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I) Le palais grand-ducal
Le palais grand-ducal à Luxembourg est intéressant à plus d’un égard : pour les Luxembourgeois, il symbolise le sentiment de leur indépendance nationale ; pour les historiens, il représente un élément de continuité dans l’exercice des pouvoirs administratifs d’une ville, et même d’un pays, à travers les siècles de souveraineté étrangère ou d’indépendance et pour les amateurs d’art, il reflète, par sa façade, l’influence du style hispano-mauresque dans nos régions (1).
Histoire du Palais
A la suite de l’octroi d’une charte d’affranchissement, la ville de Luxembourg érige au Nouveau Marché un Hôtel de ville.
En novembre 1443, les Bourguignons venant de prendre la ville de Luxembourg, Philippe le Bon confisque la maison de ville pour "son conseil et les palais". Dans un geste d’apaisement, Marie de Bourgogne concède l’usufruit de l’Hôtel de ville au magistrat, qui en redevient propriétaire trois ans plus tard.
En 1541, l’empereur Charles V, duc de Lorraine, loge lors de son séjour au Luxembourg à la maison de ville.
Le 11 juin 1554, une grande partie de la ville est détruite par un incendie causé par la foudre tombée sur l'église des Franciscains et qui fait exploser la poudre stockée dans le sous-sol. Les travaux de reconstruction de l’Hôtel de ville ne commencent qu’en 1572, grâce au "baumaître" de la ville Adam Roberti. Ils s’achèvent en 1573.
Le bâtiment est ensuite bombardé par les troupes de Louis XIV en 1683, car les caves servent de refuges aux habitants lors des bombardements. Le bâtiment doit être restauré. Par la suite, le corps du bâtiment devient également le siège des Etats, c.-à-d. de la représentation provinciale. Durant l’époque française (1795 à 1814), il abrite la préfecture du nouveau "Département des Forêts" et Napoléon Ier y loge.
En 1741, l’Hôtel de ville est agrandi par l’adjonction d’un bâtiment appelé "La Balance".
A partir de 1815, le palais sert à loger la Commission de Gouvernement et les différents gouvernements qui lui succédent jusqu’en 1867. A partir de 1848, la nouvelle Chambre vient également s’y établir de sorte qu’il y a cohabitation entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Ce dernier pouvoir, devenu Assemblée des Etats en 1857, y restera jusqu’au 30 octobre 1860, jour où il s’installe dans son siège actuel à droite du Palais. Après les bouleversements de l’année 1867, le nouveau statut de démilitarisation du Luxembourg entraîne le départ de la garnison prussienne, laissant à l’Etat luxembourgeois de nombreux bâtiments. Les services du Gouvernement ainsi que les autres unités ou organes administratifs sont logés dans les bureaux abandonnés par les militaires. Le Gouvernement peut alors quitter le premier étage des lieux et s'installer dans l’ancien refuge de Saint-Maximin (l’actuel ministère des Affaires étrangères) alors que le deuxième étage continue à abriter d’autres services comme le Musée archéologique, le Service agricole et la Commission de l’instruction publique.
En même temps, le Palais sert à accueillir le Roi Grand-Duc Guillaume II en 1841, 1844 et 1845 ainsi que Guillaume III à l’occasion de leurs visites sporadiques à Luxembourg. De 1850 à 1878, le Prince Henri, Lieutenant-Représentant du Grand-Duc Guillaume III pour les affaires luxembourgeoises et son épouse y font régulièrement de plus longs séjours.
L’aménagement du Palais pour l’usage exclusif et officiel du Souverain coïncide avec l’avènement de la nouvelle dynastie des Nassau-Weilburg, en 1890. Les travaux entrepris par le Grand-Duc Adolphe qui comprennent outre la transformation complète des locaux existants, l’érection d’une nouvelle aile dans la cour, durent quatre années et sont confiés à l’architecte Bordiau de Bruxelles, secondé par l’architecte de l’Etat Charles Arendt.
Durant la dernière guerre, sous l’occupation allemande, le Palais est transformé en taverne et les riches collections de tableaux parmi lesquels des Largilière et des Tischbein, les collections de porcelaines orientales et hollandaises, les vases de Sèvres et les vases en malachite de Russie sont dispersés, mais heureusement retrouvés. Restauré tout de suite après la libération, le Palais est redevenu le centre politique du Grand-Duché. Le 23 juin de chaque année, à l’occasion de la fête nationale luxembourgeoise, la foule y afflue pour acclamer le Souverain.
