Jean Asselborn au Conseil "Affaires étrangères" - Commerce de l’UE à Bruxelles

Communiqué – Publié le

Le ministre des Affaires étrangères et européennes du Luxembourg, Jean Asselborn, a participé au Conseil "Affaires étrangères" — Commerce de l’Union européenne (UE), le vendredi 11 novembre 2016 à Bruxelles.

Les ministres ont tout d’abord eu un échange de vues sur la modernisation des instruments de défense commerciale de l'UE et sur la nouvelle méthodologie antidumping présentée par la Commission. Dans ce contexte, le ministre Asselborn a expliqué que suite aux négociations relatives au CETA, la modernisation et la réforme des instruments de défense commerciale devraient constituer la priorité absolue dans les semaines à venir.

"Nous sommes aujourd’hui confrontés à une crise existentielle de l’industrie sidérurgique en Europe — une industrie de base dont dépendent des centaines de milliers d’emplois directs et indirects", a constaté Jean Asselborn en expliquant que "si les efforts de recherche et d’innovation doivent être amplifiés, en Europe comme ailleurs, le respect des responsabilités et des engagements sur les marchés extérieurs doit également être maintenu afin d’éviter des différends commerciaux qui, in fine, risquent de fragiliser nos économies respectives. En parallèle, nous devons continuer et intensifier nos efforts dans les enceintes multilatérales compétentes, telles que l’OCDE et l’OMC, mais aussi dans le cadre du G20: la mise en place d’un forum global sur les surcapacités de production de l’acier est un pas dans la bonne direction, mais la pression doit être maintenue".

En ce qui concerne les éléments essentiels de la réforme des instruments de défense commerciale, le ministre Asselborn a expliqué que "le Luxembourg considère toujours qu’une flexibilisation partielle de la règle du droit moindre dans des cas de figure exceptionnels de distorsion et de surcapacités est nécessaire comme contribution à une industrie sidérurgique compétitive. Je suis d’accord que cette compétitivité ne peut pas se faire aux dépens d’autres secteurs industriels, mais une flexibilisation ciblée telle que proposée par la Commission resterait ponctuelle et soulagerait la pression à laquelle doit faire face notre sidérurgie".

Alors que l’Union européenne est parmi les membres de l’OMC les plus généreux en termes de droits antidumping dû à l’application systématique de la règle du droit moindre, d’autres pays tels que les États-Unis, mais aussi le Canada ou encore l’Australie ont tous introduit différents garde-fous permettant de mieux combattre des situations de distorsions. "Il est essentiel tant pour l’industrie européenne que pour toute la chaîne d’approvisionnement — de l’importateur jusqu’au consommateur —, que les règles soient justes et équitables et que l’Europe garde un rôle de pointe dans l’industrie sidérurgique, mais aussi dans d’autres secteurs de pointe » a insisté Jean Asselborn, en expliquant qu’ "il ne s’agit pas de protéger un secteur spécifique de la compétition étrangère puisque les mesures s’appliqueront de façon horizontale; il s’agit de sauvegarder un maximum d’emplois viables tout en permettant à nos industries de se donner les moyens de rester compétitives".

Conscient que les propositions actuelles de mesures ne suffiront pas, à elles seules, à redresser la situation précaire de certains secteurs industriels, Jean Asselborn a expliqué que "ne rien faire ne fera qu’aggraver cet état de choses, avec des conséquences néfastes, notamment pour les consommateurs qui (…) risqueront, tôt ou tard, de devoir s’approvisionner auprès des seuls fournisseurs étrangers". "Je doute fortement que ces mêmes consommateurs puissent bénéficier, à moyen et à long terme, de prix bas et je laisse de côté la dimension stratégique d’une telle dépendance de fait", a-t-il conclu.

Le Conseil s’est ensuite penché sur l'OMC et le processus "post-Nairobi", avant de faire un bref état des lieux sur les négociations concernant le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP). Enfin, l'UE et l'Équateur ont signé le protocole d'adhésion de l'Équateur à l'accord commercial UE‑Colombie/Pérou.

Communiqué par le ministère des Affaires étrangères et européennes