Claude Meisch au sujet des développements politiques dans la commune de Differdange

Interview – Publié le

Le Quotidien: Bien que vos préoccupations soient d'envergure nationale depuis votre nomination en tant que ministre de l'Education nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, on imagine que les actualités concernant Differdange vous ont touché...

Claude Meisch: Ce n'est effectivement plus mon rôle de commenter ce qui se passe au niveau communal, mais oui, comme vous pouvez vous en douter, je suis triste, déçu de ce qui s'est passé à Differdange.

Le Quotidien: Aviez-vous imaginé un scénario comme celui qui s'est déroulé mercredi?

Claude Meisch: Non, pas du tout... Je ne vais pas cacher le fait qu'il y ait eu des discussions au sein de la fraction, mais tout était censé être résolu par des propositions très claires qui avaient été acceptées par tous. Malheureusement, au dernier moment, un conseiller (NDLR: Michel Braquet) a décidé de voter autrement. Sans avoir prévenu quiconque au préalable.

Le Quotidien: Vous lui en voulez?

Claude Meisch: C'est très décevant en tout cas. Je ne ferai pas d'autres commentaires à son sujet.

Le Quotidien: Finalement, l'opposition n'a pas eu besoin d'être très active, puisque ce sont des problèmes internes au parti qui ont mis le feu aux poudres...

Claude Meisch: C'est vrai. Et ce qui m'a le plus surpris, ce sont ces critiques soudaines qui n'avaient jamais été formulées auparavant.

Le Quotidien: Vous pensez à la lettre de Jean Lorgé qui a fait tant de bruit?

Claude Meisch: Ça, ça a été dur. Nous avons collaboré ensemble pendant huit ans et jamais, que ce soit en collège échevinal ou dans les comités du DP, il n'avait prononcé de telles critiques en interne. Et elles sont devenues publiques.

Le Quotidien: Jean Lorgé a évoqué la manière dont vous vous occupiez du service culturel...

Claude Meisch: Le fait que le service culturel travaille dans le dos du collège échevinal, c'est une polémique qui a accompagné tout mon mandat de député-maire. Mais je suis prêt à répondre à ceux qui mettent en jeu ma responsabilité politique. Je les invite à évoquer des cas précis et je leur répondrai. La plupart des choses que j'entends sont des vieilles histoires sur lesquelles je me suis déjà expliqué à maintes reprises.

Le Quotidien: Le collège échevinal n'a donc jamais été mis à l'écart de la politique culturelle de Differdange?

Claude Meisch: Je vais vous donner un exemple: on a reproché au collège échevinal de ne pas avoir eu son mot à dire sur le programme du nouveau centre culturel (NDLR: l'Aalt Stadthaus, qui sera inauguré le 31 janvier). Pourtant, il a été présenté un dossier complet là-dessus au conseil communal. On y trouvait tout: les prévisions de personnel, les comparaisons avec les autres centres culturels de la Grande Région, les contrats-types avec les professionnels qui y seront impliqués... Que pouvions-nous faire de plus! Enfin.., je sais qu'en politique, lorsque l'on veut trouver une raison, on en trouve toujours une...

Le Quotidien: Avez-vous des reproches à faire à votre partenaire de coalition, les verts?

Claude Meisch: Oui, je m'étonne de leur réaction. Après tout, le DP et déi gréng disposent toujours de la majorité au sein du conseil. Si ces votes ont été des échecs, c'est que nous n'étions pas au complet. Il manquait en effet deux conseillers au DP (NDLR: Carlo Bernard, en congé, et Arthur Wintringer, pas encore nommé). A mon avis, le plus normal aurait été de se mettre ensemble et de voir comment on aurait pu se sortir de cette situation. En repoussant le vote par exemple.

Le Quotidien: Cette possibilité a-t-elle été évoquée?

Claude Meisch: Non, puisque dès hier soir, les verts nous ont indiqué qu'ils ne souhaitaient même pas en discuter avec nous. Je regrette évidemment l'absence de volonté de la part des verts de discuter avec nous. Mais c'est la politique... Differdange se dirige aujourd'hui tout droit vers une nouvelle coalition. Ce que j'espère, c'est que les choix qui seront pris seront bénéfiques pour la commune.

Le Quotidien: Comment expliquez-vous que les verts ne souhaitaient plus travailler avec, le DP ?

Claude Meisch: Je n'en sais rien. Mais le fait qu'ils ne veulent même pas nous voir m'étonne et m'interpelle. Lorsque j'ai quitté la commune le 3 décembre au soir, il n'y avait pas de problèmes. Nos visions étaient les mêmes.

Le Quotidien: Finalement, le problème aura été que personne n'a fait l'unanimité pour votre succession...

Claude Meisch: Mais des personnes ont tout de même été choisies! Le parti s'était mis d'accord sur la succession. Ces problèmes avaient donc été résolus. Pourtant...

Le Quotidien: Vous dirigiez Differdange depuis douze ans, êtes-vous amer aujourd'hui?

Claude Meisch: Je crois que pendant ce laps de temps, nous avons apporté une belle prospérité à Differdange. Nous avons travaillé, la ville a investi... C'était une mission qui m'a tenu à coeur, alors oui, je suis déçu et triste. Mais j'ai d'autres missions aujourd'hui et dans ce contexte particulier, je suis heureux de relever les défis de mon ministère. Ce sera plus constructif.