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Politique culturelle
La culture est un moyen d’ouvrir et de faire progresser notre société. La politique culturelle qu’entend mener le Gouvernement a pour but, à un moment où l’Europe s’élargit à de nouveaux pays et à d’autres cultures, d’enraciner et d’étendre le rayonnement culturel du Luxembourg.
Tant la pratique de la culture que le contact avec les différentes expressions de l’activité culturelle ou encore la rencontre avec d’autres réalités culturelles que celles de notre pays peuvent contribuer à lutter contre toutes sortes de fanatismes et créer un réseau de solidarité.
Le Gouvernement entend utiliser et développer à cet effet toutes les potentialités publiques et privées des différents secteurs culturels.
1) A l’instar de l'année culturelle 1995, la structure organisant la manifestation «Luxembourg et Grande Région, Capitale européenne de la culture, 2007», ensemble avec la ville partenaire de Sibiu en Roumanie, s’est donné comme objectif de faire de 2007 une nouvelle année-phare pour la vie artistique et socioculturelle de notre pays. Le projet 2007, manifestation grand public ambitieuse et forte d’un label européen unanimement reconnu, entend soutenir la création de contenus artistiques luxembourgeois, transfrontaliers et européens et générera sans aucun doute de nouveaux publics ainsi qu’un brassage des publics. Il s'inscrira résolument dans une logique cohérente de positionnement économique et touristique («Standortpolitik ») que notre pays poursuit depuis des décennies.
Pour atteindre ces buts, le Gouvernement entend mettre à disposition de la manifestation, ensemble avec ses partenaires de la Ville de Luxembourg et de la Grande Région, un budget conséquent adapté aux ambitions de la capitale européenne de la culture.
2) Les activités des instituts culturels confirmés par la récente loi sur les instituts culturels de l'État seront développées tant aux niveaux scientifique, administratif qu’à celui de l'animation culturelle. Un réseau performant d'infrastructures culturelles est en train d'être mis en place, dans la capitale mais aussi à travers tout le pays. Dans ce contexte, le Gouvernement poursuivra les travaux de construction ou de réhabilitation du Musée de la Forteresse, du Centre de Musiques Amplifiées, de la rotonde CFL, de la Salle de Concerts Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte, du Musée d'Art Moderne Grand-Duc Jean, du Centre National de l'Audiovisuel avec Centre culturel régional à Dudelange ainsi que des Archives nationales à Esch/Belval. La mise en valeur des deux hauts-fourneaux et la création du Centre National de Culture industrielle sur le même site seront entamées. Les travaux de planification d'une nouvelle Bibliothèque nationale avec bibliothèque universitaire seront poursuivis.
Par ailleurs, le nouveau Centre culturel de Rencontre Abbaye de Neumünster est appelé à jouer un rôle important dans la rencontre entre monde de l'art et monde économique, mais aussi dans le dialogue des cultures.
Enfin, soucieux de continuer la politique culturelle menée depuis de nombreuses années, le Gouvernement entend consolider les acquis de cette politique et confirme son appui aux structures actuellement soutenues par l’Etat ainsi qu’aux nombreuses associations socio-culturelles conventionnées.
3) Au niveau national, et dans un souci de cohésion sociale, le Gouvernement s’efforcera de donner à plus de personnes, luxembourgeoises et non luxembourgeoises, la possibilité d'apprendre notre langue nationale et de se retrouver dans le système de langues qui a cours au Luxembourg. Le Gouvernement veillera à ce que le dictionnaire pratique de la langue luxembourgeoise puisse être terminé et que le grand chantier du «Trésor de la langue luxembourgeoise», dictionnaire exhaustif du luxembourgeois en plusieurs volumes, puisse avancer.
Le Gouvernement encouragera la recherche sur la langue, la culture et la société luxembourgeoises, les flux migratoires et l’intégration.
4) Afin d'assurer la préservation du patrimoine archéologique, des moyens adéquats seront mis à disposition du Musée national d'Histoire et d'Art et du Service des Sites et Monuments nationaux pour que les terrains susceptibles de receler des objets historiques à conserver puissent être fouillés et inventoriés. Dans une visée de développement durable et de conservation du patrimoine national, un inventaire des zones et objets protégeables sera entrepris en vue d'élaborer un plan pluriannuel d'ensemble pour sa protection et sa mise en valeur. Le projet de loi concernant la protection des sites et monuments nationaux sera finalisé.
