Discours de François Bausch à l'occasion de la conférence "Le BIM et son application au Luxembourg"

Discours – Publié le

"Mesdames et messieurs,

Je me réjouis d’avoir été invité à cette conférence qui traite d’une thématique capitale pour notre pays. 

Le sujet en discussion aujourd’hui s’inscrit tout naturellement dans l’initiative "Digital Lëtzebuerg", lancée fin 2014 par ce gouvernement, et par laquelle le gouvernement s’est donné comme priorité de faire bénéficier le pays de la révolution numérique dans toutes ses dimensions, en rendant le pays compétitif, innovant, ‘smart’ (comme on dit) et prêt à saisir les opportunités du futur. 

La digitalisation est une opportunité pour tous les secteurs de l’économie et je suis heureux d’accompagner cette véritable "révolution" qui se met en place.

Digital Lëtzebuerg est une priorité transversale pour moderniser le pays par l’adoption et l’intégration des technologies numériques, à travers tous les secteurs et en associant acteurs de différents ressorts, publics et privés. 

Aucun secteur n’échappe à la numérisation: on parle de FinTech, de smart mobility ou de e-santé.

Je suis très content aujourd’hui de voir que le secteur de la construction s’inscrit dans ces efforts de modernisation et de numérisation du pays.

Et il me paraît important que l’Etat, en tant que Maître d’ouvrage, prenne les devant. 

Mais quels sont les enjeux du numérique dans le secteur de la construction?

En effet, le numérique est au croisement des dimensions économiques, sociales et sociétales de nos vies et de nos territoires.

Il concerne toutes les échelles: le bâtiment, le quartier, la ville.

C’est ce qui en fait un levier particulièrement puissant et partagé. 

Un levier puissant parce que l’outil numérique est à même de vous permettre, à vous professionnels mais également aux maîtres d’ouvrage, d’appréhender les enjeux relatifs à la construction de la ville d’aujourd’hui et de demain. 

L’entrée du bâtiment dans l’ère du numérique est une condition incontournable pour construire plus, mieux et moins cher.

Les conclusions de l’étude Rifkin présentées il y a deux jours en témoignent largement. Dans ce même contexte le groupe de travail "Building" a retenu le développement d’une stratégie nationale BIM comme une des 6 mesures stratégiques concrètes à mettre en œuvre.

Et le gouvernement a beaucoup d’attentes envers cette digitalisation, car nous estimons qu’elle permettra à moyen terme de réduire le coût total des constructions, les temps d’exécution ainsi que les coûts d’exploitation et d’entretien des bâtiments. 

Ceci sera possible grâce au développement technologique et plus particulièrement du Building Information Modeling, communément appelé BIM. 

C’est quoi donc ce BIM? Nous avons tous déjà vu des exemples de maquettes virtuelles de bâtiments en 3D.

C’est impressionnant de pouvoir modéliser un bâtiment avant sa réalisation et grâce à ces maquettes, les architectes et les ingénieurs peuvent simuler virtuellement un ouvrage pendant son cycle de vie entier en intégrant au modèle grand nombre d’informations détaillées sur les éléments de la construction et leurs fonctions dans l’ouvrage. 

Le modèle BIM nous permettra d’avoir toutes les informations nécessaires pour mettre en œuvre également l’idée du "Building as material bank" qui constitue une partie intégrante de  la Troisième Révolution Industrielle décrite dans l’étude Rifkin. 

Le BIM est une approche pluridisciplinaire à travers toute la chaîne de valeur d’un bâtiment qui débute avec la phase de conception, se poursuit pendant la phase d’exécution et d’utilisation de la structure, et se termine lors de son phase finale, c’est-à-dire le démantèlement et la réutilisation des matériaux. 

L’objectif est de réduire autant que possible les déchets de construction et de démolition, de réduire la consommation de ressources naturelles vierges et de favoriser le développement d’une économie circulaire.

Une des pistes envisagées est de développer un "passeport" des matériaux utilisés dans l’ouvrage, ce qui facilitera ultérieurement la récupération ou la réutilisation d’éléments de construction.

Le BIM doit donc nous permettre de construire mieux, en poursuivant les ambitions énergétiques et écologiques que nous nous sommes fixés. 

Je suis bien conscient que cette évolution va de pair avec des investissements en ressources humaines et financières. Je pense ici au bureau d’architects et d’ingénieurs mais également aux PME et aux artisans.

Certes, le défi peut sembler être complexe, mais le Gouvernement les accompagnera afin de permettre au secteur de s’adapter à la nouvelle ère numérique. 

Pour cette raison, je suis convaincu qu’il faut mettre en place une feuille de route pour accompagner et accélérer la transition numérique de la construction.

Plus particulièrement, j’aimerais que la plateforme dédiée au secteur du "building" et mise en place dans le cadre de l’étude Rifkin élabore une telle feuille de route qui esquisse les étapes, les mesures d’accompagement et les éventuelles initiatives des pouvoirs publics pour rendre à moyen terme obligatoire le recours au BIM dans le cadre des marchés publics. 

Les Etats-Unis et les pays scandinaves sont des précurseurs.

Ils ont publiés les premiers guides sur le BIM en 2007.  

Les autorités des pays nordiques ont déjà imposé le BIM dans des marchés publics et le Royaume Uni impose le BIM depuis 2016.

L’Allemagne s’aprête à prescrire le BIM dans ses projets dès 2020.  

Mes administrations, en commençant par les Bâtiments Publics, ont déjà recours au BIM depuis quelques années dans le cadre de la gestion du patrimoine bâti de l’Etat.

De plus, ils sont sur le point de lancer les premiers projets pilotes en BIM pour des nouvelles conceptions. 

La révolution numérique est en marche.

C’est une chance pour le Grand-duché, pour ses industries, et notamment pour celle du bâtiment. C’est une opportunité que les entreprises doivent saisir, un défi qu’elles doivent relever. Dans cette dynamique nouvelle, le Gouvernement est à vos côtés. 

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite une bonne conférence."