Rapport RELIS: "Diminution continue du taux de mortalité liée à l’usage de drogues illicites et vieillissement global de la population d’usagers de drogues"

Communiqué – Publié le

Le rapport 2015 (RELIS) vise à situer le contexte dans lequel s’inscrivent l’usage et le trafic illicites de drogues et les toxicomanies au niveau national.

En général, les tendances au Luxembourg reflètent dans les grandes lignes celles observées au sein de l’UE, avec une stabilisation du taux de prévalence de l’usage problématique de drogues d’origine illicite. Concrètement, le nombre d’usagers problématiques de drogues (UPD) indexés par les institutions nationales s’est stabilisé au cours des dix dernières années. Proportionnellement à la croissance de la population nationale, la prévalence a même nettement diminué.

Entrée en traitement plus précoce et baisse notable des décès par surdosage

Par ailleurs, comme l’a indiqué la ministre de la Santé, le nombre de patients en traitement aigu en milieu hospitalier, en baisse pendant plusieurs années, s’est stabilisé, alors que les traitements spécialisés extrahospitaliers et les traitements de substitution ont gagné du terrain, ce qui a par exemple permis d’atteindre la meilleure couverture nationale en matière de traitement de substitution au sein de l’UE.

En outre, les usagers de drogues illicites ont tendance à entrer en traitement de façon plus précoce, ce qui pourrait notamment être dû à une offre de prise en charge qui a été diversifiée au cours des dernières années.

"Depuis le plan d’action national "drogues et addictions 2005-2009", de plus en plus d’usagers de drogues illicites profitent des offres des services de réduction de risques (comme p. ex. la Fixerstuff) ou ambulatoires", a précisé Lydia Mutsch. "Ceci a également été accompagné d’une baisse notable ces huit dernières années des décès par surdosage au Luxembourg (27 cas en 2007 et 8 cas en 2014)!".

En effet, depuis l’ouverture de la première salle de consommation supervisée de drogues jusqu’à la fin de l’année 2015 quelque 1.900 incidents de surdosage ont été gérés et aucune surdose, prise en charge à l’intérieur de cette structure d’accueil, a connu une issue fatale.

Bien que la moyenne d’âge des victimes ait augmenté de façon continue – de 28 ans et 4 mois en 1995 à 32 ans et 3 mois en 2014 – la proportion de victimes âgées de moins de 20 ans est restée relativement stable.

Parallèlement, le vieillissement global de la population d’usagers de drogues a créé de nouveaux besoins, qui ont été identifiés et auxquels le ministère de la Santé a fait face en inscrivant des mesures médicales et psychosociales adaptées dans le plan national Drogues et addictions.

Disponibilité et accessibilité des drogues illicites au niveau national

"Si les résultats du rapport RELIS 2015 sont globalement encourageants, il convient de rester vigilant: le domaine des drogues et toxicomanies est en perpétuelle évolution", a mis en garde Lydia Mutsch. "Les marchés illégaux, et par là, la disponibilité et l’accessibilité des drogues, ainsi que les comportements de consommation des usagers, changent rapidement".

Aussi, le nombre, les types et la disponibilité de nouveaux produits psychoactifs en Europe ont continué à croître. La mondialisation, les avancées technologiques et l’internet ont contribué au développement d’un marché ouvert à ces mêmes produits.

Au cours des dernières années, des réseaux de distribution mieux organisés ont également vu le jour sur le plan national. L’expansion de ces réseaux plus structurés a contribué à une hausse sensible de la disponibilité de drogues illicites, particulièrement en ce qui concerne l’offre de cocaïne. Les nouvelles drogues synthétiques et produits associés (NPS, Legal highs) sont également en progression.

"Il est d’autant plus important de les observer de près et de nous donner les moyens adéquats afin de nous adapter de manière permanente et rapide aux réalités sur le terrain", a conclu la ministre.

La proportion de trafiquants de drogues non-luxembourgeois est restée stable les dernières années. Un indicateur complémentaire de la disponibilité accrue de drogues illicites au niveau national est à voir dans le fait qu’actuellement presque 50% des usagers s’approvisionnent en drogues illicites exclusivement au Luxembourg, alors que cette proportion représentait seulement 15% en 2008.

Importance accordée à la lutte contre les drogues et addictions

Les observations et constats réalisés sur base de la surveillance épidémiologique des phénomènes liés aux drogues illicites et aux toxicomanies, par le biais du Réseau luxembourgeois d'information sur les drogues et les toxicomanies (RELIS), ont été intégrés dans l’élaboration de la stratégie et plans d’actions nationaux en matière de lutte contre les drogues et les addictions.

Le budget global du ministère de la Santé alloué aux services et programmes du domaine des drogues et des toxicomanies, est passé de 5,8 Mio EUR en 2004 à 11 Mio EUR en 2014, ce qui équivaut à un taux de progression de près de 100%.

Lors de la conférence de presse ont également été présentées les principales conclusions de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies (Ungass) sur le problème mondial des drogues, qui s’est déroulée du 19 au 21 avril 2016 à New York. Le ministère de la Santé a été représenté par Dr Alain Origer, coordinateur national "drogues".

En effet, lors de l’Ungass 2016, les pays membres de l'ONU ont adopté de nouvelles recommandations (27 pages) pour lutter contre les drogues qui mettent davantage l'accent sur la réduction de la demande que la répression à tout crin.

Les données chiffrées récentes ainsi que les conclusions de l’Ungass constitueront très certainement aussi une base solide de discussion lors du débat prévu sur l’utilisation des drogues illicites au Luxembourg. Le débat, qui est en voie de préparation sera lancé par la ministre de la Santé, Lydia Mutsch, en étroite collaboration avec le ministre de la Justice, Félix Braz.

Communiqué par le ministère de la Santé