I. Enseignement supérieur
Au vu de l’évolution démographique du pays avec sa population multiculturelle d’une part, et au vu des changements économiques nécessaires suite à l’actuelle crise d’autre part, l’enseignement supérieur, avec sa double mission d’enseignement et de recherche, est appelé à contribuer au renforcement de la cohésion sociale ainsi qu’à l’essor économique du pays.
Dans la mesure où l’accès à l’enseignement supérieur constitue à la fois un enrichissement personnel et une chance de promotion sociale, l’enseignement supérieur contribuera à l’objectif général du Gouvernement d’accroître le pourcentage de diplômés de l’enseignement supérieur. A cette fin, l’offre des formations sera étendue, notamment au niveau du brevet de technicien supérieur; les nouvelles perspectives ouvertes grâce à la loi du 19 juin 2009 sur l’enseignement supérieur, notamment l’implication des milieux professionnels dans la définition des objectifs de formation, permettront d’élargir et d’étoffer l’offre. La poursuite de cet objectif sera accompagnée par la collecte de données fiables et pertinentes.
Par ailleurs, l’apprentissage tout au long de la vie contribuera à relever le niveau des compétences requises dans une société post-industrielle. Le Gouvernement veillera à ce que le prochain contrat de développement signé avec l’Université du Luxembourg mette un accent fort sur la formation continue et donc également sur la mise en œuvre des principes de la validation des acquis et de l’expérience tels que stipulés dans la loi sur l’Université.
Dans un souci d’accroître l’employabilité des personnes et leur mobilité, la reconnaissance des diplômes sera facilitée et restructurée, et ce avec le souci d’une plus grande transparence.
S’agissant de la mission de recherche, le Gouvernement veillera à ce que l’Université concentre les moyens sur un nombre restreint de priorités ayant un fort potentiel de développement et à ce que la recherche enrichisse l’enseignement prodigué à l’Université. Par ailleurs, l’Université sera appelée à miser davantage sur une approche interdisciplinaire lui permettant de mieux répondre aux défis sociétaux. Cependant, les dispositions retenues dans le prochain contrat de développement seront telles que l’Université sera à même de répondre de façon flexible et créative aux opportunités qui pourront se présenter à moyen terme. Ainsi, un recrutement de scientifiques de haut niveau véritablement international à tous les niveaux est essentiel en vue de développer une éclosion intellectuelle endogène, à côté du recours à des compétences externes du Luxembourg. Par ailleurs, il sera veillé à un juste équilibre entre les activités de recherche à fort potentiel d’innovation et les sciences humaines, ces dernières devant être appelées à jouer un rôle important dans la vie culturelle du pays.
Conformément aux conclusions tirées par le rapport des évaluateurs externes de l’Université, exercice d’évaluation qui sera reconduit à l’échéance 2013 avec un rapport intermédiaire en 2011, il s’est avéré que le système de gouvernance de l’Université avec un conseil de gouvernance et un rectorat forts ont permis l’essor de l’Université. Cependant, la participation et la communication interne de l’Université devront être développées. Ceci vaut également pour les efforts de structuration des étudiants au sein de l’Université.
Afin de garantir le développement durable de l’Université, l’autonomie de cette dernière sera renforcée. Ceci vaut particulièrement pour le domaine de l’enseignement dont le degré d’autonomie sera étendu en fonction des modifications nécessaires de la Constitution.
Pour ce qui est du programme spécifique de la formation des enseignants de l’enseignement fondamental, les recommandations émises par les évaluateurs externes seront mises en œuvre et la formation sera revue, et par rapport au profil de l’enseignant élaboré par l’autorité compétente et par rapport aux besoins des étudiants et des écoles en conciliant théorie et pratique. L’Université proposera une formation spécifique débouchant sur l’obtention d’un master et incluant une formation spécifique disciplinaire et pédagogique en vue de l’enseignement secondaire. Les étudiants se destinant à l’enseignement de l’allemand, de l’anglais et du français auront été en mobilité dans un pays où la langue à enseigner est langue officielle pendant au moins 4 semestres.
Pour ce qui est de la maîtrise foncière, l’Université deviendra propriétaire de son patrimoine et en assurera la gestion au sein d’une nouvelle fondation.
