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Afin d’améliorer la qualité de vie de la population luxembourgeoise et d’obtenir un gain de confort et de sécurité pour tous les usagers, le Gouvernement entend prioritairement
combattre avec fermeté le fléau des accidents de la route en renforçant de manière substantielle les mesures et actions en faveur de la sécurité routière ;
assurer un développement des infrastructures et une réorganisation des transports sur base d’un concept intégré qui permet d’atteindre un taux de répartition des déplacements transport en commun/trafic individuel motorisé de 25/75% et de répondre parallèlement à un trafic individuel motorisé majoré de 30% d’ici l’an 2020.
L’amélioration de la sécurité routière
La lutte contre les accidents routiers, qui entraînent un gâchis et des malheurs humains inadmissibles, constituera une priorité absolue. En vue d’améliorer la sécurité sur les routes, le Gouvernement mettra l’accent tant sur la prévention que sur la répression.
En matière de prévention, le Gouvernement entend continuer sur la voie des campagnes publicitaires pour sensibiliser les usagers de la route, dont notamment les jeunes conducteurs. Des initiatives comme le « Late Night Bus » seront encouragées et développées. La formation des conducteurs fera l’objet d’une révision en vue d’accorder plus d’importance aux comportements susceptibles d’améliorer la sécurité routière et des cours de recyclage seront mis en place. Parallèlement, des audits de sécurité et de signalisation seront réalisés afin de déceler et en vue de sécuriser les passages routiers dangereux.
En matière de répression, le Gouvernement combattra prioritairement la vitesse excessive, voire non-adaptée, qui se situe de loin en tête des facteurs générateurs des accidents mortels sur les routes du Grand-Duché, surtout si elle s’associe à un comportement agressif et à la consommation d’alcool et de drogues. Aussi est-il prévu d’installer des radars automatiques sur notre réseau routier, entre autres par l’extension du centre de contrôle du trafic et notamment à des endroits réputés dangereux où la visibilité est particulièrement mauvaise. Le Gouvernement veillera dans ce contexte au respect des préceptes de la protection de la vie privée, mais également à une application cohérente et conséquente du dispositif de sanctions en place. Il développera un système de peines alternatives comprenant entre autres des stages de réhabilitation.
La gestion du trafic : adapter l’offre des transports publics aux besoins de mobilité
Le Gouvernement accordera dans le contexte de la gestion du trafic une priorité à l’établissement du Plan Sectoriel Transports (PST) qui est à mettre au point suite à l’élaboration du concept intégré des transports et du développement spatial (IVL), dans le cadre du programme directeur d’aménagement du territoire.
Afin d’adapter au mieux l’offre des transports publics aux besoins de mobilité, un effort particulier sera réservé au développement de l’infrastructure ferroviaire sur base de l’intersection des projets saillants tant du projet BTB issu de l’étude « Luxtrafic » que du papier stratégique « mobilitéit.lu ».
En conséquence, le réseau ferré en place, qui forme l’épine dorsale du système d’organisation des transports publics, sera prioritairement complété par les projets suivants :
mise à double voie intégrale de la ligne ferrée de Pétange à Luxembourg ;
réalisation du raccordement ferroviaire par trains-trams de la ligne du Nord (Gare Centrale/Gare périphérique Dommeldange) au Kirchberg et à l’Aérogare (Findel) ;
construction d’un nouveau viaduc « Pulvermühle ».
Sur base de l’évolution des besoins de mobilité sur le territoire de la capitale et de sa périphérie, le Gouvernement fera étudier la faisabilité d’autres extensions du réseau ferré destinées en particulier à connecter les polycentres d’habitation et d’activités existants et projetés. Le concept train-tram assurera l’interopérabilité entre le réseau ferré en place et ses extensions futures par des infrastructures légères vers le centre, voire l’ouest et le sud-ouest de la Ville de Luxembourg.
Le Gouvernement fera en outre progresser les autres projets ferroviaires, en l’occurrence les investissements prévus dans le cadre de la reconversion des friches industrielles du site Belval, tout en réexaminant les priorités en fonction des disponibilités budgétaires.
Les raccordements ferroviaires internationaux doivent assurer de bonnes connexions aux axes majeures des réseaux transeuropéens du chemin de fer. L’intérêt luxembourgeois consiste avant tout dans le raccordement du Grand-Duché au TGV Est-Européen ainsi que dans l’amélioration des lignes visant l’interconnexion des trois villes sièges européennes Bruxelles, Strasbourg, Luxembourg (projet Eurocap Rail). Aussi le Gouvernement participera-t-il au financement de certains investissements qui se situent en-dehors du territoire grand-ducal. Par ailleurs, le Ministre des Transports sera chargé d’étudier l’opportunité d’une nouvelle liaison vers Saarbrücken, permettant la connexion du Luxembourg au Sud-Est de l’Europe.
