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La Cathédrale Notre-Dame de Luxembourg

Vers le niveau supérieur

La Cathédrale Notre-Dame de Luxembourg, située au cœur de la capitale du Grand-Duché, domine le centre-ville de sa présence. Savant mélange de classicisme et d’élégance, elle se fond parfaitement dans la silhouette de la capitale. Aujourd’hui l’Octave et le Te Deum, à l’occasion de la fête nationale, se déroulent en cathédrale. Dans le cadre des festivités à l’occasion de l’Avènement au Trône de Son Altesse Royale le Grand-Duc Henri, un service d’action de grâce sera célébré en la Cathédrale Notre-Dame.

Origines

L’ancienne partie de la Cathédrale de Notre-Dame de Luxembourg, Consolatrice des Affligés, n’est autre que l’église de l’ancien collège des Jésuites.

Le plan de l’église est dressé par le frère jésuite Jean du Blocq (1583-1656) du couvent de Tournai. La surveillance effective de la construction est dans les mains du frère jésuite Otto Herloy (+1639). L’entrepreneur du bâtiment est Ulrich Job, originaire de Lucerne. La maçonnerie de l’église, à l’exception de la partie supérieure du clocher, lui est confiée. Tout comme l’ornementation des colonnes, un des éléments décoratifs spécifiques de l’architecture ingénieur de l’église des Jésuites à Luxembourg, est réalisée dans son chantier.

Le sculpteur Daniel Muller (+1623), immigrant de Freiberg en Saxe, lui aussi, contribue d’une manière déterminante à l’aménagement artistique de l’église. Les travaux de construction sont terminés en 1621, comme l’indique le millésime sur le portail d’entrée. La même année est érigée, à l’entrée de la nef, la tribune richement sculptée, chef-d’œuvre de Daniel Muller. Le 17 octobre 1621, l’évêque-auxiliaire de Trèves, Georges de Helffenstein, consacre solennellement l’église du collège et la dédie à l’immaculée Conception.

Pendant les décennies suivantes se parachève, en diverses étapes, la décoration artistique de l’intérieur.

A la suite de la suppression de l’ordre en 1773, les Jésuites quittent la ville le premier octobre de la même année. Le 15 novembre suivant, l’usufruit de l’église est transmis au collège étatisé. Le 29 avril 1778, l’Impératrice Marie-Thérèse, Souveraine des Pays-Bas autrichiens, dont faisait partie le Luxembourg depuis 1714, passe l’ancienne église des Jésuites à la Ville de Luxembourg. Le sanctuaire est érigé en église paroissiale sous le nouveau nom de "St Nicolas et Ste Thérèse".

Vers la fin de 1794, lorsque les troupes révolutionnaires françaises s’approchent de la ville forte de Luxembourg, l’église accueille dans ses murs l’image miraculeuse de la Consolatrice des Affligés, Patronne de la ville et du pays, attestée pour la première fois le 8 décembre 1624.

Après le Concordat qui est conclu en 1801 par le pape Pie VII et Napoléon, une grande partie du territoire de l’ancien Duché, dénommé dorénavant "Département des Forêts", est rattachée à l’évêché de Metz. L’église paroissiale "St Nicolas et Ste Thérèse" est proclamée "église-mère de la ville et du département" et reçoit le nouveau titre "église St Pierre" afin d’effacer le souvenir de la période autrichienne.

Le 31 mars 1844, le Vicaire apostolique Jean-Théodore Laurent (1841-1848) change le nom en "église Notre-Dame". Son successeur au poste de Vicaire apostolique et premier évêque diocésain est Nicolas Adames (1848-1883). Sous prétexte de purifier la physionomie artistique de l’église, celui-ci favorise à partir de 1854 le réaménagement néogothique de l’intérieur. En 1851, le parvis de l’église est délimité du côté de la rue Notre-Dame par des piliers en pierre avec une claire-voie en fonte.

