Déclaration de Romain Schneider sur la politique de coopération au développement à la Chambre des députés

Article – Publié le

Dans sa déclaration sur la politique de coopération au développement prononcée le 23 novembre 2016 à la Chambre des députés, le ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire, Romain Schneider, a réaffirmé le maintien du cap fixé par le programme gouvernemental, à savoir l’investissement de 1% du RNB dans la coopération au développement et l’action humanitaire, et ce au profit de la lutte contre la pauvreté.

Le Luxembourg fait le choix politique de continuer à appliquer l’additionnalité des fonds pour le climat et de ne pas comptabiliser de dépenses liées à l’accueil des réfugiés au Luxembourg dans son aide publique au développement. Le ministre Schneider a souligné que pour ce qui est de la migration il n’y a donc pas de solution toute faite et que ce phénomène continuera de poser des défis à l’avenir. 

Le ministre a annoncé une refonte des instruments de la coopération luxembourgeoise pour tenir compte du changement de paradigme que constitue l’Agenda 2030 et pour devenir plus efficace de manière générale.

Romain Schneider a souligné qu’une nouvelle ère de super-cohérence doit être entamée, dans laquelle la coopération au développement doit devenir une partie inhérente de toutes les politiques sectorielles et dans laquelle les politiques intérieures et la politique extérieure ne peuvent plus être dissociées.

La Coopération luxembourgeoise doit donc se doter d’une nouvelle stratégie générale, qui décrira les objectifs, méthodes de travail, choix des pays partenaires et priorités de la coopération luxembourgeoise, et aussi sa manière de travailler ensemble avec les autres secteurs, tels que les finances, l’environnement, la santé etc.

Le ministre a argumenté que la Coopération luxembourgeoise doit rester présente sur les trois continents – l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. Cette présence diplomatique constitue également un enrichissement pour la politique étrangère du Luxembourg, bien au-delà de la coopération.

Le ministre Schneider a rappelé le rôle important que jouent les 93 ONG luxembourgeoises disposant d’un agrément et a précisé quelles modifications ont été apportées récemment à la collaboration entre ministère et ONG.

Il a en outre expliqué que le ministère développe plus activement que par le passé son partenariat avec le secteur privé. Afin d’encourager les entreprises à pénétrer de nouveaux marchés, la Coopération luxembourgeoise a lancé en avril 2016, la Business Partnership Facility, dotée d’un budget d’un million d’euros par an, pour les trois prochaines années. Il a également rappelé les récentes missions économiques au Cabo Verde, au Sénégal et en Ethiopie.

Le ministre a finalement expliqué que le Luxembourg assumera la présidence du MOPAN, le "Multilateral Performance Assessment Network" en 2017. L’année prochaine la qualité et l’efficacité du travail de la Coopération luxembourgeoise seront examinées par le Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à travers la traditionnelle revue des pairs qui a lieu tous les 4 ans.

Le ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire a conclu son intervention en remerciant le Comité interministériel pour la coopération au développement et l’ensemble de ses membres qui, au cours des dernières années, se sont engagés activement en faveur du renforcement de la cohérence des politiques, et qui ont publiés des avis à ce sujet. Il a également remercié son équipe au ministère, ses collègues sur le terrain, Lux-Development, les ONG, les volontaires et professionnels. Malgré les risques de sécurité, le terrorisme, des putschs militaires, le Zika, la malaria, la dengue et bien d'autres fléaux, la Coopération luxembourgeoise a et continuera à œuvrer pour mettre en place des capacités durables pour que les pays en développement puissent de mieux en mieux s'aider eux-mêmes.