Un projet de loi pour la promotion de la langue luxembourgeoise

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Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, et le secrétaire d’État à la Culture, Guy Arendt, ont présenté le 16 novembre 2017 le projet de loi relatif à la promotion de la langue luxembourgeoise. Le texte a pour but de renforcer le rôle du luxembourgeois dans la société et d’assurer durablement et de façon cohérente la promotion de la langue et de la culture luxembourgeoises.

Il s’agit de fournir les moyens et les structures pour mettre en œuvre la stratégie élaborée par le gouvernement en mars 2017, qui comprenait une quarantaine de mesures concrètes.

Le projet de loi prévoit entre autres la création de plusieurs institutions et organismes tels un Centre pour le luxembourgeois ou un commissaire à la langue luxembourgeoise, secondé par un comité interministériel où seront représentés tous les ministères du gouvernement.

La langue est un élément important de notre identité et le souhait de la mettre en avant est bien présent dans la société, dans toutes les classes d’âge, auprès des Luxembourgeois comme des non-Luxembourgeois.

Il existe une préoccupation commune pour que le luxembourgeois ne soit pas victime de la globalisation, des intérêts économiques ou de l’évolution démographique. Si, autrefois, le luxembourgeois se transmettait naturellement d’une génération à l’autre, y compris aux immigrés de deuxième génération, l’évolution rapide de la société réclame aujourd’hui des efforts supplémentaires.

Tous les ministères et administrations publiques sont concernés. Il convient de coordonner ces actions et de mobiliser les ressources existantes, y compris auprès des institutions et des acteurs culturels, dans un souci de cohérence et d’efficacité.

Ce sera entre autres la mission du commissaire à la langue luxembourgeoise, chargé d’élaborer un plan d’action sur une durée de 20 ans, dont il supervisera ensuite la mise en œuvre. "Ce plan constituera une base solide pour ancrer les efforts déjà en cours" a commenté le secrétaire d’État Guy Arendt.

Le Centre pour le luxembourgeois (Zenter fir d’Lëtzebuerger Sprooch), quant à lui, documentera la langue, son histoire et ses dialectes, ainsi que le contexte multiculturel. Il proposera des services comme le dictionnaire en ligne, des traductions, une assistance téléphonique, comme le fait déjà le LOD (Lëtzebuerger Online Dictionnaire). Les collaborateurs du LOD seront d’ailleurs repris par le Centre.

Le Conseil permanent de la langue luxembourgeoise (Conseil fir d’Lëtzebuerger Sprooch), qui existe depuis 1998, continuera d’agir comme organe consultatif du gouvernement au sujet du bon usage de la langue, de l’orthographe et de la grammaire, mais aussi de textes de loi concernant la langue luxembourgeoise et la situation langagière.

Une Journée nationale de la langue luxembourgeoise sera instaurée, de même que sera créé un prix national pour récompenser les initiatives ou les personnes qui participent à une promotion durable de la langue.

Des forums citoyens pour définir ensemble ce que représente la langue

"La promotion de la langue ne peut pas être décrétée par politique, elle doit venir de la société civile, de nous tous. Elle se réalise à travers ceux qui la parlent, qui la pratiquent au quotidien et qui la transmettent aux générations futures" a soutenu le ministre Claude Meisch.

C’est pourquoi, dans le cadre de l’élaboration du plan d’action, seront organisés des forums citoyens à travers tout le pays. Le grand public pourra ainsi participer à la discussion en amont pour définir ce que représente la langue et proposer des initiatives en faveur de la promotion durable du luxembourgeois. "Je suis optimiste, car la volonté de garder notre langue vivante est grande" parmi la population, a conclu le ministre.