Trois ans de conflit en Syrie: l’effet dévastateur sur les enfants syriens

Communiqué – Publié le

La date du 15 mars marque le troisième anniversaire de la guerre qui fait rage en Syrie.  La crise syrienne constitue la pire catastrophe humanitaire du 21e siècle. Près de la moitié de la population s’est vu contrainte de quitter son domicile pour échapper aux affrontements: plus de 6,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et plus de 2,5 millions de personnes ont traversé les frontières. Plus de 9 millions de personnes nécessitent une assistance humanitaire d’urgence. Près de 140.000 Syriens ont perdu leur vie depuis mars 2011.

La date du 15 mars marque le troisième anniversaire de la guerre qui fait rage en Syrie.  La crise syrienne constitue la pire catastrophe humanitaire du 21e siècle. Près de la moitié de la population s’est vu contrainte de quitter son domicile pour échapper aux affrontements: plus de 6,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et plus de 2,5 millions de personnes ont traversé les frontières. Plus de 9 millions de personnes nécessitent une assistance humanitaire d’urgence. Près de 140.000 Syriens ont perdu leur vie depuis mars 2011.

Ces chiffres nous interpellent à peine, tant la tragédie humaine de cette crise dépasse notre entendement. Les enjeux politiques occupent le devant de la scène, et les atrocités et les souffrances humaines n’attirent pas beaucoup d’attention. Pourtant, cette crise a un visage humain. Elle a un impact dévastateur sur les générations futures. En effet, les enfants souffrent énormément en Syrie. D’après l’UNICEF, la Syrie est actuellement l’endroit le plus dangereux au monde pour un enfant:

  • Plus de 10.000 enfants ont perdu leur vie suite au conflit.
  • 5,5 millions d’enfants sont affectés par cette crise, dont plus de 1,2 million qui se sont réfugiés au Liban, en Jordanie, en Turquie, en Irak et en Égypte.
  • Plus d’un million d’enfants vivent dans des zones assiégées ou difficiles d’accès et manquent de nourriture et de soins médicaux, faute d’accès humanitaire.
  • Les dizaines de milliers d’enfants exposés à la violence incessante en Syrie sont en danger permanent non seulement d’être blessés, mais aussi d’être recrutés comme soldats, détenus, torturés et abusés.
  • Plus de 3 millions d’enfants – près de la moitié des enfants syriens en âge scolaire – ne fréquentent pas l’école de manière régulière; près d’un quart des écoles en Syrie ont été détruites ou endommagées, ou sont utilisées à des fins militaires.
  • La santé des enfants syriens est en danger du fait d’un accès très limité aux soins médicaux (60% des structures de soin ne sont plus en état de fonctionner), d’un taux de vaccination en chute libre et d’une pénurie croissante d’eau potable (un tiers des centres d’épuration est détruit).

Les enfants syriens souffrent de manière silencieuse

Au-delà de ces conséquences visibles, les enfants syriens souffrent de manière silencieuse. Au moins 2 millions de jeunes Syriens ont besoin d’un soutien émotionnel pour se remettre de leurs expériences traumatisantes. Dans le camp de Za’atri en Jordanie, au moins un tiers des enfants présentent en effet des comportements agressifs, autodestructeurs ou introvertis.

Il y a une autre raison pour accorder plus d’attention à la crise syrienne: des milliers de travailleurs humanitaires héroïques font des efforts incessants, au péril de leur vie, pour venir en aide aux populations vulnérables en Syrie, malgré l’insécurité, les problèmes d’accès et les entraves administratives. Plus de trente travailleurs humanitaires ont perdu leur vie depuis le début du conflit. Grâce à eux, des millions de personnes reçoivent de la nourriture, de l’eau, des soins. Mais beaucoup d’autres sont inaccessibles, vivent dans la peur, manquent de tout, souffrent de la faim. Comme les 18.000 réfugiés palestiniens dans le camp de Yarmouk où les distributions ont à nouveau été interrompues en raison du conflit et où la malnutrition et la pénurie d’eau ont déjà causé la mort de nombreux enfants.

Ce conflit reste une priorité pour le Luxembourg

Ce conflit, et ses conséquences humanitaires, sont une priorité pour le Luxembourg en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. À l’initiative du Luxembourg et de l’Australie, une déclaration présidentielle a été adoptée à l’unanimité en date du 2 octobre 2013 réclamant avant tout un accès immédiat et sans entraves à toutes les populations dans le besoin. Faute de progrès dans la mise en œuvre de cette déclaration, une résolution (2139) a ensuite pu être adoptée le 19 février 2014, à l'initiative du Luxembourg, de l'Australie et de la Jordanie. La communauté internationale doit se mobiliser autour de cette résolution et faire pression sur les parties au conflit pour respecter sans tarder toutes les dispositions de cette résolution. La population civile syrienne a assez souffert.

La réponse humanitaire luxembourgeoise à la crise syrienne:

Après avoir alloué une aide humanitaire de 2 millions d’euros en 2012 et de 5,6 millions d’euros en 2013, le gouvernement luxembourgeois a formulé une promesse de don de 5 millions d’euros supplémentaires à la conférence des donateurs à Koweït en janvier 2014.

Ces fonds soutiennent les interventions humanitaires des agences de l’ONU (UNHCR, Programme alimentaire mondial, UNICEF, Bureau pour la coordination des affaires humanitaires, Fonds d’urgence pour la Syrie), d’ONG luxembourgeoises (Fondation Caritas Luxembourg, Handicap International Luxembourg, Care in Luxemburg, SOS Villages d’Enfants Monde) et du Mouvement de la Croix-Rouge (CICR, FICR, Croix-Rouge luxembourgeoise).

Les Nations unies auraient besoin de USD 2,3 milliards pour répondre aux besoins les plus urgents des populations vulnérables à l’intérieur de la Syrie et 4,2 milliards pour assister les réfugiés de Syrie dans les pays d’accueil, mais ces appels ne sont actuellement financés qu’à hauteur de 8%, respectivement 14%.

Communiqué par le ministère des Affaires étrangères et européennes, Direction de la coopération au développement