Afin de garantir le développement de l’Université et des centres de recherche publics ainsi que dans le souci d’une plus forte synergie entre leurs activités, synergie qui sera promue par le rapprochement géographique au sein de la « Cité des Sciences » de Belval, celle-ci sera inaugurée dans les délais impartis.
Le site de Belval sera consolidé par l’implantation sur ce site des formations et des activités de recherche en économie ainsi que des services du décanat de la Faculté de Droit, d’Economie et de Finance de l’Université du Luxembourg.
Pour des raisons de proximité avec la place financière et les institutions judiciaires luxembourgeoises et européennes et en vue de pérenniser le site de la capitale, le centre de compétences spécialisé pour les domaines du droit et des finances sera localisé à Luxembourg-Ville y inclus les services de support nécessaires à son fonctionnement.
Dans le respect des principes énoncés ci-avant, l’Université du Luxembourg décidera, en toute autonomie, de l’organisation de ce centre de compétences et déterminera pour son fonctionnement le bon usage des facilités tant à Belval qu’à Luxembourg dans un souci d’économie et d’efficacité.
Par ailleurs, le Gouvernement continuera ses efforts en faveur de la création de logements à loyer modéré pour étudiants et chercheurs « mobiles ». Cela se fera de façon décentralisée et le Gouvernement veillera à ce que l’offre corresponde à 20% des étudiants inscrits à l’Université.
II. Recherche publique
1. Développement des capacités scientifiques et technologiques
Le Gouvernement continuera sa politique visant le développement soutenu des capacités scientifiques et technologiques au sein de l’Université et des centres de recherche publics, en collaboration avec le secteur privé.
Dans la ligne des objectifs définis par le Plan national pour l’Innovation et le Plein Emploi et considérant le rôle moteur que jouent la recherche et l’innovation en faveur d’une économie compétitive basée sur le savoir et les connaissances, le Gouvernement prévoit de porter à terme l’investissement public relatif à la recherche à 1% du Produit Intérieur Brut, tout en veillant à maximiser l’efficacité des dépenses consacrées et l’efficience de l’action engagée, dans une démarche d’évolution qui tiendra compte notamment de la capacité absorptive du dispositif national.
L’action gouvernementale, préparée avec l’assistance du Comité supérieur de la Recherche et de l’Innovation et en concertation avec le monde scientifique et économique ainsi que la société civile, se fondera sur une programmation continue (moyennant conventions pluriannuelles). Elle sera mise en œuvre avec l’assistance du Fonds National de la Recherche (FNR) et de Luxinnovation. Elle concernera à la fois la recherche à finalité économique et la recherche à finalité sociale.
2. « Triangle de la connaissance » au service de la compétitivité
Pour relancer la croissance économique à long terme, il faut accorder une importance accrue aux activités et investissements immatériels. Dans ce contexte, l’action gouvernementale s’inscrira résolument dans le cadre du concept du « triangle de la connaissance » visant à renforcer le potentiel des acteurs à produire des connaissances par la recherche, à les diffuser par l’enseignement supérieur et à les appliquer grâce à l’innovation ; sa mise en œuvre requiert donc une coordination étroite et performante entre enseignement supérieur, recherche et innovation.
A cet égard, le Gouvernement vise un renforcement des efforts de synergie entre l’Université du Luxembourg et les établissements publics de recherche réalisés, d’une part, par la concertation au niveau des domaines et activités de recherche et, d’autre part, en favorisant la mobilité du personnel enseignant et des chercheurs. Ces efforts seront utilement complétés par d’autres initiatives de synergie, qui porteront notamment sur la création de plateformes d’instrumentation scientifique communes, la mise en œuvre de projets conjoints de coopération internationale mettant en exergue les aspects interdisciplinaires, ainsi que la création d’une structure commune de transfert des connaissances et de gestion de la propriété intellectuelle. Ces efforts de synergie seront catalysés par la concentration des activités au sein de la Cité des Sciences, de la Recherche et de l’Innovation, avec pour objectif la création d’un véritable campus technologique favorisant également le partenariat public-privé.
Une telle approche comporte une vision et une gestion intégrée de l’ensemble des activités composant la chaîne de valeur de l’innovation, la valorisation des résultats des activités de recherche étant appelée à gagner en importance. La concentration de l’effort national de recherche, de développement technologique et d’innovation (RDI) sur un nombre limité de thèmes à potentiel évident, de retombée nationale et à rayonnement international contribuera à l’impact effectif de cette politique.