Une attention particulière sera accordée au site du théâtre gallo-romain de Dalheim: un plan directeur de mise en valeur sera créé pour ce site exceptionnel.
5) Des études seront mises en chantier pour étudier la faisabilité et les conditions de réalisation de nouvelles infrastructures, telles les anciennes ardoisières de Haut-Martelange, le centre de documentation sur la lutte contre le feu ou encore un plan d’ensemble des travaux à entreprendre sur le patrimoine féodal, dont notamment le château de Vianden.
6) Dans le cadre de sa politique d'animation culturelle régionale et décentralisée, le Gouvernement fera l'inventaire de toutes les infrastructures culturelles, locales et régionales actuellement en place ou en planification pour garantir une utilisation optimale des ressources et un financement adéquat. Une nouvelle loi portant création du service d'animation culturelle régionale et établissant un programme quinquennal de l'infrastructure culturelle régionale sera préparée. Le Gouvernement continuera de garantir, comme par le passé, une participation de l’Etat aux infrastructures culturelles régionales et locales. A côté des aides à l'investissement, une aide ponctuelle pour les frais de fonctionnement des cinémas de province sera envisagée.
7) Pour garantir une meilleure diffusion de la société de la connaissance dans toutes les couches de la population, les communes et les régions ainsi que les lycées seront appelés à mettre en place, en synergie et en coordination avec la Bibliothèque nationale, des bibliothèques grand public dotées des meilleures techniques modernes de la communication.
Il sera élaboré un plan pluriannuel pour la restauration du patrimoine imprimé ou sous tout autre support, en collaboration avec les Archives nationales, la Bibliothèque nationale, le Centre national de l'Audiovisuel, le Centre national de Littérature. Par ailleurs, un projet de loi définissant les relations entre les Archives nationales et les services publics ainsi que les obligations de ces derniers en matière d’archivage sera préparé.
8) Pour garantir un meilleur accès de tous à la culture, le Gouvernement incitera les instituts culturels à se donner des horaires d'ouverture plus flexibles et à aller davantage à la rencontre de nouveaux publics, jeunes et moins jeunes, luxembourgeois et non-luxembourgeois. Des portes ouvertes, des cartes d'accès p.ex. à l'adresse des jeunes, des actions ciblées à l'attention de ceux qu'on appelle souvent les exclus de la société permettront de vaincre la peur de franchir le seuil de telles institutions. Des collaborations ciblées avec les écoles du pays, les services éducatifs des instituts culturels, des artistes et acteurs culturels permettront une sensibilisation à l'art, à la créativité et à la culture scientifique.
Enfin, le Gouvernement veillera à ce que tant les richesses que les infrastructures culturelles soient mises en valeur pour contribuer au développement touristique du pays.
9) Dans la limite des moyens budgétaires annuels, de nouvelles initiatives seront prises, sur base de critères déterminés, pour développer la créativité des artistes et acteurs culturels du Luxembourg. Le Gouvernement étudiera la mise en place d'une structure ayant pour objectif la promotion et la diffusion des oeuvres des créateurs.
Au niveau international, le Gouvernement continuera sa politique de mise en valeur de ses artistes et acteurs culturels à l'étranger, notamment par des échanges et par des semaines culturelles organisées «à la carte» dans le cadre de nos ambassades à l'étranger.
Il sera créé auprès du Ministère de la Culture un guichet unique pour les artistes, auteurs, compositeurs, intermittents du spectacle pour les guider dans des domaines aussi variés que sont leur statut social, la TVA, les impôts, les droits d'auteur, les possibilités de reconversion, la durée du travail...
10) Le Gouvernement lancera de nouvelles initiatives visant à associer les partenaires du monde privé et de l'industrie au monde culturel: le Fonds culturel national sera réorganisé et pourra s'appuyer sur de nouveaux mécanismes de financement de la culture.
Enseignement supérieur, recherche et innovation
L’effort de recherche
Le Gouvernement continuera à faire des efforts particuliers en vue de développer les capacités scientifiques et technologiques au sein de l’Université et des Centres de recherche publics, en collaboration avec le secteur privé.
La recherche constitue l’un des principaux moteurs d’une économie compétitive basée sur le savoir et les connaissances. La compétitivité de l’économie nationale est à son tour un élément-clef de l’attrait du site luxembourgeois pour de nouvelles activités économiques importantes, notamment dans des secteurs de pointe.
