Dan Kersch au sujet des fusions de petites communes et des subventions

"Les subventions vont baisser"

Interview – Publié le

"Non, parce que ces subventions ne sont que la cerise sur le gâteau! Le gâteau, c'est la fusion en elle-même. Si les communes fusionnent pour l'appât de la subvention, c'est une mauvaise raison. Et puis, nous demandons à tous de faire des efforts, il est logique que les communes suivent le mouvement. Dans le cas contraire, la population ne comprendrait pas. Le plus important est de définir un système équitable qui profite essentiellement aux petites communes qui ne disposent pas d'un gros budget."

Le Quotidien: La politique visant à favoriser les fusions de communes a été lancée par le précédent ministre de l'lntérieur. Est-elle toujours d'actualité?

Dan Kersch: Oui, bien sûr. Cette volonté est d'ailleurs très clairement exprimée dans l'accord de coalition et le programme gouvernemental. Il y a tout de même une différence avec l'ancien gouvernement, c'est que nous imposons la tenue de référendums dans toutes les localités concernées. Nous mettons l'accent sur la libre volonté des citoyens. Mais même si nous soutenons ces démarches, le ministre que je suis n'impose rien, c'est entièrement aux communes de se décider.

Le Quotidien: On peut lire sur le site internet du ministère de l'lntérieur que l'objectif est d'atteindre le nombre de 71 communes au Luxembourg en 2017. Est-ce toujours le cas?

Dan Kersch: Ce n'est pas le chiffre qui est déterminant, mais la volonté issue des politiciens et soutenue par les électeurs. Je préfère donc ne pas fixer d'objectif chiffré.

Le Quotidien: Comment jugez-vous le projet de Wiltz et Eschweiler, qui a été rapidement mis sur pied et qui semble être en bonne voie?

Dan Kersch: C'est une très bonne chose. C'est l'exemple classique de l'alliance d'une commune avec une certaine grandeur qui dispose d'une bonne exposition de bonnes infrastructures et d'une autre, beaucoup plus petite, qui va pouvoir en profiter pour améliorer ses services. C'est un échange qui sera profitable aux deux parties.

Le Quotidien: Outre Wiltz et Eschweiler, d'autres communes ont-elles officiellement lancé les démarches?

Dan Kersch: Oui, les discussions sont très avancées entre Hobscheid et Septfontaines ainsi qu'entre Boevange-sur-Attert et Tuntange. Les référendums devraient avoir lieu cette année et s'ils sont positifs, les fusions pourraient être effectives dès le ler janvier 2015, comme pour Wiltz et Eschweiler. (NDLR: la fusion d'Hobscheid et Septfontaines est toutefois au point mort).

Le Quotidien: Compte tenu des économies que doivent réaliser les différents ministères, est-ce que le montant des subventions restera à la hauteur actuelle?

Dan Kersch: Non. Nous avons discuté avec les six communes concernées cette année, les subventions vont baisser. Les montants seront un petit peu inférieurs à ce qu’ils étaient auparavant. Les communes recevront 2.000 euros par habitant pour les 4.000 premiers habitants, puis 1.500 euros entre les 4.000 et 6.000 et 1.000 euros du 6.000e au 10.000e habitants. Elles baisseront encore un peu pour celles qui fusionneront après 2014. Nous voyons cela avec le Syvicol (NDLR: le Syndicat des villes et communes luxembourgeoises).

Le Quotidien: Ne craignez-vous pas que ces avantages amoindris ne freinent les désirs de fusion?

Dan Kersch: Non, parce que ces subventions ne sont que la cerise sur le gâteau! Le gâteau, c'est la fusion en elle-même. Si les communes fusionnent pour l'appât de la subvention, c'est une mauvaise raison. Et puis, nous demandons à tous de faire des efforts, il est logique que les communes suivent le mouvement. Dans le cas contraire, la population ne comprendrait pas. Le plus important est de définir un système équitable qui profite essentiellement aux petites communes qui ne disposent pas d'un gros budget.