Fouilles archéologiques de la rue du Fossé: visite du chantier par Maggy Nagel, ministre de la Culture

Communiqué – Publié le

Accompagnée par la bourgmestre Lydie Polfer et Foni Le Brun, chargé de direction du Centre national de recherche archéologique (CNRA), la ministre a pu constater l’importance scientifique des découvertes effectuées dans le cœur de la capitale.

La ministre de la Culture, Maggy Nagel, a visité les fouilles archéologiques qui viennent de s’achever mi/fin janvier dans la rue du Fossé. Accompagnée par la bourgmestre Lydie Polfer et Foni Le Brun, chargé de direction du Centre national de recherche archéologique (CNRA), la ministre a pu constater l’importance scientifique des découvertes effectuées dans le cœur de la capitale. Ces fouilles ont été dirigées par l’équipe du service d’archéologie médiévale et postmédiévale du CNRA, en étroite collaboration avec les services techniques de la Ville de Luxembourg. En effet, depuis 2012, la capitale est en train de rénover la voirie de la vieille ville pour refaire les infrastructures techniques (gaz, eau, électricité). Programmés sur plusieurs années, ces chantiers sont menés en étroite concertation avec le CNRA pour documenter le patrimoine archéologique avant sa destruction, tout en respectant les délais des travaux.

Résultats préliminaires

Lors de ces explorations, de nombreuses structures archéologiques relatives à l’histoire mouvementée de la ville ont été découvertes. Parmi celles-ci figurent le mur d’enceinte du cimetière de l’ancien couvent des Cordeliers situé dans la partie basse de la rue, une vingtaine de tombes, ainsi qu’un ossuaire. Au niveau de la rue de la Reine, un énorme four à chaux de 6 m de diamètre a pu être repéré. Il fut aménagé sur le versant extérieur (contrescarpe) de l’ancien fossé de la ville et est donc fort probablement lié à la construction du mur d’enceinte de la ville du XIIIe siècle.

Au niveau du "puits rouge", les structures archéologiques fouillées appartiennent à plusieurs époques (environ Xe-XVIIe siècle). Les murs et caves dégagées correspondent à des bâtiments figurant sur le plan Deventer (1560) qui ont été démolis dans les années 1930. Il s’avère que le tissu urbain était plus étroit qu’aujourd’hui. Par ailleurs, deux autres fours à chaux ont également été découverts dans la partie haute de la rue. À signaler parmi les nombreux vestiges mis au jour la découverte à la base des couches inférieures d’une pièce de monnaie du Xe siècle. Il s’agit d’un denier en bas-argent d’Henri Ier l’Oiseleur, roi de Germanie et de Lotharingie de 919 à 936. Cette monnaie qui a pu être en circulation jusqu’au XIIe siècle est contemporaine de l’édification du castel Lucilinburhuc par le comte Sigefroid (922-998) vers 963 dont l’évolution du château et de ses alentours sera à l’origine de la ville haute du XIIIe siècle.

Les informations et vestiges découverts lors de ces fouilles contribueront à mieux comprendre l’histoire de l’évolution de la Ville de Luxembourg et de ses habitants. Après les fouilles, cette documentation sera traitée et exploitée dans les laboratoires du CNRA, afin de compléter l’histoire de la capitale et de notre pays.

Un comportement patrimonial responsable et partagé: un exemple à suivre

Les fouilles en milieu urbain sont généralement difficiles en raison des nombreuses contraintes techniques et organisationnelles. Cependant grâce à un dialogue étroit entre aménageurs et archéologues mené bien en amont du projet, les travaux de la rue du Fossé ont pu être planifiés au mieux (voir la vidéo Youtube "Building our Future").

Cette démarche préventive a conduit à un excellent déroulement des différents volets d’intervention et d’éviter tout retard. Par ailleurs, conscientes des gênes occasionnées par les chantiers, les équipes du CNRA et les services techniques de la ville s’efforcent également de réduire au minimum les nuisances causées aux commerçants, citadins et personnes de passage. Cette opération s’avère donc être exemplaire.

Comme les travaux de réfection de voiries vont prochainement débuter rue Sigefroi, la ministre de la Culture souhaite que les excellentes synergies développées entre les services de l’État et de la commune soient poursuivies et qu’elles puissent servir d’exemple à l’échelle du pays. De fait, les opérations archéologiques menées dans le cœur historique de la capitale ont prouvé qu’il est possible de concilier respect du patrimoine et aménagement moderne. La mise en place de ces nouvelles démarches dites "préventives" permet d’assurer la documentation du patrimoine archéologique, à défaut de la préservation avant sa destruction irréversible. Ces nouvelles procédures témoignent d’une société responsable envers son héritage historique et culturel national. Signalons dans ce contexte que des investigations archéologiques similaires, préalables aux travaux d’aménagement, sont actuellement poursuivies sur la place Guillaume (Knuedler) et au ban de Gasperich, à l’emplacement du futur Lycée Vauban.

Communiqué par le ministère de la Culture