|
Depuis l’adhésion du Luxembourg au Comité d’aide au développement de l’OCDE en 1992, la politique de coopération au développement luxembourgeoise a connu une évolution substantielle aussi bien pour ce qui est des fonds mis à sa disposition que de ses aspects organisationnels et qualitatifs.
L'éradication de la pauvreté et le développement durable comme objectifs majeurs
La coopération luxembourgeoise au développement se place résolument au service de l'éradiction de la pauvreté, notamment dans les pays les moins avancés. Ses actions se conçoivent dans l'esprit du développement durable compris dans ses aspects sociaux, économiques et environnementaux - avec l'homme, la femme et l'enfant en son centre [Stratégie et principes de la coopération luxembourgeoise (.pdf, mae.lu)].
L'éradication de la pauvreté et le développement durable constituent les objectifs majeurs de la politique de coopération. Celle-ci est menée dans un esprit de partenariat et de développement participatif.
La politique du Luxembourg en matière de coopération au développement et d’assistance humanitaire se caractérise depuis plus de quinze ans par un effort constant et progressif, tant en qualité qu’en quantité, au bénéfice des populations les plus démunies. Elle est l’expression d’une solidarité internationale affirmée et confirmée et constitue en tant que telle un important vecteur de l’action extérieur du gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg.

Le volume de l’aide publique au développement
Le volume de l’aide publique au développement luxembourgeoise a connu ces dernières années une augmentation régulière et substantielle. La résolution 2626, adoptée le 24 mars 1970 par les Nations unies, recommande en effet aux États de consacrer 0,7% du revenu national brut (RNB) à la coopération avec les pays en développement. Dans ce contexte, le Luxembourg s'est engagé à consacrer même plus que ces 0,7% du revenu national brut à la coopération au développement. Le Luxembourg compte ainsi parmi les rares pays à respecter les engagements pris par les ministres européens en mai 2005, sous Présidence luxembourgeoise, en matière de niveaux d'APD à atteindre en 2010 (0,56%) et en 2015 (0,70%).
C'est en 2000 que le Luxembourg a atteint le seuil de 0,7% du revenu national brut consacré à l'aide publique au développement.
Le tableau ci-dessous illustre la constante augmentation de l’aide publique au développement du Luxembourg:
|
Exercice
|
APD (en EUR)
|
RNB (en EUR)
|
APD en % du RNB
|
|
2000
|
133.433.659
|
19.170.400.000
|
0,70
|
|
2001
|
155.128.137
|
20.050.300.000
|
0,77
|
|
2002
|
155.735.183
|
19.897.900.000
|
0,78
|
|
2003
|
171.677.042
|
20.028.000.000
|
0,86
|
|
2004
|
188.981.534
|
23.987.300.000
|
0,79
|
|
2005
|
207.387.692
|
26.006.900.000
|
0,80
|
|
2006
|
231.510.318
|
25.799.600.000
|
0,90
|
|
2007
|
275.135.892
|
30.158.300.000
|
0,91
|
|
2008
|
287.679.785
|
29.753.900.000
|
0,97
|
|
2009
|
297.817.177
|
26.793.200.000
|
1,11
|
|
2010
|
303.576.066
|
27.730.962.000
|
1,09
|
Rapport annuel 2010 (p. 18)

