer systématiquement la dimension culturelle "dans les définitions du développement durable et du bien-être, ainsi que dans la conception, la mesure et la pratique concrète des politiques et programmes de développement". Le Luxembourg soutient pleinement cette ambition.

J’aimerais donc insister ici sur un autre programme Unesco qui nous tient à coeur, à savoir le Réseau des Ecoles associées. Ce projet, qui fête cette année son 60ème anniversaire, est très précieux : son but est de transmettre aux jeunes les valeurs de la tolérance, du respect des droits de l’Homme, de l’ouverture à d’autres manières de penser, de sentir et d’agir.

Je suis profondément convaincue que ce n’est qu’à travers la compréhension internationale, le respect de l’altérité, l’intérêt pour la culture de l’autre, l’échange d’idées – domaines d’excellence de l’Unesco – que l’Humanité arrivera à faire régner la tolérance et donc la paix là où aujourd’hui persistent fanatisme, misère et donc conflits. Il convient de commencer très tôt, dès le jeune âge, avec un tel enseignement. C’est la raison pour laquelle le Luxembourg met un accent si fort sur le Réseau des écoles associées.

Avec neuf écoles associées pour une population de quelque 500.000 habitants, le Luxembourg a une des densités d’écoles associées les plus importantes au monde. Nous voudrions encourager l’Unesco à continuer à étendre et à renforcer le Réseau des Ecoles associées.

Face aux problèmes d’infrastructure et de financement persistants, notamment dans les régions les plus démunies du globe, je tiens également à saluer l’action de l’Unesco dans le domaine de l’éducation par le numérique, action qu’il convient de renforcer dans les prochaines années, pour suivre l’évolution technologique. En effet, le numérique, formidable vecteur de communication et d’information, mais aussi d’échange interculturel, est un allié redoutable dans la lutte contre l’ignorance et l’intolérance. A ce titre, il doit être pleinement exploité.

Faut-il souligner que l’internet doit rester un espace ouvert à tous, où tout le monde peut s’exprimer librement et sans entraves ? Y a-t-il lieu de répéter que la censure et la subtilisation de données personnelles de cet espace de liberté sont complètement inacceptables ! Et c’est en mes qualités à la fois de Ministre de la Culture et de Ministre de Justice que je le dis. La Directrice Générale a le plein soutien du Luxembourg dans ses efforts pour assurer que le cyberespace demeure un espace de liberté et de libre communication, tout en protégeant contre la cybercriminalité, comme l’Unesco le fait déjà de manière plus générale dans la promotion de la liberté d’expression, et particulièrement de la sécurité des journalistes, un sujet d’une dramatique actualité à nouveau.

Monsieur le Président,

Dans le concert des nations et des enceintes internationales, la voix de l'UNESCO est essentielle et indispensable. Sachez que vous pourrez toujours compter sur mon pays pour la faire entendre.

Je vous remercie de votre attention.