Dans une approche visant la meilleure adéquation possible entre, d'une part, les besoins nationaux en matière de compétences scientifiques/technologiques à moyen et long terme et, d'autre part, les orientations futures de développement économique, le Gouvernement encouragera le développement de véritables centres de compétences, sur base d’un modèle de partenariat public-privé comportant l’association du secteur privé à la définition des missions et des agendas de RDI ainsi qu’à la gestion et au financement de ces centres de compétence. Cette approche s’appuiera, entre autres, sur l’acquis des travaux des grappes technologiques, dont l’encadrement sera renforcé en vue d'une plus grande efficacité et d'une meilleure structuration des travaux.
Dans l’optique de la création de nouvelles activités économiques à haute valeur ajoutée, le Gouvernement appuiera l’esprit d’entreprise au sein des établissements publics et soutiendra leurs efforts de filialisation (sous forme de start-ups ou spin-offs). Le Gouvernement finalisera également le développement de capacités d’accueil de jeunes “start-up�? et la mise en place d’un encadrement adéquat.
Dans le souci de promouvoir une politique renforcée de RDI des administrations et services gouvernementaux, le Gouvernement encouragera les efforts y relatifs par la mise à disposition coordonnée de moyens budgétaires dédiés à cet effet, gérés avec l’assistance du Fonds national de la Recherche.
Afin d’en assurer l’impact et l’efficience, la politique de RDI ainsi que les activités développées dans ce cadre feront l’objet d’un monitoring continu et d’exercices d’évaluation périodique par des groupes d’experts internationaux indépendants ; cette approche inclura, si nécessaire, une révision de la législation ayant pour objet la RDI, en particulier celle visant des éléments de valorisation des activités de recherche susceptibles de contribuer aux efforts de relance économique.
3. Caractère international
Afin de générer les effets attendus, la recherche et l’innovation doivent reposer sur des réseaux qui ne connaissent pas de frontières. Le Gouvernement continuera donc à encourager les collaborations scientifiques et la mobilité des chercheurs dans l’objectif d’une plus forte intégration des acteurs luxembourgeois à des programmes et initiatives de coopération scientifique et technologique au niveau européen voire international, notamment par le biais d’un renforcement de coopérations bilatérales. Dans le même ordre d’idées le Gouvernement étudiera, avec les partenaires de la Grande Région, le potentiel d’une programmation scientifique conjointe.
Convaincu du potentiel d’un renforcement réciproque, le Gouvernement recherchera une meilleure synergie entre les politiques nationales de RDI et d’aide au développement.
Fort de l’acquis de la coopération avec l’Agence spatiale européenne, le Gouvernement poursuivra la mise en œuvre du plan d’action national en matière de sciences et technologies spatiales, notamment par le développement renforcé d’axes stratégiques en partenariat public-privé, visant entre autres à créer des applications, produits et services récurrents et à haute valeur ajoutée sur base des infrastructures satellitaires.
4. Développement des ressources humaines scientifiques
En vue de contribuer au développement des ressources humaines de provenance intérieure et afin d’attirer et de retenir les ressources humaines indispensables pour le développement de la RDI au Luxembourg, il importe de développer un environnement propice à l’essor de l’emploi scientifique et technologique permettant de promouvoir les perspectives de carrière et la mobilité, à la fois internationale et intersectorielle, des chercheurs. A cet égard, le Gouvernement mettra en œuvre un plan d’action se fondant sur les principes y relatifs énoncés par la Commission européenne et le Conseil (initiative Gago-Biltgen sur un partenariat européen pour améliorer l’attractivité des carrières de recherche et de développement technologique, ainsi que les conditions pour la mobilité des chercheurs en Europe). Dans ce contexte, l’action du Gouvernement visera notamment à promouvoir l’égalité d’accès des hommes et des femmes aux métiers scientifiques et techniques.
Dans le but d’une meilleure orientation, il encouragera la création d’une plateforme d’information commune - ouverte à l’Université, les centres de recherche publics et aux entreprises intéressées - sur les opportunités immédiates et les perspectives d’emploi scientifique et technologique au Luxembourg à moyen terme.
En outre, le Gouvernement continuera à promouvoir la sensibilisation des jeunes aux sciences et technologies et à encourager les actions de promotion de la culture scientifique en général.
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