Jean-Claude Juncker et Jeannot Krecké à la réunion de l'Eurogroupe

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Le Premier ministre, ministre des Finances et président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, et le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, ont participé à la réunion de l’Eurogroupe qui s’est tenue le 6 juillet 2009 à Bruxelles.

Sous la présidence de Jean-Claude Juncker, les ministres des Finances et/ou de l’Économie des 16 États membres de la zone euro ont discuté de l’impact de la crise financière et économique sur les politiques économiques et budgétaires et ses effets sur la croissance potentielle dans la zone euro.

L’Eurogroupe a, selon le président Juncker, fait sienne l’analyse de la Commission européenne que "la probabilité est grande que suite à la crise financière, la zone euro va subir une perte permanente de croissance potentielle". La Commission européenne prévoit en effet une baisse de la croissance potentielle de 2,2% avant la crise à moins de 1% sur la période 2009 à 2010.

Pour Jean-Claude Juncker, l’impact de la crise sur la croissance potentielle est donc "une donnée fondamentale dont il faudra que nous tenions absolument compte pour enrichir nos réflexions sur les stratégies de sortie que nous serons amenés à mettre en place dans les mois et années à venir".

La discussion de l’Eurogroupe a ainsi permis d’identifier un certain nombre de principes généraux autour desquels les stratégies de sortie devront s’articuler: "Nous penons tous que les mesures de soutien, y compris les mesures budgétaires et les mesures pour le secteur financier et le marché du travail doivent être maintenues en place aussi longtemps que persiste le risque que la situation économique se dégrade encore davantage. Nous pensons que les déficits que nous avons accumulés et que nous accumuleront en 2009 et 2010 doivent être réduits par étapes et à terme, l’équilibre budgétaire devra être rétabli afin d’assurer la soutenabilité à long terme des finances publiques. À l’intérieur des budgets que nous mettrons en œuvre, les ressources doivent être réorientées pour assurer les augmentations de productivité, décisives pour la croissance à long terme: concentration sur les dépenses gravitant autour des domaines de la recherche et du développement, des secteurs innovateurs, des investissements publics devant conduire eux aussi à une augmentation de potentiel de croissance. Et nous pensons que la mise en œuvre des réformes structurelles, telles qu’identifiées dans la cadre de la stratégie de Lisbonne doit être intensifiée."

Dans le cadre de la discussion sur les indicateurs économiques, l’Eurogroupe a notamment invoqué le taux d’inflation de la zone euro de moins 0,1% en juin. "Notre analyse, partagée par la Banque centrale européenne, est la suivante: malgré la baisse du niveau général des prix au mois de juin il serait absolument faux d’en déduire que la zone euro se trouve aux abords de la déflation. En effet, le niveau négatif de l’inflation s’explique d’un côté par la récession que nous subissons et de l’autre côté par les effets de base que nous connaissons, évolution des prix du pétrole et des prix alimentaires. Mais nous pensons que le niveau très bas des prix pétroliers et d’autres prix sont des phénomènes passagers. Nous nous attendons à ce qu’il y ait une augmentation des prix relatifs. Il découle de là que l’inflation ne restera donc pas négative pendant une période prolongée et il découle de là qu’il n’y a aucun risque de déflation. En attendant, la baisse générale des prix a des effets positifs à court terme sur le revenu disponible des ménages et il ne faut pas s’en plaindre."

L’Eurogroupe a ensuite examiné les programmes de stabilité actualisés de l’Autriche, de la Belgique de la Slovaquie et de la Slovénie.

Les ministres ont eu un nouveau débat d’orientation sur la réforme des structures de gouvernance du Fonds monétaire international et les conséquence qui ont découlent pour la zone euro. Et Jean-Claude Juncker d’expliquer: "Cette discussion ne manquera pas d’avoir des répercussions sur la représentation de l’espace euro au Fonds monétaire international car une des options à l’ordre du jour et puissamment appuyée par un certain nombre de nos partenaires est notamment une réduction du nombre des constituantes du FMI de 24 à 20. La discussion que nous avons eue n’a pas encore débouché. Il y a ceux - rares - qui ont plaidé en faveur d’un siège unique pour la zone euro. Cette proposition n’a pas déclenché une salve d’applaudissements. Il y a ceux qui veulent regrouper les États membres de la zone euro et les États membres de l’Union européenne en des constituantes exclusivement européennes. Le débat sur ce point est lancé et nous allons y revenir au cours des semaines et mois à venir.

Finalement, l’Eurogroupe s’est mis d’accord sur son programme de travail pour le deuxième semestre 2009.

Rencontre entre Jean-Claude Juncker et José Manuel Barroso

En marge de la réunion de l’Eurogroupe, le Premier ministre Jean-Claude Juncker a rencontré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour un déjeuner de travail.

Jean-Claude Juncker et José Manuel Barroso ont fait un tour d’horizon de l’actualité politique européenne.