Historique
À la fin des années 1980, le législateur a mis en place un cadre légal et réglementaire visant le soutien à la production audiovisuelle.
La loi du 13 décembre 1988 instaurant un régime fiscal temporaire spécial pour les certificats d'investissement audiovisuel, modifiée et prolongée en 1993, prolongée une seconde fois en 1998, avait pour objectif d'attirer au Luxembourg des investisseurs ayant l'ambition de développer des activités nouvelles dans le domaine de la production audiovisuelle.
Le régime fiscal temporaire spécial pour les certificats d'investissement audiovisuel a été instauré pour créer un nouveau noyau de développement, à savoir un secteur de la production audiovisuelle. Cette aide indirecte, dont le but a été de drainer des capitaux nationaux et étrangers, par l'intermédiaire de la place financière, vers la production audiovisuelle nationale, favorisait l'investissement dans la production.
Le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa) fut mis en place par la loi du 11 avril 1990. Cette loi avait notamment pour but de soutenir, par un mécanisme d’avances sur recettes, la production, la coproduction et la distribution des oeuvres d'origine luxembourgeoise.
Ces deux initiatives visaient le développement et l'ancrage d'un secteur porteur d'avenir jusque-là inexistant au Grand-Duché.
Fonspa
Le 21 décembre 1998, la loi modifiée du 13 décembre 1988 instaurant un régime fiscal temporaire spécial pour les certificats d’investissement audiovisuel et la loi du 11 avril 1990 portant création d’un Fonds national de soutien à la production audiovisuelle furent modifiées et refondues.
Le Fonspa est devenu l’instance officielle placée sous tutelle conjointe des ministres en charge de l’Audiovisuel et de la Culture mettant en œuvre l’ensemble de la politique de soutien à la production audiovisuelle du gouvernement. Il est notamment en charge de la gestion des aides financières sélectives disponibles depuis 1990, ainsi que de toutes les autres activités dans ce domaine, tels que la promotion, les accords de coproduction, les certificats de nationalité des œuvres, la collecte de statistiques relatives au secteur, etc.
Secteur cinématographique en Europe et au Luxembourg
En Europe, le cinéma est considéré avant tout comme un produit culturel qui ne peut survivre que grâce à des subventions conséquentes. Au niveau communautaire plusieurs initiatives ont été développées pour soutenir ce secteur (programme MEDIA). Mais ce soutien européen ne peut être productif que si des efforts sont entrepris au niveau national pour relancer et stabiliser l'industrie des programmes européens, laquelle connaît un certain retard vis-à-vis du marché américain.
Ainsi, tous les pays européens disposent d'un ou de plusieurs systèmes de soutien à la production audiovisuelle, qui visent essentiellement l'expression de la spécificité et le rayonnement de l’identité culturelle de leur pays.
On peut constater que le secteur de la production audiovisuelle ne répond pas à des critères objectifs et précis. Le risque pour des investisseurs privés (personnes physiques ou morales) est, en l'absence d'une expérience certaine en la matière, très élevé et difficilement cernable. Les oeuvres audiovisuelles européennes connaissent un déficit de communication au public et n'arrivent que très rarement à accéder au marché et à la distribution internationale.
Or, au Luxembourg, le besoin de communiquer par le film et de disposer d'un soutien financier à la production audiovisuelle s'est imposé par la base. Dès le début des années 1980, des créateurs (AFO, RTL Hei-Elei, Andy Bausch, puis Samsa Film) ont commencé à s'adresser à leurs compatriotes à propos de sujets nationaux (contemporains et historiques) et dans la langue luxembourgeoise. Ils ont rencontré un succès populaire indéniable.
Si on se rend à l'évidence que la communication, même intercommunautaire, se fait de plus en plus par l'audiovisuel, la maîtrise du langage et des techniques audiovisuelles sont d'un enjeu culturel capital, ne serait-ce que pour garantir dans ce domaine sensible une certaine autonomie nationale. La mise en valeur des archives audiovisuelles et la réalisation de documents traitant de thèmes historiques et socioculturels sont des instruments indispensables à la transmission de la mémoire collective nationale. Ceci vaut sur le plan national tout aussi bien qu'international.