Au niveau de la forme de coopération luxembourgeoise, il faut distinguer la coopération bilatérale, la coopération multilatérale, la coopération avec les organisations non-gouvernementales ainsi que l’action humanitaire.
La coopération bilatérale
Il s’agit ici de projets dits généralement "de gouvernement à gouvernement", c'est-à-dire d’une aide que le Luxembourg accorde directement à un programme géré en partenariat par le Luxembourg et les autorités du pays en développement.
D’un point de vue géographique, la coopération luxembourgeoise poursuit, par souci d’efficacité et d’impact, une politique d’intervention ciblée dans un nombre restreint de pays partenaires privilégiés. Le ministère concentre ainsi la majeure partie de son action sur 10 pays cibles.
Six des dix pays partenaires privilégiés de la coopération luxembourgeoise, dont le choix est primordialement orienté par l’indice composite sur le développement humain du PNUD, se situent en Afrique subsaharienne. La coopération avec ses pays se distingue par un sens aigu du partenariat avec les autorités et les collectivités. Cet esprit de partenariat, complété par le souci de l’appropriation des programmes et projets par les bénéficiaires, préside à la mise au point de programmes pluriannuels de coopération, les PIC (programmes indicatifs de coopération).
10 pays cibles
Les pays cibles de la coopération luxembourgeoise sont:
-
en Asie: le Vietnam et le Laos,
-
en Amérique centrale: le Nicaragua et le Salvador,
-
en Afrique: le Niger, la Namibie, la Cap-Vert, le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso.
Les Territoires palestiniens occupés bénéficient des mêmes avantages que ceux en vigueur dans les pays cibles. Tous les pays cibles se retrouvent dans la seconde moitié du classement de l'indice du développement humain et cinq d’entre eux comptent parmi les moins avancés.
À côté de la coopération bilatérale avec un nombre limité de pays, l’approche régionale a gagné en importance ces dernières années. Le programme gouvernemental prévoit explicitement que la coopération luxembourgeoise favorise davantage une approche régionale là où elle est pertinente et là où elle complète utilement l’approche bilatérale. Quatre pays des Balkans bénéficient d’un apport de la coopération luxembourgeoise: l'Albanie, au Kosovo, au Monténégro et en Serbie. La coopération luxembourgeoise est en outre active en Afghanistan, en Mongolie et au Rwanda.

Les secteurs prioritaires de la coopération au développement
Le ciblage géographique va de paire avec une concentration sectorielle. Dans les pays en développement, la coopération luxembourgeoise concentre en effet son action sur la catégorie de secteurs que le Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE désigne par le terme infrastructures et services sociaux, et qui regroupe notamment les secteurs suivants:
-
l'éducation,
-
la santé,
-
l'eau,
-
l'assainissement.
Le Luxembourg est très actif dans ces secteurs, auxquels il consacre plus de 80% de sa coopération bilatérale de gouvernement à gouvernement et de sa coopération avec les ONG. Ainsi, le Luxembourg remplit très largement un des engagements majeurs pris à Copenhague au sommet social en 1995, qui consistait à réserver au moins 20% de la coopération avec les pays en développement aux secteurs sociaux.
Dans le domaine de la santé, l’initiative Esther est un programme de coopération destiné à lutter contre l’épidémie du sida, particulièrement meurtrière dans les pays d’Afrique.

La coopération multilatérale
Le travail avec les organisation multilatérales reste une composante importante de la coopération luxembourgeoise. Ce type de coopération est né de la volonté de profiter des infrastructures et des compétences des grandes organisations internationales. Elle consiste dans le financement ou le cofinancement d’un projet qui sera exécuté par une agence internationale. Le ministère choisira, en général, des programmes ayant un caractère complémentaire avec sa coopération bilatérale.

La coopération avec les organisations non-gouvernementales
Le Luxembourg poursuit une coopération particulièrement riche et fructueuse avec les organisations non-gouvernementales luxembourgeoises accréditées auprès du ministère des Affaires étrangères. L’engagement des permanents et des bénévoles de ces ONG, leur contact direct avec les populations concernées, la diversité de leurs actions et des relations qu’elles nouent avec le Sud constituent une contribution précieuse et irremplaçable à l’effort du Luxembourg à l’égard des plus démunis.

Le Luxembourg, membre de la Commission de consolidation de la paix de l’Organisation des Nations unies
Depuis le mois de février 2007, le Luxembourg siège à la Commission de consolidation de la paix de l'ONU, qui mobilise les ressources à la disposition de la communauté internationale pour conseiller et proposer des stratégies intégrées sur le rétablissement et la consolidation de la paix au lendemain d'un conflit. Elle prête une attention particulière aux efforts de reconstruction et de renforcement des institutions afin de jeter les bases d'un développement durable.

L'assistance humanitaire
L'aide publique au développement du Luxembourg comprend par ailleurs un important volet d’assistance humanitaire qui se comprend dans le cadre plus large de la gestion des crises et peut être déployée à ce titre en cas de catastrophes naturelles, de même que dans des situations post-conflits, à partir de l’arrêt des violences armées jusqu’à la reprise des activités de coopération au développement. Ce volet, qui comprend l'aide d'urgence et l'aide à la reconstruction, représente quelque 10% de l'aide publique au développement luxembourgeois.
 |
Pour en savoir plus ... |
 |
|