Allocution de Lydia Mutsch à l’occasion de la Semaine de la sécurité hospitalière au CHL

Seul le discours prononcé fait foi
Discours – Publié le

"Monsieur le Directeur général,

Chère Directrice des soins,

Mesdames et Messieurs,

C’est un plaisir pour moi d’être parmi vous aujourd’hui pour inaugurer cette 2ième Semaine de la sécurité hospitalière. Je tiens particulièrement à remercier le CHL, qui a pris l’initiative de l’organiser.

La sensibilisation de tous et les activités organisées durant cette semaine, sont essentielles et je salue votre engagement à promouvoir la sécurité des soins et la qualité des prises en charge.

Ces objectifs, nous les partageons !

Nous les partageons ensemble avec tous les acteurs de notre système de santé, au premier rang desquels les médecins et les professions de santé.

À de nombreuses reprises, j’ai pu constater leur engagement et leur mobilisation pour prodiguer, chaque jour, des soins de qualité au plus près des patients.

Toutefois, l’activité médicale et de soins n’est pas exempte de risques. 

Nous savons, par exemple, que chaque médicament a des effets bénéfiques sur l’organisme mais occasionne également des effets indésirables.

Aujourd’hui, 1 patient hospitalisé sur 10 est victime d'un événement indésirable grave. Or, la moitié d'entre eux, au moins, est évitable. 

Il faut également compter avec les infections nosocomiales compliquées par des germes qui développent des résistances aux antimicrobiens. 

Les patients ne sont pas tous égaux face à ces évènements indésirables : les personnes âgées, les enfants et les personnes fragiles sont particulièrement exposées.

Ces évènements sont évidemment des traumatismes individuels lourds, dont les conséquences et les coûts, directs et indirects, pourraient souvent être évités.

Au fil des années, la sécurité des patients est devenue une priorité majeure de santé publique : dans ce cadre, le Luxembourg s’est par exemple doté, en 2009 et dans la foulée de la recommandation du Conseil de l’Europe, d’un dispositif de signalement des évènements indésirables couvrant le secteur hospitalier.

Son objectif est clair : chaque signalement, grâce à l’analyse de l’incident qui lui fait suite, permet à l’équipe médico-soignante de conduire un travail en amont, afin de détecter des situations à risque avant que ce risque se matérialise. C’est là un outil très précieux pour mettre en œuvre des mesures de prévention et de contrôle adaptées et efficaces.

À plusieurs reprises, au Luxembourg, ce dispositif a montré sa capacité à identifier des phénomènes émergents et à en prévenir la diffusion.

Je tiens à souligner, à cet égard, la vigilance constante des équipes opérationnelles d’hygiène et des professionnels de la santé. Les progrès constants réalisés sont le fruit de leur mobilisation. 

Au sein du ministère de la Santé, nous nous sommes résolument engagés, pour la promotion de la qualité et de la sécurité des patients, avec par exemple la loi relative aux Droits et obligations des patients ; en soutenant les travaux du Conseil scientifique pour, par exemple, le virage ambulatoire ou l’information au patient ; et plus récemment, en organisant une enquête nationale sur la culture de sécurité au sein des établissements hospitaliers.

Néanmoins, afin d’agir de manière efficace et efficiente, une implication de tous les intervenants est nécessaire. Chacun, à chaque étape du parcours de soin d’un patient, a un rôle à jouer pour assurer la sécurité du patient et réduire les risques auxquels il est inévitablement exposé.

La coordination, l’alignement des actions de tous les professionnels de la santé est déterminante à cet égard, et chacun doit se sentir concerné.

Le travail pour la sécurité du patient et pour la qualité des soins doit être conduit partout et à tous les niveaux. Tous les établissements et tous les professionnels doivent être directement impliqués.

Dans ce domaine, il ne peut y avoir de place pour l’exception !

Pour progresser, nous devons, sans discontinuer, faire remonter les expériences de terrain, et tirer les leçons des dysfonctionnements.

Oui, les dysfonctionnements sont fréquents dans l’environnement hospitalier, car le niveau de complexité des soins de santé y est tel que la probabilité d’une défaillance d’un des multiples maillons de la chaîne est très élevée. C’est connu et documenté dans tous les systèmes de santé et nous ne faisons pas exception à cette règle.

C’est en acceptant de reconnaître ce risque, c’est en étant conscient de l’importance de signaler les dysfonctionnements pour mettre son institution en mesure de mitiger le risque avant qu’il ne soit trop tard, que chacun contribue de manière positive à la sécurité de tous.

Je veux être claire : tout incident doit faire l’objet d’une déclaration. Il ne s’agit pas de stigmatisation et encore moins de délation : c’est par ce travail d’apprentissage que nous pourrons mieux assurer la sécurité de nos concitoyens.

Voilà pourquoi il est nécessaire de promouvoir le retour d’expérience dans chaque établissement, par tout professionnel de la santé (et par les patients), en levant les hésitations au signalement des événements indésirables.

Ma conviction est, que l’expertise des professionnels de la santé et des associations nous est indispensable pour réussir.

En ce qui concerne le patient, il nous faut mieux l’informer.

Il ne s’agit pas ici de se contenter de citer les dispositions de la loi du 31 juillet 2014 relative aux droits et obligations des patients. L’information au patient, la transparence, constituent les fondements sur lesquels se construit la confiance.

La qualité de la relation soignant-soigné est la clef d’une prise en charge réussie. L’information doit permettre au patient d’être l’acteur, lui aussi et à part entière, de sa sécurité.

La nécessité de développement d’une culture de la sécurité et de la qualité doit s’étendre à tous les actes et à toutes les pratiques.

Pour cela, nous savons que la place de la sécurité des soins dans la formation des professionnels de santé au moment de la formation initiale et dans les programmes de développement professionnel continu (DPC) est bien ancrée.

Cela doit conduire à sélectionner les pratiques qui permettent de réduire les risques et d’éviter les actes inutiles. Pour aller plus loin, il faut innover : en ayant recours à des méthodes pédagogiques nouvelles. La reconstitution d’une "chambre des erreurs" en est l’exemple parfait.

Monsieur le Directeur général,

Mesdames et Messieurs,

C’est en bâtissant notre système de santé autour du parcours de la personne soignée que nous améliorerons la sécurité du patient et la qualité des soins.

Au cours de cette semaine, je ne doute pas que vos échanges et vos réflexions autour de cet enjeu majeur seront particulièrement riches pour le bien des patients, de leur sécurité, des professionnels de la santé et de la santé publique.

Je vous remercie."