De 1964 à aujourd’hui, des travaux de rénovation furent régulièrement entrepris afin de satisfaire aux exigences de l’esthétique et du confort moderne.
Un des objectifs visés par ces travaux est l’aménagement d’une série d’unités (salon, chambre à coucher, salle de bain ), permettant d’accueillir les hôtes étrangers notamment à l’occasion des visites d’Etat.
Le Palais, lieu de travail du Souverain et demeure de la Famille grand- ducale
C’est au Palais que le Souverain, chef du pouvoir exécutif, fait son travail journalier. Plusieurs jours par semaine, il voit ses collaborateurs qui lui font un rapport sur les affaires courantes et il reçoit les personnalités en audience. Il signe des lois et arrêtés, examine des demandes de grâce, lit des rapports, des requêtes, des lettres de la presse nationale et internationale.
C’est au Palais qu’ont lieu les cérémonies d’accréditation et les audiences de congé des ambassadeurs accrédités auprès du chef de l’Etat.
Le Palais du Grand-Duc sert également de cadre à l’activité internationale lors des visites officielles et d’Etat. Le Palais, où sont logés les visiteurs, sert de centre ou de point d’appui aux différentes cérémonies.
C’est à la Salle des Fêtes du premier étage qu’ont lieu les réceptions officielles. A la Salle des Rois du même étage sont reçus Ambassadeurs accrédités à Luxembourg.
C’est également dans la Salle des Fêtes qu’eut lieu, le 9 avril 1953, le mariage civil du Grand-Duc Héritier Jean avec la Princesse Joséphine-Charlotte de Belgique. Dans cette même salle se déroula, le 12 novembre 1964, la cérémonie de la passation des pouvoirs au cours de laquelle Son Altesse Royale la Grande-Duchesse Charlotte, après 45 ans de règne, signa la déclaration d’abdication par laquelle la Souveraine renonça à la Couronne en faveur de son fils, Son Altesse Royale le Grand-Duc Jean.
Le Palais, un monument d’Art
L’élément frappant de la façade du Palais est l’ensemble harmonieux formé par les deux tourelles polygonales accolées au premier étage et ayant la même profondeur que le balcon, aujourd’hui en fer forgé, mais à l’origine (avant 1741) en pierre de taille ajourées. La disposition générale de l’édifice est verticale et cette verticalité est accentuée par la toiture surélevée, par les élégantes et fines tourelles ainsi que par les fenêtres à la mansarde.
Dans le sens de la longueur, cinq fenêtres à chaque étage captent la lumière tout en rehaussant, par leur ordonnancement, la rigueur élégante de la façade. L’effet de rigidité ainsi atteint est allégé par une riche décoration en relief dont certains éléments sont typiques de la Renaissance espagnole tardive.
Restauration du Palais Grand-Ducal de 1991 à 1996
La nécessité d’intervenir ne faisait aucun doute, tant pour des raisons d’ordre technique que subjectives: elle correspondait à un souhait unanimement manifesté que le Palais retrouve à nouveau un aspect digne, reflet de sa noblesse. Toutes les interventions visaient à assurer la sauvegarde du Palais et ceci sans modification de l’architecture que l’on entendait respecter dans son authenticité formelle, à la fois comme image et témoin du passé du Luxembourg.
Intérieurement, les interventions ont consisté à améliorer la fonctionnalité des appartements et des pièces de service avec une mention particulière à la remise en valeur de l’ancienne "Salle de la Balance" au rez-de-chaussée, la plus vaste salle de l’actuel Palais qui avait été subdivisée pour des fonctions de services, cuisine, réserves et local pour la garde militaire.
Extérieurement, les opérations comprenaient entre autres le lavage, le toilettage ainsi que des interventions liées au bon équilibre statique de la structure des murs, charpentes et fondations.
Les travaux commencèrent au mois de novembre 1991, pour un chantier qui allait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 1996.
II) Le château de Berg
La première mention d’un seigneur de Berg(he) date de 1311. Le château de Berg change souvent de propriétaire jusqu’à ce que le Roi Grand-Duc Guillaume II achète les domaines en 1845 au Baron Claude du Pasquier. C’est en 1848 que le Château de Berg est reconnu par la nouvelle Constitution comme l’habitation exclusive du Grand-Duc.
