Soulagé que "le candidat européen" ait remporté l’élection présidentielle en Autriche, Jean Asselborn appelle "ceux qui défendent l’Europe" à montrer "plus d’acharnement" pour défendre le projet de paix qu’est l’UE

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Les résultats de l’élection présidentielle autrichienne, dont le 2e tour s’est tenu le 22 mai 2016 et a vu le candidat écologiste Alexander Van der Bellen l’emporter d’une très courte tête sur le candidat du FPÖ, Norbert Hofer, ont suscité de vives réactions un peu partout en Europe.

Le soulagement semble être le sentiment qui a dominé, mais il est toutefois teinté d’une certaine inquiétude devant le score très élevé qu’a obtenu le candidat de la formation d’extrême droite. C’est l’accent qui marque les déclarations du ministre des Affaires étrangères et européennes, Jean Asselborn,  en marge du Conseil Affaires étrangères, auquel il participait le 23 mai 2016 à Bruxelles au moment où étaient attendus, puis proclamés les résultats officiels.

À son arrivée à la réunion des ministres des Affaires étrangères, Jean Asselborn avait fait part de son espoir de voir l’emporter celui des deux candidats qui se montre favorable à l’Europe. Il n’a donc pas caché son soulagement quand il a pu constater que c’était bien "le candidat européen" qui l’avait emporté, après "un revirement qui n’était pas évident".

Selon le ministre, deux éléments ont joué dans la réflexion qu’ont pu avoir les électeurs autrichiens entre les deux tours de l’élection présidentielle. D’une part ils ont sans doute réalisé "qu’il n’était pas très intéressant d’être dans le même panier que les Le Pen, Wilders, etc". D’autre part ils se sont sans doute souvenus du scandale de l’Hypo Bank et du fait que  Norbert Hofer est de la même obédience que Jörg Haider. Ce qui les a amenés sans doute à penser que voter en faveur du FPÖ n’était « pas la solution, même si l’on a des problèmes avec la grande coalition".

Le ministre a vu dans ce résultat final "une lueur d’espoir". Selon lui, "on a compris même en Autriche ce qu’est le populisme de droite". "Le populisme de droite, c’est l’égoïsme, c’est la peur devant l’autre, c’est un faux patriotisme et en fin de compte le nationalisme", a insisté le ministre en soulignant que l’histoire a montré où cela menait.

Jean Asselborn retient toutefois aussi de ce vote que "dans l’UE on doit réfléchir" pour pouvoir "faire repartir ce projet de paix qu’est l’UE".  À ses yeux, il n’en va pas seulement de "ceux qui veulent détruire l’Europe, qui contestent le fondement de l’Europe, l’essence de l’Europe", mais aussi de "ceux qui défendent l’Europe" qui devraient montrer "plus d’acharnement", "plus d’énergie pour défendre ce projet de paix qu’est l’UE". Le ministre a donc plaidé pour "réfléchir" après le référendum britannique du 23 juin à ce qu’il convient de faire pour "défendre l’attractivité et l’essence du projet européen". On risque sinon "d’offrir cette magnifique UE à des gens qui n’ont pas très bien compris l’histoire, ou pas du tout compris l’histoire, et qui, à l’intérieur de nos sociétés, divisent plus qu’ils ne rassemblent". Dans cette réflexion, l’enjeu n’est selon Jean Asselborn pas de "changer les traités" ou de "parler de la compétence de telle ou telle autre institution", mais bien de "dire pourquoi nous avons besoin de l’Europe" et de décider "que faire pour y arriver". La réponse à cette dernière question est "aussi basée sur la solidarité", a poursuivi le ministre qui estime que "si la solidarité est mal ou pas comprise, on n’y arrivera pas".