I. Classes moyennes
Le secteur des Classes Moyennes constitue un pilier important de l’économie luxembourgeoise. Il englobe environ 17.000 entreprises artisanales et commerciales y compris le secteur Horeca, ainsi que certaines professions libérales. Le secteur emploie environ 150.000 personnes, soit un peu plus de quarante pour cent de l’emploi intérieur. Au cours des dix dernières années, il a créé plus de 40.000 emplois nouveaux supplémentaires.
Partant, les entreprises du secteur des classes moyennes contribuent efficacement à la consolidation de notre tissu économique ainsi qu’à l’expansion du marché de l’emploi et assurent également une part essentielle de la formation professionnelle de notre jeunesse.
1. Politique générale
Le Gouvernement est pleinement conscient de l’importance que revêtent les PME tant sur le plan économique que social et l’apprécie à sa juste valeur tout en se rendant compte des problèmes spécifiques auxquels sont confrontées les entreprises du secteur. C’est pourquoi il est décidé à poursuivre une politique d’encouragement des Classes Moyennes permettant de consolider l’emploi et de renforcer la compétitivité de nos entreprises dans un contexte de concurrence accrue.
Pour améliorer davantage l’environnement des PME, le Gouvernement réalisera dans les meilleurs délais le nouveau Plan d’Action en faveur des PME qui a été élaboré de concert avec les milieux professionnels.
Le Gouvernement entend poursuivre une politique active de promotion de l’esprit d’entreprendre surtout auprès de la jeune génération et auprès des femmes. Sont à citer dans ce contexte les initiatives existantes "trau dech" et les initiatives dans les écoles comme par exemple les "mini-entreprises".
Le Gouvernement analysera la situation des indépendants et envisage de créer un vrai statut du dirigeant d’entreprise.
Pour améliorer la représentation des professions libérales dans le processus législatif et réglementaire les concernant, le Gouvernement prévoit d’étendre le processus de consultation préalable aux représentants des professions libérales.
2. Financement des entreprises
Dans le cadre du financement des entreprises, la SNCI continuera à jouer un rôle éminent et facilitera par le biais de sa panoplie d’instruments la création et le développement des PME. Ces instruments seront continuellement adaptés aux besoins des entreprises et au développement de l’économie.
Les régimes d’aide étatiques seront régulièrement adaptés à l’encadrement communautaire. Cette adaptation servira non seulement à maintenir mais encore à promouvoir la compétitivité des petites et moyennes entreprises luxembourgeoises.
L’accès à la recherche et au développement de produits sera facilité aux PME par un régime R&D qui vise également l’innovation et la recherche dans le domaine des éco-technologies. Le Gouvernement continuera par ailleurs à accompagner et à encourager les efforts des PME dans ce domaine par une politique d’information, de consultation et de stimulation.
En ce qui concerne le financement des investissements en faveur de la protection de l’environnement et des économies d’énergie, le cadre général des régimes d’aides en faveur des classes moyennes soutiendra les efforts consentis par les entreprises en la matière. Il favorisera le recours aux éco-technologies et aidera à développer les entreprises du secteur des éco-technologies. Par ailleurs, il aidera à la création de nouvelles entreprises dans ce secteur et incitera les entreprises existantes à s’orienter vers ces nouveaux marchés.
3. Compétitivité des entreprises
Le Gouvernement maintiendra le niveau d’imposition directe et indirecte ainsi que les charges sociales à un niveau compétitif par rapport à nos pays voisins.
Afin d'amortir l'impact de la crise économique actuelle et pour préparer le pays à la sortie de la crise, le Gouvernement maintiendra un niveau élevé d’investissements publics pour les années 2009 et 2010, notamment par le biais de la construction d’infrastructures publiques ainsi que par sa politique du logement. Ceci contribuera au développement économique des PME et plus particulièrement des entreprises artisanales. En fonction de la situation budgétaire, le Gouvernement maintiendra, également pour les années 2011-2014, un niveau élevé d’investissements publics.
Afin de permettre l’implantation de PME artisanales et commerciales au Grand-Duché, le Gouvernement, par le biais du nouveau plan sectoriel "Zones d’activités économiques", réservera les surfaces nécessaires à l’implantation des activités économiques prévues à l’horizon 2020, voir 2030. Pour mieux tenir compte des spécificités des PME lors de l’implantation dans une zone d’activité, une représentation adéquate des intérêts des PME au sein des instances compétentes sera pratiquée.
