Luc Frieden au sujet de l'évolution de l'emploi dans le secteur bancaire

Interview – Publié le

Luxemburger Wort: Dans quel contexte s'inscrivent ces suppressions d'emplois?

Luc Frieden: Il faut mettre cette mesure en relation avec les difficultés internationales de la banque. UBS emploie aujourd'hui 76.200 personnes dans le monde et souhaite ramener ce chiffre à 67.500 personnes d'ici à 2010. Une cinquantaine de postes sont supprimés au Luxembourg, ce qui est proportionnellement moindre que dans d'autres pays. Plus de 400 emplois sont maintenus au Luxembourg. C'est la raison pour laquelle je ne considère pas cette mesure comme un problème "luxembourgeois". Elle s'inscrit plutôt dans le cadre des difficultés rencontrées par UBS au niveau international. Beaucoup de banques éprouvent des difficultés à l'heure actuelle, mais UBS est encore plus touchée en raison notamment de son litige fiscal avec les Etats-Unis.

Luxemburger Wort: II n'y a donc aucun rapport avec "l'affaire Madoff" au Luxembourg?

Luc Frieden: UBS ne s'est pas prononcé dans ce sens-là, ni publiquement ni vis-à-vis des autorités. Je ne pense pas qu'il y ait un rapport avec cette affaire.

Luxemburger Wort: La place financière luxembourgeoise est-elle confrontée à une vague de licenciements sans précédent?

Luc Frieden: Il faut analyser ces regrettables suppressions d'emplois à la lumière des évolutions de la place financière luxembourgeoise au cours des dernières années. Depuis 2004, la Place a créé 12.000 nouveaux emplois. Il s'agit là d'une croissance extrêmement importante. Je pense qu'à l'avenir, on assistera à une légère réadaptation de l'emploi bancaire au Luxembourg, même si le gros des emplois nouvellement créés sera maintenu. Le souhait du gouvernement, en tout cas, est que ces suppressions d'emplois se fassent sur une base de départs volontaires.