Sous le règne de Guillaume III, le château subit de nombreuses transformations en style néo-gothique. Puis, en 1891, les domaines privés du Roi deviennent la propriété du Grand-Duc Adolphe. C’est cette année-là que le Grand-Duc Héritier Guillaume IV s’installe au Château de Berg, où six filles naîtront de son mariage avec l’infante Marie-Anne de Bragance.
Lorsqu’il accède au trône, Guillaume IV fait démolir l’ancien château et le remplace par un bâtiment mieux adapté aux besoins de l’époque, dont les plans sont élaborés par l’architecte Max Ostenrieder, de Munich et exécutés par l’architecte luxembourgeois Pierre Funck-Eydt. Les travaux commencent en 1907 et sont achevés en 1911.
Les Grandes-Duchesses Marie-Adélaïde et Charlotte y résident pendant leurs règnes successifs.
L’Etat luxembourgeois acquiert le Château en 1934 et le met à la disposition de la famille grand-ducale.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis installent dans le Château une école d’élite pour jeunes filles. Les transformations qu’ils imposent causent beaucoup de dégâts, et, tout comme dans le Palais grand-ducal, le mobilier, ainsi que de nombreuses œuvres d’art sont spoliés.
A partir de 1948, la révision de la Constitution réserve le château de Berg à l’habitation du Grand-Duc. Pendant les travaux de restauration qui sont entrepris après la guerre, la Grande-Duchesse et sa famille s’installent au Château de Fischbach, jusqu’en 1964.
III) Le Château de Fischbach
La seigneurie de Fischbach est parmi les plus anciennes du Luxembourg, et semble remonter aux biens provenant de l’abbaye d’Echternach. Le premier seigneur connu, Udo de Fischbach, apparaît en 1050.
Comme le Château de Berg, il passe entre les mains de nombreux propriétaires, et subit beaucoup de transformations, notamment lorsqu’il est brûlé par les Polonais de l’Armée du duc François de Lorraine, en 1635.
En 1850, le Roi Guillaume II acquiert le domaine, et fait détruire une grande partie des installations industrielles qui y avaient été ajoutées lorsque le dernier propriétaire, l’industriel Auguste Garnier, avait accordé la propriété à la S.A. Belge des Hauts Fourneaux.
En 1884, le duc Adolphe de Nassau en devient le propriétaire.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis font du château un lieu de repos pour les artistes, et le nomment "Künstlerheim Fischbach". Une bonne partie du mobilier et des œuvres d’art est pillée.
A partir de 1945, et jusqu’à la fin de ses jours, la Grande-Duchesse Charlotte vit dans le château de Fischbach, qui devient sa demeure favorite.
En 1987, la famille grand-ducale héritière s’y est installée.
Bibliographie :
Bref aperçu de la ville de Luxembourg. SIP 1993.
Calmes, Christian ; le Palais grand-ducal. Luxembourg, 1988. Fascicule 2. Le palais grand-ducal.
Gaymard, Daniel ; La restauration du Palais grand-ducal de 1991 à 1996 ; dans: Ministère des Travaux Krier, Tony ; Le Palais grand-ducal. Luxembourg.
Les "Cahiers luxembourgeois" 1936. Fascicule 1. L’ancien hôtel de ville et actuel Palais grand-ducal.
Publics; Le Palais Grand-Ducal. Editions Imprimerie François Faber ; Mersch 1997.
Reuter, Raymond ; Calmes, Christian ; Jean Grand-Duc de Luxembourg. Un Souverain et son Pays. Luxembourg 1986.
Syndicat d’Initiative et de Tourisme, Ville de Luxembourg (éd.), Luxembourg, Bonjour, le Palais grand-ducal. Luxembourg.
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Syndicat d’Initiative et de Tourisme, Ville de Luxembourg (éd.), Luxembourg, Bonjour, le Palais grand-ducal. Luxembourg.
Calmes, Christian ; le Palais grand-ducal; p. 3-6. Luxembourg, 1988.
Bref aperçu de la ville de Luxembourg;p. 35-36. SIP 1993.
Calmes, Christian ; le Palais grand-ducal ; p. 40-45. Luxembourg, 1988.
Bref aperçu de la ville de Luxembourg ; p.35-36. SIP 1993.
Calmes, Christian ; le Palais grand-ducal ; p. 8-12. Luxembourg, 1988.
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