Interview de Camille Gira avec le Républicain Lorrain

"(...)Nous devons faire en sorte que la planète reste vivable pour la civilisation humaine"

Interview – Publié le

Interview: Le Républicain Lorrain

Le Républicain Lorrain: Si vous deviez résumer l'enjeu de la conférence mondiale sur le climat de Paris (COP2I) en quelques mots, que diriez-vous ?

Camille Gira: Je dirais que le plus important, c'est d'aboutir à un accord global de tous les pays sur des règles contraignantes en matière d'émissions de gaz à effet de serre. L'échec de Kyoto, c'était la faiblesse du nombre de signataires à l'origine. Donc nous devons rassembler le plus de pays possible autour d'un accord. Ensuite, la qualité de cet accord sera essentielle: il s'agit de limiter à 2 degrés le réchauffement climatique par rapport à l'ère préindustrielle. Ou du moins de se rapprocher le plus possible de ces 2 degrés. L'enjeu est simple: par cet accord, nous devons faire en sorte que la planète reste vivable pour la civilisation humaine.

Le Républicain Lorrain: Êtes-vous optimiste quant au succès de cette conférence mondiale ?

Camille Gira: Je suis raisonnablement optimiste. J'étais à Copenhague, le dernier grand sommet mondial qui s'était soldé par un échec. Depuis, les choses ont beaucoup changé. Plus personne, aujourd'hui, ne doute de la réalité du changement climatique et de son lien avec l'activité humaine. Les deux grands acteurs, les États-Unis et la Chine, ont beaucoup bougé sur ce point. Mais les pays du Sud aussi. Auparavant, ils considéraient les décisions contraignantes en la matière comme une forme de néocolonialisme. Ils y voient aujourd'hui une énorme chance pour développer l'économie verte. Donc sur le papier, tout est réuni pour que nous puissions aboutir à un accord à Paris. Mais dans ce genre de grande négociation internationale, tout peut capoter sur un point de tension, sur un pays qui décide de faire un blocage. Nous ne sommes pas à l'abri d'un incident de ce type. Ce serait catastrophique.

Le Républicain Lorrain: Vous serez ce soir à Thionville pour évoquer les enjeux de cette COP2 I. En quoi est-il important d'impliquer le grand public ?

Camille Gira: Parce que sans l'implication des citoyens, l'accord global ne suffira pas pour sauver la planète. Il revient aux citoyens, dans leurs comportements quotidiens, d'appliquer l'accord qui sera trouvé. Chacun, en se regardant dans le miroir le matin, doit se demander ce qu'il a fait pour sauver la planète. Il s'agit de préférer les transports en communs à la voiture ou de choisir des produits locaux plutôt que d'acheter des fraises en hiver... C'est très important. Vous savez, je suis convaincu que c'est à l'échelle locale que nous trouverons des solutions pour la planète. C'est la position que je défends dans le cadre des négociations préalables à cette COP2 1. En matière d'énergies, d'alimentation, de déplacement, ce sont les régions et les communes qui disposent des outils nécessaires pour faire évoluer les choses dans le bon sens. 

Le Républicain Lorrain: Concrètement, que peuvent faire les citoyens qui souhaitent soutenir un accord international ?

Camille Gira: Ils peuvent utiliser leur bulletin de vote afin d'adresser un message clair à leurs dirigeants. Regardez ce qui s'est passé au Canada. La question environnementale a été déterminante dans la victoire des libéraux. Aujourd'hui, les hommes et femmes politiques ont compris que l'on peut gagner une élection en faisant des propositions visant à sauver l'être humain.