Interview de Fernand Etgen avec le Jeudi

"Nous disposons d'un contrôle efficace qui va de l'étable à la table"

Interview – Publié le

Interview: Le Jeudi

Le Jeudi: En tant que ministre de la Protection des consommateurs, pensez-vous qu'il faille accentuer les contrôles dans la production de viande?

Fernand Etgen: Je crois que la fréquence des contrôles est assez élevée. Nos administrations, l'Asta (Administration des services techniques de l'agriculture) et I'ASV (Administration des services vétérinaires) font un très bon travail. S'y ajoutent les contrôles de la Commission européenne.. La qualité de nos produits agricoles n'a d'ailleurs jamais été aussi bonne qu'aujourd'hui. C'est le résultat de cinquante ans de politique agricole commune (PAC) de l'Union européenne. Nous disposons d'un contrôle efficace qui va de l'étable à la table. En revanche, il faut rester vigilant car de nouveaux produits, qu'il s'agisse de nourriture ou de médicaments pour les animaux, arrivent sur le marché. Un paquet sanitaire est en train d'être ficelé à Bruxelles, doht le but est l'harmonisation des pratiques existantes dans la production européenne et des produits importés. Car, malgré une production agricole de taille, nous sommes toujours obligés d'importer certains biens.

Le Jeudi: Qu'en est-il du contrôle des différents labels au niveau des viandes carnées?

Fernand Etgen: Il existe plusieurs labels. Des privés et des publics. Ils sont contrôlés et vérifiés par des entreprises indépendantes qui se situent à l'étranger. Je suis d'ailleurs d'avis qu'il y a trop de labels et qu'il faudrait revoir le contenu. Les standards de sécurité et d'hygiène sont très élevés. La distinction qu'apporte un label doit vraiment représenter une différence fondamentale par rapport aux exigences de qualité que tout un chacun doit respecter et qui garantissent le bien-être des animaux.

Le Jeudi: Beaucoup de personnes estiment que le bien-être est davantage assuré au Luxembourg en raison de la taille plus petite des élevages.

Fernand Etgen: Je trouve que c'est un argument tendancieux. Pourquoi un élevage intensif ne serait-il pas capable de traiter ses bêtes correctement et pourquoi un petit élevage serait-il forcément mieux pour les animaux? C'est dans la tête des gens. Un éleveur de poules et poulets avait l'intention de commencer à travailler avec 6.500 poules et poulets. Les gens ont crié au scandale alors que les infrastructures prévues étaient dans les normes. De plus, il faut savoir qu'un élevage intensif de volaille commence à 100.000 unités. 6.500 poules et poulets ont le même impact que 20 bovins. Il est plus difficile de dire à partir de quand un élevage de bovins devient intensif mais, au Grand -Duché, la moyenne se situe autour de 60 bêtes par exploitation agricole. Les éleveurs spécialisés sur cette production peuvent en revanche disposer d'un cheptel allant de 100 à 150 têtes. Cela reste assez petit.