Au Luxembourg, les producteurs sont confrontés en plus à des problèmes d'ordre structurel, tels que la taille du marché national et un tissu économique spécifique peu développé en absence d’une tradition de production audiovisuelle.
L'exiguïté du territoire oblige les producteurs luxembourgeois quasi systématiquement à recourir à la coproduction, et donc à s'éloigner dans les longs-métrages de fiction, de sujets et de thèmes purement nationaux.
De même, il y a lieu de constater que, contrairement aux pays voisins, le Luxembourg ne dispose pas de chaîne de télévision investissant dans la création de programmes audiovisuels.
Développement du secteur de la production audiovisuelle
Grâce cependant aux efforts entrepris par le gouvernement depuis la fin des années 1980, le secteur de la production audiovisuelle commence petit à petit à se développer:
Sociétés de production
Le site audiovisuel luxembourgeois qui, jadis, était essentiellement axé sur des activités de diffusion, a connu une diversification certaine avec la mise en place d'infrastructures de production et de postproduction et l'établissement de plusieurs sociétés de production et de services audiovisuels.
Producteurs autochtones
Les producteurs autochtones ont réussi à tirer profit des aides mises à leur disposition et ont su acquérir une certaine notoriété, qui leur permet de figurer à l'échelle européenne comme des partenaires sérieux et financièrement attrayants pour monter des productions internationales.
Associations
Trois associations, représentant les différents acteurs du métier ont vu le jour:
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ULPA (Union luxembourgeoise de la production audiovisuelle);
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ATAC (Association des techniciens et des acteurs du cinéma);
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ARS (Association luxembourgeoise des réalisateurs et scénaristes).
Productions réalisés
Depuis 1988, plus de 300 œuvres audiovisuelles ont été réalisées au Luxembourg par des producteurs nationaux grâce au mécanisme des certificats d’investissement audiovisuels et 150 œuvres ont pu trouver un complément de financement par le biais des aides financières sélectives.
Les films luxembourgeois, nationaux ou réalisés en coproduction, ont été présentés dans d'innombrables festivals et ont remporté de nombreux prix. Ces succès d'estime contribuent au rayonnement du Luxembourg sur la scène audiovisuelle internationale.
Animation
Le film d’animation a connu ces dernières années une croissance importante. Ce secteur est très dynamique et très entreprenant: des synergies sont mises en place entre les différentes sociétés et des collaborations effectives existent entre-elles. Les mécanismes de soutien à la production audiovisuelle ont dans ce secteur parfaitement joué leurs rôles d’incitants, ce qui a permis de voir l’émergence d’une véritable plateforme industrielle de haut niveau. Pour autant, ce niveau repose sur la main d’œuvre qualifiée. L’aspect "recrutement et formation" est donc très important, voire primordial.
Une formation est dispensée depuis une quinzaine d’années au Luxembourg par le Lycée des arts et métiers qui offre une formation de base à l’issue de laquelle est délivré un brevet de technicien supérieur (BTS) "animation" de niveau inférieur. Pour une formation complémentaire ou supérieure les étudiants sortants choisissent un établissement spécialisé à l’étranger.
Dans la pratique, tous les studios d’animation luxembourgeois ont des contacts avec le Lycée des arts et métiers. Ils organisent régulièrement des stages au sein de leurs équipes. Ces stages sont organisés en fonction d’une incorporation progressive au sein du studio: stage d’orientation générale en 1re année (2 à 3 semaines), stage de spécialisation en 2e année (3 à 6 semaines).
Production "life"
Pour ce qui est du domaine de la production "life", il n’existe pas d’école de cinéma au Luxembourg. Les jeunes désireux d’apprendre un métier du cinéma doivent aller à l’étranger.
