Visite du centre chargé de la recomposition des fresques de la villa gallo-romaine de Schieren

Communiqué – Publié le

Le 17 octobre 2017, une délégation présidée par S.A.R. le Grand-Duc et le secrétaire d’État à la Culture, Guy Arendt, a visité le Centre d’étude des peintures murales romaines (CEPMR) à Soissons. Le CEPMR a été chargé de la restauration des restes d’enduits peints et de stucs, qui ont été mis au jour lors des fouilles effectuées sur le site archéologique de la villa gallo-romaine à Schieren en bordure de la route du Nord B7. Dans une pièce à hypocauste (chauffage par le sol) de près de 16 m2, les archéologues ont découvert en 2015 plus de 15.000 fragments, recueillis et conditionnés dans près de 350 caisses par les archéologues du Centre national de recherche archéologique (CNRA) et des spécialistes du CEPMR. Les pièces ont été expédiées à Soissons afin d’être stabilisées, nettoyées et réassemblées dans l’atelier de recomposition.

S.A.R. le Grand-Duc et le secrétaire d’État à la Culture étaient accompagnés par André Bauler, président de la Commission de la Culture de la Chambre des députés ainsi que par le député Franz Fayot. La délégation luxembourgeoise a été accueillie sur place par les autorités locales et par la responsable du CEPMR, Sabine Groetembril.

Lors de la visite du centre et des travaux de restauration, Guy Arendt a remercié les experts pour leur travail minutieux qui témoigne d’une grande expertise:"Vous nous permettez de découvrir une partie du patrimoine très riche, que l’Empire romain nous a légué. Il s'agit d'un témoin important de notre passé que nous devons préserver et transmettre aux générations futures."

Selon le rapport des experts, l’étude des fragments découverts à Schieren a révélé à la fois la complexité du programme ornemental et celle de l'architecture. Durant une année, un travail minutieux et délicat de consolidation, de stabilisation et d’assemblage a été mené et a permis peu à peu de recomposer des portions de décor provenant des quatre murs de la pièce; mais c’est aussi la composition particulière du plafond qui est apparue: sur une voûte d’arête, les quatre saisons sont représentées dans des médaillons, reflétant une notion importante du monde rural antique, la vie au rythme des saisons.

Le décor des parois présente quant à lui une composition variée, divisée en trois zones dont deux sont animées par des représentations figurées: génie ailé symbole de victoire, scène champêtre, amours dans diverses attitudes. Une imposante corniche en stuc composée de deux frises ornées d'oiseaux couronne la zone médiane et confirme l’attention apportée au moindre détail du décor de la pièce.

En haut, culminent dans les lunettes des scènes mythologiques de toute beauté: Omphale obligeant Hercule à filer la laine, Nymphes pensives, Pégase et divers héros. On observe ici une grande maîtrise de la technique de la fresque par des artisans talentueux, et aussi une parfaite adéquation avec la culture romaine dont chaque motif est inspiré.

Une iconographie aussi abondante soulève bien entendu la question de la fonction de cette pièce chauffée, mais aussi celle du statut du maître de maison. Ce décor ne peut être considéré comme une unité à part. Il doit être observé dans la globalité de la villa. Les fouilles à venir permettront de mieux appréhender ce domaine qui apparaît déjà, à travers ce décor, comme exceptionnel.

D’emblée, l’importance de la villa est mise en exergue par ces peintures remarquables, probablement réalisées dans le courant du IIIe siècle, qui mettent en avant le statut du propriétaire qui appartient vraisemblablement à l’élite de la cité des Trévires, ancienne capitale de l’Empire d’Occident.

Communiqué par le ministère de la Culture