L’église Notre-Dame devient Cathédrale

En 1815 le Congrès de Vienne crée le Grand-Duché. Le 27 juin 1870, Pie IX élève celui-ci au rang d’évêché autonome. Par ce fait même l’église Notre-Dame devint Cathédrale.

De 1935 à 1938, un agrandissement enrichissant de l’édifice existant est réalisé d’après les plans de l’architecte Hubert Schumacher qu’influençe la collaboration étroite du chanoine Léon Lommel.

L’agrandissement, qui s’élève à partir des deux travées du chœur de l’édifice de 1613/21, donne son cachet à l’aspect actuel de l’ancienne église collégiale dans la silhouette de la ville autant par son volume que par le jeu de l’architecture. 

Le merveilleux ensemble des vitraux du chœur et du transept, réalisés les uns par Louis Barillet, ceux de la tribune grand-ducale par Oberberger, enfin les vitraux hauts du transept par le Luxembourgeois Emile Probst.

La dernière restauration de l’église par les soins de la Ville de Luxembourg a lieu au cours des années 1977 et 1978. Le but est d’accentuer le dynamisme vertical de l’architecture et de faire ressortir les éléments sculpturaux. 

Le Vendredi Saint du 5 avril 1985, des travaux de soudure déclenchent un incendie dans l’ancien clocher. Les clochers du carillon et le bourdon de la Vierge ainsi que les cloches St Willibrord, St Pierre et Ste Cunégonde de cette tour sont détruits. Lors de l’effondrement du clocher, le toit ci-dessus de la nef centrale de la cathédrale, est endommagé en plusieurs endroits par les débris de la tour incendiée.

La crypte

Basse, massivement architecturée par les douze colonnes qui portent l’église supérieure, elle renferme outre les caveaux des Evêques, le caveau de la Famille Grand-Ducale. On y accède par un large escalier que gardent deux lions en bronze portant les armes de la dynastie et qui sont l’œuvre d’Auguste Trémont. Enfin, dans la lumière parcimonieuse que donnent les vitraux scintillants de Wendling, apparaît une "Mise au tombeau" du 17e siècle qui renferme les restes de Jean l’Aveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême. 

Notre-Dame Consolatrice des Affligés

La vénération de la Consolatrice remonte à une initiative d’un jésuite éducateur, le Père Jacques Brocquart, qui, en 1624, organise un modeste pèlerinage à l’intention des élèves du collège; il fait bientôt construire devant les remparts une chapelle pour y abriter la statue et favoriser la vénération de la Vierge. A partir de 1625, des pèlerins isolés ou des groupes d’étudiants se rendent auprès de l’image de la Consolatrice des Affligés. Dès 1639, le premier "Livre des miracles" mentionne des prières exaucées et des guérisons qui ont lieu devant l’image miraculeuse dans la chapelle du Glacis. L’invocation de la Consolatrice des Affligés remporte un succès grandissant auprès de la population.

Elue en 1666 par la Ville de Luxembourg "Patronne de la Cité", et en 1678 proclamée par le pays entier "Patronne de la Patrie", Notre-Dame Consolatrice des Affligés demeure depuis lors l’objet d’un culte fervent. Chaque année, au printemps, les fêtes de l’"Octave" rassemblent pendant deux semaines (du 4e au 6e dimanche de Pâques) autour d’elle les chrétiens de tout le Grand-Duché de Luxembourg, mais aussi de Lorraine, de l’Ardenne belge, de la Gaume et de l’Eifel.

Source bibliographique

  • Bref aperçu de la Ville de Luxembourg. Service Information et Presse, Luxembourg 1993.

  • Conseil paroissial de Notre-Dame (éd.) ; La Vénération de la Consolatrice des Affligés en la Cathédrale de Luxembourg.

  • Luxemburger Marienkalender. Imprimerie Saint-Paul S.A., Luxembourg 1986.

  • La cathédrale Notre-Dame Luxembourg. Imprimé par Imprimerie Saint-paul, Luxembourg.



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