Dans le contexte de la poursuite des objectifs établis par le Sommet Européen de Barcelone et en vue de promouvoir et d’encourager la recherche et l’innovation, le Gouvernement prévoit de porter à terme l’investissement public relatif à la R&D à 1% du Produit intérieur brut, tout en veillant à maximiser l’efficacité des dépenses consacrées aussi bien à la recherche fondamentale qu’à la recherche appliquée.
La création de centres d’excellence
L’efficacité et l’attrait des activités de l’Université et des centres de recherche publics dépendent de la concentration des moyens sur un nombre limité de domaines de pointe. La mise en œuvre d’une programmation pluriannuelle de la R&D publique sera poursuivie avec l’assistance du Fonds National de la Recherche et en concertation avec le monde scientifique et économique. La concentration de l’effort national de R&D sur un nombre limité de thèmes à potentiel évident, de retombée nationale et à rayonnement international contribuera par ailleurs, dans le cadre d’une approche de partenariat public-privé, à l’établissement de véritables centres d’excellence scientifique et technologique.
Les activités de recherche seront soumises à une évaluation interne et externe.
La Cité des Sciences
Le Gouvernement réitère sa volonté de construire la Cité des Sciences, de la Recherche et de l’Innovation sur la terrasse des hauts-fourneaux de la friche Belval-Ouest. Cette Cité regroupera les activités de la Faculté des Sciences, de la Technologie et de la Communication ainsi que les activités de différents centres de recherche publics avec pour objectif la création d’un campus technologique. Dans le cadre du développement des activités de la Cité des Sciences, il pourra être fait appel à des investisseurs publics et privés et l’implantation de cellules d’universités étrangères de renom sera encouragée. Les liens entre les mondes économique et académique national et étranger seront ainsi renforcés.
Les synergies entre l’Université du Luxembourg et les Centres de recherche publics
Ces synergies seront réalisées, d’une part, par la concertation au niveau des programmes de recherche et, d’autre part, en favorisant la mobilité du personnel enseignant et celle des activités des étudiants entre l’Université du Luxembourg et les Centres de recherche publics. Les formations universitaires luxembourgeoises de type Master ou doctorat ainsi que les masters professionnels internationaux en formation continue seront supervisés directement par l’Université du Luxembourg.
L’Université et les centres de recherche publics au service de la compétitivité économique
Un espace d’enseignement supérieur et de recherche qui est dynamique et innovateur contribue à la compétitivité de l’économie nationale.
Pour que cet objectif soit atteint, la connaissance doit se propager de l’Université et des CRP vers le monde de l’entreprise et de la société et vice-versa. Ainsi, le Gouvernement favorisera les synergies entre l’Université, les CRP et les milieux économiques.
En matière de diffusion des connaissances, de transfert de technologies et d'assistance aux entreprises cherchant à accroître leur compétitivité technologique, l’action du Gouvernement continuera à s’appuyer sur les apports des Centres de recherche publics et de l’Université.
Conscient du fait que les PME innovantes ont une capacité particulière à traduire de nouvelles connaissances de façon efficiente en produits compétitifs, le Gouvernement veillera, dans le cadre d’un agenda commun d’innovation, à ce que ces entreprises disposent des ressources internes et externes indispensables pour accéder aux connaissances, aux technologies et autres moyens dont dépend leur démarche innovatrice.
Le Gouvernement encouragera ainsi la formation, autour de centres d’excellence, de grappes de connaissances comme milieu de culture pour les PME innovantes. L’action du Gouvernement visera par ailleurs à promouvoir l’esprit d’entreprise ainsi qu’à stimuler en particulier la création d’entreprises start-up et d’entreprises d’essaimage.
Les missions du Fonds National de la Recherche seront élargies dans ce sens. Il serait notamment souhaitable de permettre aux entreprises de participer aux programmes élaborés par le FNR et de veiller à ce qu’une véritable émulation entre les projets de recherche puisse avoir lieu.
Le caractère international
La recherche repose sur des réseaux qui ne connaissent pas de frontières. Le Gouvernement encouragera donc les collaborations scientifiques et la mobilité internationale des chercheurs. Il encouragera en particulier la participation accrue d’acteurs luxembourgeois à des programmes et initiatives de coopération scientifique et technologique au niveau européen voire international.
En vue de valoriser l’adhésion récente à l’Agence Spatiale Européenne, le Gouvernement veillera à la coordination efficace des relations avec cette Agence ainsi qu’à la mise en oeuvre d’un plan d’action national en matière de sciences et technologies spatiales et aéronautiques.