La mobilité transfrontalière influe de façon substantielle sur l’économie luxembourgeoise et la qualité de vie. Le gouvernement développera une stratégie ciblée permettant de relever de façon substantielle le modal split au niveau du trafic transfrontalier.
Dans l’optique de la réalisation à l’horizon 2020 du modal split de 25% en faveur des transports en commun, le Gouvernement chargera le Ministre des Transports d’une étude en vue d’une simplification et d’une harmonisation accrue de la grille de tarification des différents prestataires de services de transport en commun.
Pour ce qui est de l’organisation de la gestion et de la coordination des transports publics ainsi que de l’autorité organisatrice de ces tâches, la loi du 29 juin 2004 portant sur les transports publics détermine les conditions-cadres nécessaires pour améliorer la mobilité au Luxembourg. Les modalités d’exécution ainsi que la détermination exacte des missions et de la composition de l’autorité organisatrice de ces tâches feront l’objet d’une révision en vue d’une organisation commune des différents réseaux d’exploitation, respectueuse du principe de codécision entre instances responsables.
Le développement de la SNCFL
La vulnérabilité des CFL dans le secteur du trafic ferroviaire des marchandises risque d’hypothéquer les activités futures de la société nationale dans ce domaine, notamment au vu de la libéralisation du fret ferroviaire international telle que proposée par la Commission Européenne et adoptée en avril 2004 dans le cadre du second paquet ferroviaire. Ceci d’autant plus que la Commission Européenne se propose d’ouvrir à la concurrence les transports internationaux de passagers au sein de l’Union européenne à partir du 1er janvier 2010 (3e paquet ferroviaire).
Avant de s’engager dans une nouvelle phase de libéralisation, telle que prévue par le 3e paquet ferroviaire, le Gouvernement oeuvrera à obtenir des instances européennes une évaluation sur les répercussions économiques, sociales et environnementales de la politique de libéralisation menée jusqu’ici.
Le Gouvernement entend relancer le dialogue social propre au modèle dit luxembourgeois par l’organisation d’une « Tripartite Ferroviaire ». Celle-ci sera appelée à proposer des orientations et des mesures qui permettront aux CFL de s’assurer la viabilité et la compétitivité nécessaires, notamment dans le domaine du fret, tout en préservant le statut et les rémunérations propres aux agents actuels et en définissant la voie à suivre pour les agents futurs des CFL.
Par ailleurs, le Gouvernement envisage de reconduire tous les contrats de services publics existants, y inclus le contrat de gestion de l’infrastructure ferroviaire. Les moyens financiers mis à disposition par le biais du Fonds du rail pour l’entretien constructif du réseau et du matériel roulant sauront suffire aux exigences de la sécurité, de l’attractivité et de la ponctualité du transport par rails.
La modernisation de l’infrastructure aéroportuaire
L’aéroport de Luxembourg joue un rôle économique important aussi bien au niveau du transport de passagers qu’au niveau du fret. L’aérogare risque de perdre son 1er rang dans la Grande Région en matière de trafic passagers. En effet, son rôle s’est affaibli davantage face au développement continu des aéroports concurrents dont l’offre de dessertes ne cesse d’augmenter, suite notamment à l’extension de leurs réseaux dans le créneau des compagnies à bas coûts.
Dans le domaine passagers, le Gouvernement accorde donc une première priorité à l’exécution rapide des travaux de modernisation de l’infrastructure terminale, qui comporte la construction d’une nouvelle aérogare dotée de passerelles d’embarquement modernes ainsi que d’un parking souterrain pour voitures raccordé directement à l’aérogare.
Dans l’esprit de préserver la qualité de vie des riverains de l’aéroport, le Gouvernement maintiendra le principe de l’interdiction des vols de nuit et veillera au respect des trajectoires les moins bruyants lors des phases d’approche et de décollage des aéronefs. Il s’agira de concilier les intérêts des riverains et les intérêts économiques, notamment par la mise en place d’un mécanisme de concertation entre les parties directement concernées.
Dans un premier temps, le plan d’occupation du Sol « Aéroport et environs » devra être finalisé et les études relatives aux incidences environnementales (commodo-incommodo) seront entamées.
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