Jeannot Krecké et François Biltgen commentent la situation sur le marché de l'emploi

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À l’issue de la séance du Comité de conjoncture du 27 mai 2009, le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, et le ministre du Travail et de l’Emploi, François Biltgen, ont commenté les derniers chiffres de la situation sur le marché de l’emploi.

En avril 2009, le nombre de demandeurs d’emploi résidents a légèrement diminué par rapport au mois précédent (-99) pour s’établir à 12.761. Le taux de chômage reste inchangé à 5,5%. Après la forte augmentation du chômage au dernier trimestre 2008, la situation sur le marché de l’emploi se stabilise depuis le début de l’année 2009 et les chiffres restent au niveau - quoique élevé - de janvier 2009, a noté François Biltgen.

En avril, les nouvelles inscriptions à l’Administration de l’emploi (ADEM) ont diminué pour la première fois depuis plusieurs mois. Le nombre des personnes bénéficiant d’une mesure pour l’emploi a légèrement augmenté par rapport à mars, tandis que le nombre de demandeurs d’emploi résidents bénéficiant de l’indemnité de chômage complet en fin de mois est resté constant.

Pour François Biltgen, une grande partie du chômage est toujours d’ordre structurel. En effet, un tiers des demandeurs d’emploi (4.049) est inscrit depuis au moins 12 mois à l’ADEM. Il s’agit principalement de travailleurs handicapés, de travailleurs à capacité réduite ainsi que de demandeurs d’emploi plus âgés qui ne disposent que d’un niveau de formation inférieur. Dans ce contexte, le ministre du Travail a encore une fois attiré l’attention sur le fait que 50% des demandeurs d’emploi ne disposent que de la scolarité obligatoire, obtenue dans deux tiers des cas à l’étranger.

Parlant d’une certaine accalmie de la situation, François Biltgen a indiqué que rien ne laisserait actuellement croire à une autre dégradation massive sur le marché de l’emploi. Le ministre redoute toutefois l’arrivée de plus ou moins 2.000 jeunes sur le marché de l’emploi en automne. Déjà à l’ordre du jour de la rencontre tripartite nationale pour l’emploi et la cohésion sociale du 6 mai, ce sujet sera aussi abordé lors d’une réunion de travail le 2 juin 2009 avec les partenaires sociaux. Pour François Biltgen, il s’agira d’y préparer des pistes afin de permettre au gouvernement issu des élections du 7 juin de prendre les décisions qui s’imposent.

Chômage partiel

Par la suite, le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur a informé sur la situation en matière de chômage partiel. En mai 2009, le Comité de conjoncture a reçu 145 demandes pour bénéficier des dispositions en matière de chômage partiel et a avisé favorablement 132 demandes. Dans les entreprises en question, 11.251 travailleurs peuvent être concernés et les coûts pour l’État s’élèveront au maximum à 14,7 millions d’euros par mois.

Jeannot Krecké et François Biltgen ont toutefois relativisé ces chiffres. Alors qu’en temps normaux, les entreprises ne profitent qu’à hauteur de 70% des dispositions du chômage partiel, ce taux a encore tendance à diminuer en temps de crise, ont-ils expliqué. Durant les crises des années 2001 et 2003, à peine 50% des dépenses engagées par l’État en vue d’indemniser des chômeurs partiels potentiels ont effectivement été déboursées, a indiqué Jeannot Krecké. Pour les deux ministres, il semble donc que beaucoup d’entreprises, en temps de crise, fassent de manière prophylactique des demandes pour bénéficier des dispositions en matière de chômage partiel, sans pour autant en avoir besoin par la suite. Il en résulte que les coûts pour l’État sont moindres par rapport aux estimations, a conclu le ministre Krecké.

Sur base des derniers chiffres de la Sécurité sociale, le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur a indiqué ensuite que l’emploi net a encore légèrement augmenté (+0,21%) en janvier 2009. Dans le secteur financier, l’emploi a toutefois légèrement régressé (-0,9%).

Parlant de la situation dans le secteur industriel, Jeannot Krecké a dit que "toutes précautions prises, nous ne nous attendons pas à une dégradation supplémentaire de la situation. Il semble en effet que le volume des activités économiques ait touché le fond". Pour ce qui est de la construction, le ministre Krecké a constaté que le nombre des autorisations de construire était en régression. En matière d’inflation, Jeannot Krecké a informé que le Luxembourg approchait une situation négative, bien que l’inflation sous-jacente soit encore de 2,3%.