L’Université du Luxembourg
Le Gouvernement veillera à ce que le développement de l’Université du Luxembourg réponde aux caractéristiques suivantes :
L’Université du Luxembourg est une université spécialisée alliant recherche et enseignement, de taille réduite et à rayonnement international.
Dans la définition de son profil, l’Université tient compte à la fois du contexte luxembourgeois et de la nécessité d’un positionnement international, notamment dans des réseaux stratégiques de qualité.
Le gouvernement donnera à l’Université les moyens nécessaires pour qu’elle puisse atteindre les objectifs définis dans le plan quadriannuel; la dotation de l’Université moyennant le budget de l’Etat comprendra un financement de base, un financement par objectifs et un financement lié au degré d’innovation. Par ailleurs, l’Université fera appel à un financement privé, y compris les contributions des étudiants selon des modalités à définir.
Les activités de l’Université seront soumises à une évaluation interne et externe, y compris par les étudiants.
Les initiatives en matière de « life-long learning » seront encouragées au niveau des 3ème cycles, y compris des formations à distance (« e-learning »). Ces formations seront organisées en intégrant les initiatives existantes dans le domaine des finances, du droit, de la gestion et en développant des formations continues correspondant à une demande des particuliers et des entreprises.
Parmi les grands axes, le Gouvernement encouragera également la recherche sur l’identité du pays, sur la société luxembourgeoise, les flux migratoires, l’intégration ainsi que sur la langue et le système de langues pratiqué au Luxembourg, ceci pour disposer d’instruments permettant de promouvoir la cohésion sociale.
La première mise en œuvre de l’Université sera accompagnée d’une phase d’observation du dispositif législatif qui pourra, si nécessaire, être adapté.
Les programmes spéciaux : la formation des personnels de l’enseignement primaire et le stage pédagogique des personnels de l’enseignement secondaire et secondaire technique
Pour ce qui est de ces programmes spéciaux de formation, l’Université est appelée à proposer une réforme des programmes actuels, et ce en tenant compte des évolutions européennes à ce sujet et en veillant à ce que ces formations professionnelles retiennent d’importantes plages de formation sur le terrain.
La formation des enseignants de l’enseignement primaire et de l’enseignement post-primaire sera revue à la vue des besoins exprimés par les différents ordres d’enseignement en tenant compte des nouveaux défis auxquels l’école doit répondre ainsi que des orientations pédagogiques contenues dans le programme gouvernemental. L’Université sera encouragée à mener des recherches dans le domaine de l’éducation.
Dans la mise en œuvre du stage pédagogique des personnels de l’enseignement secondaire et secondaire technique, les relations avec les écoles ou les lycées formateurs seront mises sur une base contractuelle.
La formation à l’éducateur gradué sera adaptée aux exigences sectorielles et européennes.
Les formations courtes
L’offre des formations courtes du type BTS pourra être étoffée en fonction des besoins de l’économie nationale.
La reconnaissance des titres académiques étrangers
Les lois sur l’homologation et l’inscription dans le registre des titres seront adaptées.
Le développement des ressources humaines
Le Gouvernement procédera à la clarification du statut de l’étudiant dans les domaines des clauses d’entrée et de résidence sur le territoire, de couverture sociale et de droit au travail. En outre, il sera créé un statut pour les chercheurs qui préparent une thèse de doctorat associant contrat de stage, bourse, poste de chercheur et charge d’encadrement universitaire.
Afin de favoriser la mobilité des étudiants et des chercheurs, l’Université sera invitée à créer un « mobility center » chargé de coordonner les démarches administratives ayant trait aux conditions d’entrée, de séjour et de travail sur le territoire luxembourgeois.
La mobilité des chercheurs entre le milieu de la recherche publique et le secteur privé sera stimulée.
Le logement étudiant
Le Gouvernement veillera à la mise à disposition de logements pour étudiants par le biais d’initiatives publiques et privées.
Les sites universitaires
A côté du site de la Cité des Sciences à Belval-Ouest, le Gouvernement s’efforcera, dans un souci d’optimisation des ressources, de rassembler à moyen terme sur un site unique, situé sur le territoire de la Ville de Luxembourg, la Faculté de Droit, d’Economie et de Finance ainsi que la Faculté des Lettres, des Sciences humaines, des Arts et des Sciences de l’éducation.
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