Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne

Le Conseil UE des ministres de la Culture s’est réuni le 24 novembre 2015 à Bruxelles

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Sous la Présidence de la ministre de la Culture, Maggy Nagel, les ministres européens de la Culture ont donné des impulsions sur la culture dans les relations extérieures de l’UE, sujet prioritaire de la Présidence luxembourgeoise et qui a été abordé sous différents angles:

  • l’adoption de conclusions sur la culture dans les relations extérieures de l'UE,  en particulier dans le cadre de la coopération au développement,
  • l’adoption de conclusions sur la modification du plan de travail (2015-2018) en faveur de la culture en ce qui concerne la priorité sur le dialogue interculturel, et
  • un débat public sur la destruction du patrimoine culturel et le trafic illicite de biens culturels dans les zones de conflit.

Par ce biais, il s’agissait en effet de mettre en évidence le rôle et la contribution que la culture - en tant que valeur et en tant que vecteur - peut apporter aux objectifs des politiques de l'Union européenne, et plus particulièrement le rôle fondamental que la culture doit jouer à tous les niveaux des relations extérieures de l’UE.

Avant d’aborder en détail les différents aspects proposés, les ministres ont tenu à rendre hommage par une minute de silence aux victimes des attaques de Paris du 13 novembre dernier, faits qui ont donné une actualité toute particulière à leurs échanges. Rappelant la déclaration qu’ils avaient faite à ce sujet, ils ont souligné que "Face à cette violence et aux tentatives de bouleverser nos modes de vie, nos convictions et nos libertés, la culture, encore davantage que par le passé, a une contribution cruciale à fournir en faveur de l'ouverture des esprits, de la tolérance, du dialogue interculturel, de l'intégration et du respect de l'autre."

La culture dans les relations extérieures de l’UE, en particulier dans la coopération au développement

Dans les conclusions qu’ils ont adoptées à l’unanimité, les ministres ont examiné comment la culture pourrait renforcer l’action extérieure et la coopération au développement de l’UE dans un esprit de cohérence entre politiques. Ils ont souligné la capacité de la culture à construire des relations à long terme avec les pays partenaires de l'UE et qui soient basées sur les personnes, l’échange entre peuples, le partenariat, la confiance, la réciprocité et la compréhension mutuelle.

Les ministres ont dès lors invité les États membres et la Commission à travailler sur une approche plus intégrée de la culture dans la coopération au développement, de sorte à assurer la cohésion des actions menées par les différents acteurs qui agissent sur le terrain. À cet effet, le Conseil a notamment décidé de mettre en place un groupe de travail informel qui se réunira à Luxembourg et dont l’objectif sera de contribuer à la préparation d’une telle approche.

En outre les ministres ont lancé un appel à la Commission et à la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères de proposer une approche stratégique de la culture dans les relations extérieures de l’Union européenne.

Modification du plan de travail (2015-2018) en faveur de la culture

Le Conseil a également décidé d’une modification de son plan de travail 2015 à 2018 pour réagir à la crise migratoire qui touche actuellement toute l’Europe. Un groupe d’experts sera créé et chargé d’identifier les meilleures pratiques pour l’intégration des migrants et des réfugiés dans notre société grâce aux arts et à la culture.

Pour Maggy Nagel, "la culture n’est peut-être pas une réponse aux urgences du moment (…) mais il faut aussi penser à moyen et plus long terme et donc à l’intégration de ces personnes qui sont tirées brutalement de leur cadre de vie et de leurs cultures. Nous sommes persuadés que la culture et les arts peuvent contribuer à rapprocher les individus et les peuples. C’est par cela que nous pouvons accroître la participation des refugiés et migrants dans notre vie culturelle et sociale et donc à moyen terme promouvoir le dialogue interculturel et la diversité culturelle." Le travail des experts devra aboutir sur la publication en 2016 d’un manuel de bonnes pratiques.

Agir ensemble contre la destruction et le trafic du patrimoine culturel dans  les zones de conflit

Finalement, un document de réflexion de la Présidence a servi de base à un débat public sur la destruction du patrimoine culturel et le trafic illicite de biens culturels. "Face à la destruction insensée d’un patrimoine qui appartient à l’humanité entière, il a été important que les ministres de la Culture réagissent à ce sujet", a lancé Maggy Nagel, qui avait appelé ses collègues à "proposer des réponses concrètes à la question du rôle que l’Union pourrait jouer dans la lutte contre la destruction et le trafic du patrimoine culturel."

Culture et numérisation

À l’issue de leur session du Conseil, les ministres ont profité d’un déjeuner pour discuter de la numérisation, sujet qui concerne d'une manière ou d'une autre les points évoqués précédemment, en particulier en termes d'accès à la culture et au patrimoine. En tant que question transversale, la numérisation a trait également à la question de la cohérence entre les différentes politiques sectorielles. Dans ce contexte, les ministres ont accordé une importance tout particulière à Europeana, priorité de la Présidence néerlandaise entrante.