Pour mieux accompagner les entrepreneurs qui sont confrontés à des choix difficiles lors de la création et du développement de leur entreprise, le Gouvernement facilitera le recours aux services des experts/consultants (coaching) aux créateurs d’entreprises.
4. Compétitivité du commerce de détail
La fixation des heures d’ouverture du commerce de détail tiendra compte des exigences de la population et de l’évolution de la situation de concurrence dans la Grande Région, ceci sans préjudice des dispositions légales en matière de droit du travail. Les ouvertures dominicales ne seront pas généralisées. Il est envisagé de prolonger les heures d'ouverture les samedis de 18 à 20 heures. Les modalités de cette adaptation des heures d’ouverture seront discutées avec les partenaires sociaux.
Le jour de fermeture hebdomadaire dans les stations de vente de carburants et de lubrifiants pour véhicules automoteurs sera aboli.
Dans le but d’assurer l’équilibre entre activité commerciale des centres villes et des grandes surfaces périphériques, le Gouvernement soutiendra des initiatives locales visant à renforcer le dynamisme et la compétitivité du commerce urbain et de proximité.
Pour soutenir le commerce de détail mais également le secteur de la restauration ainsi qu’une partie de l’artisanat, le Gouvernement a lancé en 2007 une campagne dont l’objectif consiste à faire du Luxembourg un pôle du commerce de la Grande Région. Il est prévu de réaliser cet objectif par le biais de mesures promouvant la formation continue, des études permettant de cerner le comportement des consommateurs ainsi que des campagnes de communication ambitieuses. De premiers résultats prometteurs ont pu être atteints, en particulier par l’intermédiaire de campagnes de publicité dans les régions transfrontalières, adaptées aux particularités consuméristes des diverses populations. Le Gouvernement continuera à apporter son soutien à ce programme.
II. Tourisme
Le secteur du tourisme est devenu un créneau essentiel de l’économie luxembourgeoise. Le Gouvernement est conscient de l’importance que revêt le tourisme tant sur le plan économique qu’au niveau de l’emploi.
Dans l’optique d’une diversification de l’économie luxembourgeoise et de la création d’une image de marque de notre pays, le secteur du tourisme est à développer.
1. Politique générale
"Qualité de vie et qualité du tourisme", voilà le Leitmotiv qui sous-tend le concept stratégique global sur lequel s’appuie notre politique en matière de développement futur du tourisme luxembourgeois. Elle est l’expression de la volonté d’envisager l’avenir touristique dans la double perspective d’une consolidation et d’une amélioration qualitative des conditions de vie de la population ainsi que d’une philosophie du produit et de l’offre touristique prenant résolument appui sur le critère essentiel de la qualité et du respect de l’environnement.
La concrétisation de cette vision nécessite une offensive ciblée en vue du développement d’un petit nombre de segments à potentiel de croissance élevé que sont le tourisme de congrès et d’affaires, le tourisme culturel, le tourisme en milieu rural et le tourisme interne.
Dans le cadre des quatre segments à développer, le Gouvernement concentrera ses efforts davantage
- sur la promotion touristique au niveau national,
- sur l’élaboration de produits touristiques attractifs au niveau régional,
- sur le développement de projets d’infrastructures touristiques dans le cadre des programmes quinquennaux successifs.
2. Tourisme de congrès
L’action du Gouvernement vise à intensifier le tourisme de congrès, de séminaires et de voyages de motivation dans l’offre touristique. Gastronomie, culture et nature sont les éléments qui permettent de valoriser le tourisme de congrès non seulement dans la capitale mais également dans le reste du pays.
3. Développement durable
Le Gouvernement est conscient de ce que le label écologique constitue un élément essentiel du concept stratégique global du Ministère du Tourisme qui préconise l’amélioration, la rationalisation et la promotion de différents types d’hébergement d’une part et une meilleure protection de l’environnement naturel d’autre part. Le Gouvernement entend développer la promotion de ce label écologique.
Dans le cadre des parcs naturels actuels et futurs, le Gouvernement entend promouvoir un tourisme de qualité dans le respect de l’environnement.
