Nouvelle procédure d’orientation à la fin du fondamental: des parents plus impliqués, mieux informés

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La nouvelle procédure d’orientation de l’enseignement fondamental vers l’enseignement secondaire entrera en vigueur dès la rentrée 2016-2017 pour le cycle 4.1., a annoncé Claude Meisch, qui a fait ce 14 juin 2016 un point sur les modifications proposées.

Il s’agit avant tout d’impliquer davantage les parents dans le processus de prise de décision et de débuter la procédure dès le cycle 4.1. Au troisième trimestre sera établi un premier pronostic avec une information détaillée sur l’offre à l’enseignement secondaire et secondaire technique.

L’objectif est aussi de tenir compte de la diversification de l’offre scolaire en informant plus largement sur les offres spécifiques: École internationale de Differdange, classes ALLET (allemand comme langue étrangère), classes francophones et classes anglophones, baccalauréat international en anglais ou en français, ...

Une décision commune

"L’aide et le soutien des parents, l’importance donnée à l’école est essentielle pour la réussite de l’élève. Si nous voulons impliquer et responsabiliser les parents tout au long du parcours de leur enfant, dès la crèche, nous ne pouvons pas les exclure dans un moment aussi important que l’orientation à la fin du fondamental", a insisté le ministre.

La réforme introduit le principe d’une décision commune entre les parents et l’enseignant titulaire de l’élève à la fin du cycle 4.2.

C’est seulement en cas de désaccord entre les parents et le titulaire que sera réunie une commission d’orientation en vue de dégager un consensus. Elle sera présidée par l’inspecteur d’arrondissement et composée d’un enseignant du quatrième cycle de l'enseignement fondamental, un professeur assurant une tâche dans l'enseignement secondaire en tant qu'enseignant-orienteur; un professeur ou un instituteur assurant une tâche dans l'enseignement secondaire technique en tant qu'enseignant-orienteur et un psychologue du Centre de psychologie et d'orientation scolaires. Les parents de l’élève concerné participeront comme membres invités, tout comme l’enseignant titulaire de l’élève et le psychologue, si les parents ont opté pour son intervention.

"Éviter un échec supplémentaire"

L’examen d’accès en tant que recours est aboli. "Aujourd’hui nous constatons à peine 5% de réussite à cette épreuve. Pour 95% des enfants c’est un échec supplémentaire, après celui de ne pas avoir pu aller dans l’ordre d’enseignement souhaité", note Claude Meisch.

Le ministre est aussi revenu sur les épreuves communes en français, en allemand et en mathématiques, organisées au cycle 4.2 comme partie intégrante des critères d’orientation. "On leur donne trop d’importance, ce n’est pas un examen d’admission", a-t-il fait valoir.

La décision d’orientation restera basée sur les productions de l’élève recueillies au cours du quatrième cycle qui rendent compte de ses apprentissages ainsi que de ses intérêts et aspirations, les résultats de l’évaluation des apprentissages de l’élève, les résultats de l’élève aux épreuves communes et les informations recueillies par le psychologue, si les parents ont opté pour son intervention.

Si l’orientation à la fin du cycle fondamental est un moment important du cursus scolaire, souvent perçu comme crucial, il ne doit pas être irréversible, estime Claude Meisch. C’est ainsi que le ministère de l’Éducation nationale soutient déjà plusieurs initiatives dans les lycées techniques pour encourager le passage des élèves les plus forts d’une classe de 7e technique (EST) vers une 6e secondaire (ES). Le ministère envisage d’ailleurs d’étendre l’offre d’enseignement secondaire dans les lycées techniques pour proposer une possibilité d’orientation supplémentaire aux élèves.

"Ouvrir un maximum de portes"

Le Lycée technique d’Esch-sur-Alzette (LTE) propose depuis 2014-2015 un encadrement spécifique pour les élèves qui se distinguent dès la fin du 1er trimestre par leurs bons résultats scolaires. Au 3e trimestre, ils peuvent suivre des cours de préparation.

"Ce n’est pas une remise en cause de la procédure d’orientation", insiste le directeur Patrick Straus. "Souvent on constate effectivement que les élèves ont des lacunes dans certaines matières." Des lacunes qui se seraient sans doute soldées par un échec dans l’enseignement secondaire. "Ici, ils font partie des meilleurs élèves et c’est essentiel en termes de motivation. S’ils peuvent se dire: je suis bon et je peux encore être meilleur, c’est un pas de géant!", se réjouit le directeur.

Treize élèves, sur vingt éligibles, ont ainsi franchi le pas et une classe de 6e ES a été ouverte en 2015-2016. Une petite dizaine sont prêts à poursuivre en 5e ES.

Cette année, ce sont près de 40 élèves qui pourraient emprunter la passerelle vers une 6e ES. Même si le LTE ne proposait pas systématiquement les deux ordres d’enseignement jusqu’ici, les élèves restent tous sous le même toit, avec leur cercle de connaissance et leurs enseignants. Au LTE, ils continuent de participer au programme d’orientation et aux cours d’informatique, introduits en 5e. Ils peuvent ensuite choisir de réintégrer le régime technique ou poursuivre le cursus secondaire dans un autre lycée. "Le but n’est pas que tout le monde fasse une 1re, mais d’ouvrir un maximum de portes", conclut Patrick Straus.