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GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG
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Ministère de la Culture
de l'Enseignement supérieur
et de la Recherche
Comité du Patrimoine Mondial de l'Unesco,
Helsinki, le 12 décembre 2001
Intervention du Luxembourg
(1) Depuis l'inscription, en décembre 1994, de la "Ville de Luxembourg, anciens quartiers et fortifications", le Grand-Duché de Luxembourg a entièrement assumé son obligation, prévue par la Convention du Patrimoine mondial "d'assurer la protection, la mise en valeur et la transmission aux générations futures" de son site culturel.
Le Luxembourg a pratiqué depuis toujours une politique de dialogue avec l'Unesco: ces discussions ont, chaque fois, permis d'aboutir à des solutions qui ont su préserver le patrimoine, tout en créant de nouvelles infrastructures. J'en veux pour exemples:
le Musée d'Art Moderne Grand-Duc Jean, sur le plateau du Kirchberg, ensemble avec le Musée de la Forteresse, musées qui seront terminés en 2003;
les circuits culturels Wenceslas et Vauban qui racontent 1000 ans d'histoire du Luxembourg de façon vivante et didactique;
Je voudrais ajouter que nous avons réhabilité l'ancien couvent de femmes, ancienne prison de femmes en Musée national d'Histoire naturelle en 1994 et nous sommes en train de restaurer l'ancienne abbaye bénédictine de Neumünster, ancienne prison d'hommes, en Centre culturel de Rencontre. Comme quoi, au Luxembourg, les anciens lieux fermés deviennent des lieux ouverts, des lieux de rencontre. Depuis quatre ans, le Luxembourg héberge l'Institut européen des Itinéraires culturels du Conseil de l'Europe.
Le ministère de la Culture, ensemble avec son Service des Sites et Monuments nationaux, a mis en oeuvre une première loi-cadre sur la sauvegarde et la mise en valeur des fortifications en 1993; il prépare actuellement une seconde loi pour continuer et parachever ce travail.
(2) C'est dans le même esprit que, concernant le projet d'une cité judiciaire dans la zone tampon du site, le gouvernement luxembourgeois a considérablement modifié les plans initiaux de 1991, pour tenir compte e.a. des recommandations des experts de l'ICOMOS, recommandations que nous avons reçues en juillet de cette année.
Nous voudrions rappeler que le projet de construire une cité judiciaire pour rassembler en un endroit de la ville tous les corps de justice date de 1991. Ce sont notamment la cour supérieure de justice, le parquet général, le tribunal de la jeunesse et des tutelles, le service d'exécution des peines, la justice de paix, le tribunal d'arrondissement et le parquet de Luxembourg, le service central d'assistance sociale: tous ces services sont actuellement éparpillés dans différents endroits de la vieille ville. L'idée de la cité judiciaire est de les regrouper sur un site: les immeubles projetés continuent les espaces de la ville médiévale sous forme de rues et de places, tout en respectant l'échelle et la typologie de la vieille ville. Les nouveaux bâtiments continuent le langage architectural typique à la Ville de Luxembourg, tout en évitant les ruptures et contrastes que l'architecture moderne crée souvent dans nos vieilles villes.
La typologie architecturale choisie divise le palais de justice traditionnel et ses dépendances en de nombreux ilôts, hébergeant chacun une des fonctions de l'ensemble. Chaque immeuble est dessiné de façon différente ce qui a comme effet une grande variété dans le geste architectural permettant ainsi son intégration dans la vieille ville.
(3) Lorsque Luxembourg a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial, le plateau du Saint-Esprit sur lequel la cité judiciaire sera construite, a été inscrit, d'un commun accord entre le gouvernement luxembourgeois, la Ville de Luxembourg et l'Unesco, dans la zone tampon, prévue dès le début pour accueillir la cité judiciaire. La loi pour construire cette cité judiciaire a été votée le 6 avril 1999 avec 45 voix, 7 abstentions et aucune voix contre.
Néanmoins certaines voix se sont élevées et le gouvernement luxembourgeois, pour rester dans sa tradition de dialogue avec l'Unesco, a demandé, par courrier de la ministre de la Culture du 25 janvier 2001, de conseiller le gouvernement luxembourgeois dans ce dossier. Deux experts de l'Icomos se sont rendus les 29 et 30 mai derniers au Luxembourg et ont, chacun, rédigé un rapport, avec un certain nombre de recommandations et de questions. Ce rapport nous a été transmis le 16 juillet 2001.
Suite à ce rapport, un certain nombre de modifications ont été apportées au projet. Elles ont été présentées, le 16 octobre dernier, par la ministre de la Culture et les architectes au directeur du centre du patrimoine mondial au siège de l'Unesco à Paris. Suite à cette discussion très constructive, la Partie luxembourgeoise s'est engagée à travailler une seconde fois sur le projet et a présenté ses propositions de modification dans un dossier en français, le 31 octobre 2001, toujours au Centre du patrimoine mondial. Ce dossier a été transmis par le Représentant permanent du Luxembourg à tous les membres du bureau et du Comité dans la première moitié du mois de novembre. Nous avons apporté dans nos bagages aussi une version anglaise du dossier du 31 octobre. Parmi les modifications proposées, il faut relever que les autorités luxembourgeoises ont décidé de mettre à disposition de la cité judiciaire le grand bâtiment existant sur le site, l'ancien hôpital militaire qui abrite actuellement les Archives nationales. Cela permet de ne pas construire sur le lieu initialement prévu les bâtiments (A) (= Service central d'assistance sociale) et (E) (=Tribunal de la Jeunesse) et de tenir compte de l'évolution future des effectifs. L'inclusion du bâtiment (E) dans celui des Archives nationales ainsi que l'intégration du bâtiment (A) dans l'extension du bâtiment (K), permet de dégager l'aspect visuel du Plateau du St Esprit. Les Archives nationales seront transférées dans un nouveau bâtiment qui sera construit sur le site de la future cité des sciences, de la recherche et de l'Innovation à 18 km de la capitale.
Les fouilles entreprises sur le site ont permis de dégager les restes d'un ancien couvent et d'une ancienne église remontant au XIIIe siècle, détruits au XVIIIe. En vue de la réunion du bureau et du comité du mois de décembre, les architectes et les archéologues, ont proposé d'enlever une partie du parking prévu dans le premier projet et d'y aménager une crypte archéologique permettant au grand public une visite détaillée du site.
(4) Il s'ensuit de tout ce qui précède que le texte présenté aux délégués dans le document WHC-2001/ Conf. 208.10 est actuellement dépassé par le dossier d'information et de documentation présenté entretemps par le Luxembourg. La proposition de création d'une crypte archéologique qui ne figure pas encore dans le dossier du 31 octobre répond à la critique formulée, car il n'y a pas de meilleure façon de protéger et de mettre en valeur les vestiges que de les couvrir, au lieu de les laisser dépérir à l'air libre. Le Luxembourg estime donc qu'il n'existe plus aucune raison pour une "action ultérieure". Fidèle à sa politique de dialogue, il entend entamer le projet en concertation règulière avec l'Unesco.
Bien plus, le Luxembourg voudrait, par ce projet, présenter un exemple d'aménagement particulièrement respectueux du tissu urbain et de l'histoire de la ville de Luxembourg et de la nécessité de répondre à ses besoins de développement en pleine conformité avec la lettre et l'esprit de la Convention du patrimoine mondial.
Je vous remercie de votre attention.
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