Carole Dieschbourg a informé sur l’état de santé des forêts au Luxembourg

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Pour l’ensemble de la forêt, à travers toutes les essences et tous les âges, l’état de santé s’est dégradé par rapport à 2009. La proportion d’arbres nettement endommagés a notamment augmenté de 7% et seulement 26% des arbres ont été déclarés sains.

Bien que l’état de santé précaire des forêts au Luxembourg soit connu depuis quelques années, les observations récentes réalisées par l’Administration de la nature et des forêts montrent une nouvelle dégradation de l’état de santé de nos forêts. Carole Dieschbourg, ministre de l’Environnement et l’Administration de la nature et des forêts, a présenté le 13 février 2014 les résultats de l’inventaire phytosanitaire 2013.

Au cours de l’inventaire, les données d‘observation de 1200 arbres ont été évaluées. Pour l’ensemble de la forêt, à travers toutes les essences et tous les âges, l’état de santé s’est dégradé par rapport à 2009. La proportion d’arbres nettement endommagés a notamment augmenté de 7% et seulement 26% des arbres ont été déclarés sains. Cependant l'évolution diffère au niveau des différentes essences d'arbres. L‘état des cimes du hêtre et des résineux s'est particulièrement dégradé, une légère détérioration de l'état des cimes a pu être observée pour le chêne et les feuillus divers.

Les forêts couvrent plus d’un tiers du territoire 

Les forêts couvrent aujourd’hui plus d’un tiers du territoire luxembourgeois. Le hêtre est avec un rapport surfacique de 29,9% l’essence la plus répandue au Luxembourg. Le chêne occupe 18,4% de la surface totale forestière. 30% sont peuplés de résineux. Avec près de 23% l'épicéa commun est l’essence résineuse la plus répandue. L’état de santé des arbres est estimé par le biais de la perte et de la coloration anormale des feuilles/aiguilles.

Les arbres sont ainsi attribués à une des cinq classes de dégâts (0 = arbres sans dommages ; 1 = arbres légèrement endommagés (phase d’alerte) ; 2 = arbres moyennement endommagés ; 3 = arbres fortement endommagés ; 4 = arbres morts). A côté de ces deux paramètres, des critères supplémentaires comme la présence de branches sèches ainsi que des attaques de ravageurs sont notés.

Afin de garantir une comparabilité des données, l’inventaire de l’état de santé des forêts est réalisé chaque année autour de la même période. Tenant compte des dernières observations réalisées en 2009, les notations ont été effectuées entre le 22 juillet et le 16 août 2013.

Les statistiques relevés montrent que:

  • l’état de santé du hêtre s'est détérioré gravement en 2013. Le pourcentage de hêtre nettement endommagé a augmenté de 38,5% à 49,2% par rapport à 2009. Il s'agit de la deuxième notation la plus mauvaise depuis les premières observations réalisées en 1984. Pour la même période, le pourcentage de hêtre observé dans les classes de dégâts 0 et 1 a diminué de 2,2% respectivement 8,4%.

  • le pourcentage de chêne sans dommages a régressé de 32,3% (2009) à 26,3% (2013). Le niveau d’arbres légèrement et nettement endommagé a augmenté de 3,1 point de 34,2% à 37,3% respectivement de 2,8 points de 33,5% à 36,3%.

  • comme pour les essences feuillues, l’état de santé des essences résineuses a régressé. On remarque particulièrement une hausse sensible de résineux nettement endommagés de 8,7% en 2009 à 17,4% en 2013. Depuis les premières observations en 1984, cette hausse est la plus importante pour les résineux dans ces classes de dégâts.

De multiples facteurs influencent la santé des forêts

La santé des forêts est influencée par de multiples facteurs provoquant d’importants changements. Ces différents facteurs sont soit d’origine biotique, soit d’origine abiotique et peuvent varier fortement selon leur dimension spatio-temporel. Il s’agit par exemple de l’âge et des prédispositions génétiques individuels des arbres, de la gestion actuelle et antérieure, des circonstances locales, de la présence d’organismes nuisibles, des polluants atmosphériques ainsi que du changement climatique.

L’Administration de la nature et des forêts a mis en place des mesures pour lutter contre la dégradation de l’état de santé de la forêt. Les plus simplificatrices sont l’application d’une sylviculture proche de la nature, l’initiative de la régénération des vieux peuplements de hêtre et les efforts récents pour la promotion du chêne sessile.