Le Gouvernement entend profiter de l’initiative communautaire LEADER (Liaison entre actions de développement de l'économie rurale) - dont la vocation est de soutenir des projets de développement rural exemplaires initiés par des acteurs locaux, dans tous les secteurs d'activité du milieu rural, afin de revitaliser les zones rurales et de créer des emplois – pour soutenir toutes initiatives visant la création de nouveaux produits touristiques régionaux d’une part et le développement d’initiatives ou de structures touristiques existantes d’autre part.
4. Labels de qualité
Conscient de l’importance de la qualité du service dans l’industrie touristique, le Gouvernement continuera à développer tant le label de qualité du service "Service Qualitéit Lëtzebuerg" que celui de "Bureau d’information touristique reconnu".
Dans le souci de promouvoir une image de marque positive de notre hôtellerie et de l’hôtellerie en plein air, le Gouvernement procédera à une réforme du système actuel de classification Benelux.
5. Offices du tourisme
a. au niveau régional
Parallèlement à la création de nouveaux produits touristiques innovateurs, qui apportent une plus-value à l’offre touristique existante et répondent aux besoins des clients, le tourisme luxembourgeois a besoin d’une organisation régionale professionnelle responsable.
Les syndicats d’initiative qui continuent à constituer l’épine dorsale de notre tourisme dans le futur seront encouragés à conjuguer leurs efforts tout en les encadrant par un personnel professionnel performant, capable d’assurer l’information, l’accueil et l’animation touristiques sur le terrain.
Le renforcement de la structure régionale en général et la création d’agences touristiques performantes en particulier constituent des mesures clés et prioritaires dans le cadre de la réorganisation de la structure touristique luxembourgeoise.
Le Gouvernement continuera non seulement à développer les structures touristiques régionales mais favorisera également, à travers la concrétisation de projets communs et une concertation régulière, la coopération et le partenariat entre ces structures et les partenaires privés.
b. au niveau national
Si les Offices régionaux du tourisme devront se concentrer davantage sur une meilleure visibilité de l’offre touristique régionale existante, il sera nécessaire de continuer à promouvoir une image de marque touristique forte et moderne du Grand -Duché de Luxembourg au niveau national.
A cet effet, le Gouvernement misera davantage sur l’utilisation de nouvelles technologies.
6. Grande Région
Le Gouvernement est conscient que la compétitivité du tourisme dans la Grande Région ne peut et ne doit pas se baser sur une stratégie de bas prix; au contraire, les meilleures opportunités résident dans la qualité de notre offre touristique et dans le développement de produits novateurs. C’est précisément à ce niveau que le Gouvernement entend soutenir la création de produits touristiques transfrontaliers, comme par exemple les itinéraires transfrontaliers du patrimoine mondial de l’UNESCO, permettant ainsi d’ajouter une plus-value aux produits touristiques nationaux en place. Le tourisme et la culture constituent en effet des éléments constitutifs d’une identité commune de la Grande Région.
Par ailleurs, il y a lieu de profiter au maximum des effets dégagés par l’année culturelle pour promouvoir d’un point de vue touristique tant les infrastructures que les manifestations et activités culturelles.
7. 9e Programme quinquennal (2013 – 2017)
L’attrait d’une destination touristique dépend dans une large mesure de la qualité de ses infrastructures et notamment de ses installations hôtelières. Grâce aux aides accordées dans le cadre des différents programmes quinquennaux, l’offre infrastructurelle touristique luxembourgeoise et le degré d’équipement de nos établissements touristiques ont atteint un niveau de qualité international.
Le tourisme est un secteur économique aux perspectives d'avenir prometteuses capable d'apporter une contribution non négligeable à la diversification de notre économie et au développement de notre marché de l'emploi.
Le tourisme luxembourgeois, s'il veut conserver sa part de marché, doit mettre en évidence ses points forts, dont qualité de l’offre infrastructurelle en général ainsi que le confort et l'équipement de l'hébergement en particulier.
Le Gouvernement entend dès lors mener une politique d'encouragement à tous les niveaux d'investissements dans des projets touristiques.
8. Commission nationale du Tourisme
Le Gouvernement, ensemble avec les différents acteurs touristiques concernés, continuera davantage à structurer le dialogue et à initier des débats sur des sujets touristiques d’actualité.
Ce dialogue se fera au sein d’une Commission nationale du Tourisme dans laquelle tous les acteurs touristiques seront représentés. La mission de celle-ci sera de conseiller le Gouvernement sur des sujets touristiques, cela sur base de propositions élaborés dans des groupes de travail sectoriels ad hoc.
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