Résumé de la déclaration de politique étrangère 2009

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Le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a fait le 17 novembre 2009 sa déclaration sur la politique européenne et étrangère devant la Chambre des députés. Cette déclaration a été consacrée essentiellement au nouvel environnement politique engendré par le traité de Lisbonne, mais aussi aux grands dossiers de l’actualité politique internationale.

Le ministre Asselborn a ouvert son discours en énonçant les trois défis principaux qui se posent à la Communauté internationale: le maintien de la paix, la lutte contre la pauvreté, ainsi que la protection de l’environnement. Il a rappelé les valeurs essentielles guidant la politique étrangère du Luxembourg et de l’Union européenne, à savoir le respect du droit international, la promotion et le respect des droits de l’homme, l’Etat de droit et le multilatéralisme.

Le discours du ministre a débuté par une analyse des dossiers de l’actualité européenne, et notamment la réforme institutionnelle de l’Union européenne. Le ministre a donné des explications détaillées sur les changements qui seront apportés à l’architecture institutionnelle de l’UE par l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009. En outre, Jean Asselborn a apporté des précisions concernant la mise en œuvre du traité, citant les points essentiels du "papier Benelux" qu’il avait présenté le 5 octobre 2009.

Au sujet de la politique du siège, le ministre a souligné l’importance de celle-ci pour le prestige et l’économie du pays. Dans ce contexte, il a rappelé que le Luxembourg, en tant que pays hôte, était conscient de ses obligations et que la constante amélioration des conditions de travail des quelque 11.000 fonctionnaires internationaux constituait une priorité du gouvernement. Le ministre a ensuite donné un aperçu des travaux et projets en cours de finalisation de plusieurs institutions européennes.

Le ministre a ensuite abordé la protection de l’environnement et la politique climatique du Luxembourg, évoquant notamment le rôle important joué par l’UE dans ce domaine en tant que leader mondial dans la lutte contre le réchauffement global et la réduction des gaz à effets de serre. Le chef de la diplomatie a rappelé que ce défi global devait trouver une solution globale et il a exhorté la communauté internationale à trouver un accord politique clair lors de la Conférence climatique à Copenhague le mois prochain.

En ce qui concerne la crise financière et économique, le Vice-Premier ministre a clairement exprimé sa conviction qu’on ne pouvait plus continuer "comme si rien ne s’était passé" en rappelant que les investissements excessivement risqués de certaines banques et la distribution de bonifications exorbitantes n’étaient plus acceptables. Une nouvelle architecture financière globale, avec des instances de surveillance et de contrôle, reste un élément essentiel qui doit être développé afin d’éviter une nouvelle crise.

Après avoir rappelé le besoin de garantir le bon fonctionnement du marché intérieur, le ministre a abordé le sujet du commerce international, notant l’importance de l’Union européenne en tant que "trading bloc" global. Le ministre a mis en garde contre l’application de mesures protectionnistes dans certaines parties du monde, passant en revue les avantages de l’ouverture du marché intérieur européen vers le reste du monde, ainsi que les avantages de la politique de coopération et de développement liée à la politique commerciale de l’UE. À ce sujet, le ministre a regretté que le "Doha Round" n’ait toujours pas pu être finalisé, notant que c’étaient surtout les pays en voie de développement et les pays émergents qui souffraient de leur intégration insuffisante dans les marchés mondiaux.

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise a fait un tour d’horizon des principaux sujets de l’actualité internationale. Il a notamment évoqué la situation dans les Balkans occidentaux, la politique européenne de voisinage (PEV) et l’élargissement de l’UE, ainsi que les relations transatlantiques et le processus de paix au Proche- et au Moyen-Orient.

Le ministre a exprimé sa conviction que les pays des Balkans faisaient partie de la famille européenne et que leur intégration européenne était une nécessité. En ce qui concerne la politique européenne de voisinage, le ministre s’est concentré sur les relations de l’UE avec son voisinage oriental, notamment la Russie, mais également les pays qui participent au "partenariat oriental". Par ailleurs, le ministre a évoqué la situation dans le Caucase, en Géorgie et en Ukraine, soulignant que l’UE devait faire des efforts pour établir des institutions essentielles tels que la démocratie et l’État de droit tout en favorisant la croissance économique.

Le ministre a également insisté sur la primauté du dialogue politique au Proche-Orient: "Il est temps que le nouveau gouvernement israélien reprenne les négociations avec l’Autorité palestinienne", a-t-il dit, rappelant que la situation dans la bande de Gaza devenait de plus en plus intenable.

Au sujet des relations transatlantiques, la nouvelle administration aux États-Unis a eu un impact important à travers le monde. Le ministre s’est réjoui de la nouvelle approche américaine et le nouveau langage prônant l’engagement, le dialogue et un renforcement du multilatéralisme. De plus, les efforts américains en faveur de la réduction des arsenaux nucléaires (START) et la nouvelle dynamique dans l’application du traité de non-prolifération nucléaire seraient des signes encourageants.

Ensuite, Jean Asselborn s’est concentré sur les voisins du sud, ainsi que les partenaires asiatiques. Le développement de l’Union pour la méditerranée et l’engagement continu de l’UE sur le continent africain sont des piliers cruciaux dans la lutte contre la pauvreté, la consolidation de la paix et la croissance économique.

Concernant les négociations avec l’Iran sur le dossier nucléaire, le ministre a insisté sur les efforts considérables déployés par les Nations unies, en collaboration avec l’AIEA, pour trouver une solution. Sur la coopération avec les partenaires asiatiques, le ministre a souligné l’importance des relations avec les partenaires commerciaux des pays-membres de l’ASEAN, à côté, évidemment, des partenaires plus importants, comme la Chine, le Japon ou encore l’Inde.

Enfin, le ministre a également a fait le point sur la situation actuelle en Afghanistan. Il a regretté que le deuxième tour de l’élection présidentielle n’ait pas eu lieu tout en émettant l’espoir que la réconciliation afghane, qualifiée de conditio sine qua non pour la reconstruction du pays, puisse se faire. Le ministre a confirmé que les contributions de l’armée luxembourgeoise dans le cadre de l’ISAF se poursuivront.

Le ministre a conclu sa déclaration en réitérant le soutien luxembourgeois au multilatéralisme onusien, rappelant les efforts et les contributions luxembourgeoises aux Nations unies, ainsi que la candidature luxembourgeoise pour un siège non-permanent au Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2013-2014.