Vers une amélioration des services d’urgence

Communiqué – Publié le

La ministre de la Santé, Lydia Mutsch, et le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider, ont présenté les principales conclusions d’une étude initiée en mars de cette année, visant à améliorer le fonctionnement des services d’urgences au sein des hôpitaux.

Les deux ministres se sont félicités des progrès réalisés dans le cadre de cette étude qui a été financée par les départements de la Santé et de la Sécurité sociale et la Caisse nationale de santé. En effet, un état des lieux détaillé et précis sur les activités dans les services d’urgence des 4 établissements hospitaliers du Grand-Duché et leurs modes de gestion et d’organisation très variés a été dressé. De nombreuses pistes d’amélioration en ont été dégagées. Ainsi, les données recensées s’articulent autour de 7 domaines d’actions, de 32 mesures et de très nombreuses recommandations, ce qui reflète également la complexité de la thématique.

"C’est grâce à la coopération constructive de tous les acteurs du terrain impliqués dans cet exercice – directeurs des hôpitaux, médecins, personnel soignant, maisons médicales de garde, COPAS, 112 – que l’échéancier fixé a pu être respecté et que nous avons avancé d’un grand pas", a souligné Lydia Mutsch.

Principaux constats

L’étude a tout d’abord montré que la qualité de la prise en charge par les équipes médico-soignantes n’est pas remise en cause. Ceci confirme d’ailleurs les résultats d’un sondage réalisé en 2016 par TNS-Ilres.

Ensuite, l’étude met en avant que le Luxembourg offre à sa population une organisation du système de santé, certes perfectible, mais capable de répondre aux sollicitations dans un délai qui demeure dans la moyenne de ce qui peut être constaté dans d’autres pays européens. En effet, le délai moyen le plus élevé entre l’heure d’admission aux services d’urgence et l’heure de sortie après prise en charge médicale est de 3 h 49, soit en-dessous de la durée moyenne de 4 heures constatée à l’étranger. Pour 75% des sollicitations, la durée entre l’heure d’admission et l’heure de sortie est de 3 heures ou moins. Ce taux devrait être augmenté à 80% pour correspondre aux références internationales.

"Nous prenons ce dossier très au sérieux. Il s’agit du droit fondamental de chaque citoyen d’avoir accès à des soins de qualité, surtout au moment où il en a le plus besoin. Notre but à atteindre endéans les 2 prochaines années est de faire en sorte que la durée de présence du patient au service d’urgence, entre son admission et sa sortie, ne dépasse pas les 2,5 heures", annoncent les deux ministres.

Un autre constat est que les services d’urgence du Luxembourg sont confrontés à un taux de sollicitation particulièrement élevé par rapport à l’étranger, ce qui impacte également la durée des délais d’attente. 18,5% des sollicitations concernent les situations présentant un taux de gravité peu élevé.

Des mesures d’amélioration à court, moyen et long terme

"Il s’agit maintenant de mettre en place à court terme tous les moyens afin d’assurer une prise en charge aussi rapide que possible du patient dès son admission par un meilleur triage et des instruments pour améliorer les informations au patient, ainsi qu’à ses proches. Mais aussi d’élaborer une stratégie afin d’améliorer davantage le fonctionnement des services d’urgence à moyen et long terme de manière durable", affirme Lydia Mutsch.

À court terme, le ministère de la Santé mettra en place des campagnes d’information ciblées et régulières sur l’opportunité de solliciter les services d’urgence et les structures alternatives en place et élaborera une brochure d’information générale sur le système de santé luxembourgeois.

Le rôle du médecin traitant sera renforcé et valorisé, entre autres par la promotion des cabinets de groupe et par le lancement d’une application pour téléphone mobile permettant de localiser rapidement les cabinets médicaux qui sont ouverts dans l’entourage immédiat du patient.

Romain Schneider a quant à lui souligné l’importance de l’implication de toutes les parties prenantes:"La réduction des délais d’attente dans les services d’urgence est une priorité qui est partagée par toutes les parties prenantes. L’étude nous permet de déceler les pistes les plus viables pour offrir des soins de qualité dans les meilleurs délais lorsque les personnes en ont le plus besoin."

Le ministre a aussi rappelé les efforts déjà réalisés, notamment l’allocation d’un montant de 2 millions d’euros qui fut intégré dans l’enveloppe budgétaire globale des dépenses du secteur hospitalier pour les années 2017 et 2018, permettant ainsi d’engager du personnel supplémentaire destiné spécifiquement aux services d’urgence.

"Il s’agit maintenant de continuer sur cette voie joignant les efforts de tous les acteurs impliqués, y compris les partenaires sociaux – représentés au sein de la Caisse nationale de santé – et les autres ministères concernés", a conclu le ministre.

L’implémentation de ces mesures d’amélioration constitue une des priorités de santé publique pour la nouvelle année. Ainsi, les travaux débuteront dès janvier 2018 ensemble avec tous les acteurs concernés.

Communiqué par le ministère de la Santé/ ministère de la Sécurité sociale