Dans ce contexte il faut souligner le phénomène des échanges et des transferts de compétences et d’expériences qui se font à l’occasion de coproductions internationales, lorsque des équipes de techniciens étrangers viennent sur les tournages au Luxembourg. Ceci revêt une importance primordiale pour le savoir-faire des techniciens locaux. Plus encore que dans d’autres domaines, les métiers de l’audiovisuel s’apprennent principalement sur le terrain. Ceci est surtout vrai pour les petits métiers du cinéma.
Possibilités de formation aux métiers de la production audiovisuelle
Les possibilités de formation aux métiers de la production audiovisuelle peuvent être consultées sur les sites Internet suivants:
Festival: "Lëtzebuerger Filmpräis"
Le "Lëtzebuerger Filmpräis" a été remis pour la première fois en 2003. L’objectif de ce prix est de récompenser les meilleures contributions au cinéma luxembourgeois, afin de mettre en valeur les œuvres de qualité, d’encourager la création cinématographique, de favoriser le développement de l’industrie du film au Luxembourg et d’attirer l’attention du public sur les productions luxembourgeoises.
Les prix suivants sont attribués:
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Prix du meilleur long-métrage luxembourgeois;
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Prix du meilleur court-métrage;
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Prix de la meilleure co-production luxembourgeoise;
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Prix de la meilleure contribution artistique et/ou technique;
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Prix de la meilleure contribution technique;
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Prix du meilleur fil européen;
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Prix Sacem;
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Prix du public;
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Prix du jeune espoir.
Accords de coproduction
Les accords de coproduction servent avant tout à promouvoir les relations entre les pays et à inciter les producteurs des différents pays à collaborer et à développer des œuvres communes. Ils permettent la qualification réciproque d’œuvre nationale ouvrant l’accès aux aides publiques nationales. Comme les producteurs luxembourgeois sont contraints de développer tous leurs projets en coproduction (le financement d’une œuvre ne peut être trouvé entièrement sur le territoire national, faute de chaîne de télévision investissant dans la production et les aides publiques ne pouvant généralement dépasser 30% du budget d’une production), ils ont besoin de contacts étrangers.
Accord avec la France
Avant la signature de l’accord avec la France, les instituts français refusaient les coproductions luxembourgeoises, car ils craignaient une délocalisation des tournages sur le Luxembourg et par là une perte importante des charges sociales. Par ailleurs, elle jugeait notre régime des certificats comme tentative "d’européaniser" des œuvres américaines. Le producteur luxembourgeois devait toujours se "cacher" derrière un autre partenaire, p.ex. belge, portugais etc. Des bipartites étaient exclues.
Toutefois depuis la signature de l’accord, les relations se sont beaucoup améliorées et les Français acceptent les Luxembourgeois comme des partenaires sérieux et les coproductions entre les deux pays s’intensifient.
Quelques exemples de coproductions avec la France sont notamment "Une liaison pornographique" (Samsa 1999) et "Tristan et Iseult" (Oniria 2001).
Accord avec l’Allemagne
Avant la signature de l’accord avec l’Allemagne, les relations audiovisuelles entre les deux pays étaient quasiment inexistantes. Les seuls projets réalisés en coproduction étaient des films faits entre des sociétés nationales et des fonds privés allemands. Les cinéastes luxembourgeois coproduisaient principalement avec leurs collègues de leur pays d’études, en l’occurrence la Belgique et la France.
En 1999, Jean-Claude Juncker et Wolfgang Clement ont signé une déclaration permettant la collaboration au niveau de la production audiovisuelle. Grâce à cette déclaration et à l’accord de coproduction, les coproductions entre les deux pays se développent. Pour exemple, la société Delux a réalisé au Luxembourg le film cinématographique "Porta Westfalica" en coproduction avec Constantin Film.
Accords avec d’autres pays
Outre les deux accords avec la France et l’Allemagne, le Luxembourg a conclu un protocole d’entente sur les relations audiovisuelles en 1994 avec le Québec, ainsi qu’un accord de coproduction en 1996 avec le Canada.
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