Déclaration de Lydia Mutsch à l'occasion de la 69e Assemblée mondiale de la santé

"(...)Le chemin à parcourir est encore long"

Discours – Publié le

"Monsieur le Président,

Madame la Directrice générale,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les délégués,

Le débat sur la place de la santé dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 lors de cette 69e Assemblée tombe à point nommé.

Si lors de ces quinze dernières années, des progrès substantiels ont été réalisés dans de nombreux domaines, le chemin à parcourir est encore long. Visant tant à parachever les OMD et à lutter contre la pauvreté, qu’à promouvoir une croissance durable sur les plans économique, social et environnemental, ce programme ambitieux témoigne non seulement de l’ampleur, mais aussi de l’urgence des défis qui s’imposent à nous.

Le Luxembourg est convaincu de la valeur ajoutée de l’utilisation d’une approche multisectorielle et participative pour une mise en œuvre efficace et effective de l’Agenda 2030. Le caractère intégré et indivisible des 17 objectifs qui le composent place la santé et la couverture sanitaire universelle au cœur des priorités-clé de cet engagement global.

Le Luxembourg est conscient du caractère essentiel de ce processus. Mon pays continuera de façon déterminée à contribuer à la mise en œuvre de ces objectifs au plan national, mais aussi en soutien aux pays en voie de développement, en apportant son appui politique, technique et financier.

L’implication de tous les partenaires dans la mise en œuvre de l’Agenda est essentielle. Seule une approche inclusive, tenant compte de la multitude des parties prenantes, donnera les résultats escomptés. L’OMS est appelée à jouer un rôle fondamental en tant que leader dans le domaine de la santé publique mondiale.

Je saisis cette opportunité pour souligner l’importance de l’engagement et du rôle que jouent les acteurs non étatiques dans la mise en œuvre sur le terrain. À ce titre, nous souhaitons vivement que le processus de négociation qui se tient en marge de cette Assemblée soit couronné de succès d’ici la fin de la semaine.

Monsieur le Président,

Mon pays suit avec le plus grand intérêt les avancées dans le cadre de la réforme de l’OMS. Notre Organisation a plus que jamais besoin de mener à bon port cet exercice crucial avec le soutien plein et entier de ses États membres. L’année dernière, l’épidémie du virus Ebola a rappelé au monde entier que des pays mal préparés, une absence de mise en oeuvre suffisante des règlements sanitaires internationaux et des systèmes de santé fragiles, peuvent avoir des effets dévastateurs dans la réponse à des urgences sanitaires.

Mon gouvernement soutient l’approche définie par notre directeur général d’établir qu’un programme d’action unique en cas d’urgence sanitaire, fonctionnant avec un seul budget, une dotation de personnel et une filière hiérarchique bien établie. Beaucoup de travail et des décisions courageuses doivent encore être accomplis pour achever une réforme qui permette à l’OMS d’être plus performante à l’avenir.

Monsieur le Président,

La problématique de la résistance antimicrobienne constitue probablement l’un des plus grand défis de notre temps.

Je constate avec regret que le monde a largement sous-estimé ce fléau. Nous en payons le prix fort aujourd’hui, avec quelque 700.000 morts par an. De surcroît, si cette tendance continue à prévaloir, la perte de vies humaines due à la résistance antimicrobienne dépassera celle de décès par cancer. Un des défis majeurs à relever est la réduction de l’utilisation des antibiotiques, l’interdiction du recours aux antibiotiques à titre préventif pour les animaux et la prévention de l’infection en santé humaine.

Nous nous félicitons de l’adoption par cette Assemblée l’année dernière d’un Plan mondial pour combattre la résistance aux antibiotiques. Le groupe de travail, TAFTAR (Transatlantic Taskforce on Antimicrobial Resistance), dont la dernière réunion a eu lieu au Luxembourg lors de notre Présidence du Conseil de l’UE,  établi à présent son plan d’action pour les cinq prochaines années. Dorénavant, la mobilisation de tous est de mise et le Luxembourg y prendra toute sa part.

Monsieur le Président,

Dans le contexte actuel de la crise des migrants et des réfugiés, les pays européens font face à un défi majeur dans leur tentative d’intégrer dans les systèmes de santé les besoins sanitaires de millions de personnes en détresse, au premier rang desquelles les femmes, les enfants et les mineurs non accompagnés.

Mon pays regrette le fait que nombreuses sont les personnes n’ayant pas accès aux services de santé. Une prise en charge défaillante de la santé des migrants et des réfugiés est néfaste pour la santé publique. C’est la raison pour laquelle le Luxembourg soutient la mise en place de mécanismes permettant tant aux pays d’origine, de passage et de destination d’établir des systèmes protégés de données fiables et d’échanger les bonnes pratiques.

Pour conclure, Monsieur le Président, au vu de la dimension globale des questions de santé, l’OMS a vocation à jouer un rôle éminent et je veux ici rendre un hommage appuyé à sa directrice générale, Docteur Chan, à son bilan, à son dynamisme et à son action.

Je vous remercie de votre attention."