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Le dimanche 27 janvier 2002, le Premier ministre Jean-Claude Juncker s'est rendu pour une visite officielle de cinq jours au Cap-Vert. Il est accompagné de M. Charles Goerens, ministre de la Coopération, de l'Action humanitaire et de la Défense.
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Ce dossier comprend:
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La journée du dimanche 27 janvier 2002
 Cap Vert - Ile de Sal - Aéroport International Amilcar Cabral - Accueil de MM. Juncker et Goerens par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Communautés Manuel Inocêncio Sousa. Photo: Tom Wagner / SIP
"Nous sommes très contents, Monsieur le Premier ministre, de votre présence dans notre pays. Le partenariat avec le Luxembourg est très important pour le Cap-Vert. Je suis impatient de vous faire découvrir la réalité de nos îles".
Voilà les paroles de bienvenue par lesquelles le Premier ministre cap-verdien, M. José Maria Pereira Neves, accueillit la délégation luxembourgeoise à son arrivée à l'aéroport de Praia.
Jean-Claude Juncker, qui répond à l'invitation de José Maria Pereira Neves exprimée lors de sa visite de travail au Luxembourg le 18 mai 2001, souhaite par sa visite donner de nouvelles impulsions aux relations de coopération. Le Cap-Vert figure depuis 1993 parmi les pays cibles de la coopération au développement du gouvernement luxembourgeois. L'aide luxembourgeoise se concentre essentiellement sur la lutte contre la pauvreté et la promotion du développement durable.
 Cap-Vert - Ile Sao Tiago - Praia - Tête à tête entre les deux Premier ministres au Palais du gouvernement. Le Premier ministre Jean-Claude Juncker remet un cadeau au Premier ministre du Cap-Vert José Maria Neves. Photo: Tom Wagner / SIP
Le dimanche 27 janvier 2002, le chef du gouvernement luxembourgeois a eu une entrevue bilatérale avec son homologue cap-verdien au Palais du gouvernement. L'objectif de la réunion a été de finaliser le programme indicatif de Coopération (PIC) sur quatre ans permettrant plus de cohérence, de flexibilité et de durabilité dans les relations de coopération.

La soirée du dimanche se clôtura par un dîner offert par M. Pereira Neves au Salon des réceptions du Palais du gouvernement. Lors de son toast, M. Juncker souligna que l'histoire n'a pas été toujours favorable pour le Cap-Vert. Son élégante transition vers la démocratie est d'autant plus méritoire selon le Premier ministre Juncker, qui ne manqua pas de souligner l'intégration harmonieuse au Luxembourg d'une forte communauté cap-verdienne.


La journée du lundi 28 janvier 2002
La journée du lundi fut surtout consacrée à des visites dans les îles de S. Vicente et de S. Pedro d'un certain nombre de projets de coopération.
 Cap Vert - île de Santo Antão - Ribeira Grande -MM. Goerens et Juncker, le Premier ministre du Cap-Vert José Maria Neves et le bourgmestre de Ribeira Grande Jorge Santos devant la mairie de Ponto do Sol. Photo: Tom Wagner / SIP
Il existe un tel mélange en tous genres au Cap-Vert, que les autochtones ont tendance à souligner à chaque fois l'origine des choses. Ainsi précisent-ils que leur cuisine est africaine, que leurs arbres - rares, voire absents, sauf dans certaines régions - sont d'origine américaine. Et à l'avenir, ils vont certainement attribuer les internats pour jeunes élèves au Luxembourg.
Puisque le complexe scolaire de Porto Novo sur l'île de Santo Antão, dont fait partie l'internat que MM. Juncker et Goerens ont inauguré lundi après-midi, est en fait le cinquième qui est construit dans le cadre des programmes de coopération luxembourgeois. "Investir en des infrastructures qui vous facilitent la vie et vous facilitent donc vos études, c'est investir dans l'avenir de ce pays, riche de nombreuses potentialités", s'exclama le Premier ministre Juncker devant une grande foule d'élèves, de professeurs, mais aussi d'habitants de la ville qui avaient tenu à assister à la cérémonie.
 M. Juncker accueilli par les élèves de l'internat de Porto Novo
Dès l'arrivée par bateau sur l'île de Sao Antão de la délégation ministérielle - le Premier ministre Pereira Neves et le ministre des Affaires étrangères Manuel Sousa accompagnant la délégation luxembourgeoise tout au long de la journée - l'accueil se fit dans une grande liesse populaire qui se retrouva sur tous les lieux de visite.
Malgré un paysage de rêve, volcanique au sud, exubérant de végétation dans le nord, ainsi que de vertigineuses routes à travers la montagne, MM. Juncker et Goerens n'eurent pas le plaisir de contempler longuement les paysages féeriques de l'île de Sao Antão, le programme de visite des projets luxembourgeois étant trop étoffé.
Cette journée riche en expériences trouva sa conclusion lors d'une soirée à laquelle avait invité le bourgmestre de San Vicente sur l'île de Sao Pedro, une soirée sous le sigle et le charme de la danse et de la culture capverdiennes.

La journée du mardi 29 janvier 2002
La troisième journée de la visite officielle au Cap-Vert du Premier ministre Jean-Claude Juncker en compagnie de Charles Goerens fut marquée par de nombreuses rencontres avec les autorités et les forces vives cap-verdiennes et en premier lieu par le déjeuner offert par le Président de la République, Son Excellence Monsieur Pedro Verona Rodrigues Pires au Palais présidentiel.
 Ile Sao Tiago - Praia - Rencontre avec le Président de la République, Son Excellence M. Pedro Pires, au Palais Présidentiel Photo: Tom Wagner / SIP
La journée avait commencé par des visites à Mindelo, ville de fête et de dynamisme, sur l'île de Sao Vicente de projets auxquels le Luxembourg avait coopéré. Le Centre national d'artisanat, le Centre de Santé de Monte Sossego ou encore le quartier du PACIM, situé sur le port et où eut lieu la rencontre avec une des anciennes stars du "Benfica" à l'époque d'Eusebio.
A Praia, une heure de vol plus tard, commença pour MM. Juncker et Goerens une série de rendez-vous et de réunions de travail notamment avec le Maire de la ville, M. Felisberto Vieira, avec les représentants des deux syndicats, avec les représentants patronaux, avec les dirigeants des partis politiques, avec les représentants des organisations internationales. Tous remerciaient le Luxembourg de son apport substantiel au développement du Cap-Vert et tous se félicitaient du fait qu'un Premier ministre en voyage officiel se soit pris le temps de s'entretenir avec eux pour mieux connaître les réalités du pays.
Les deux ministres visitaient encore le bloc opératoire de l'hôpital "Agostinho Neto" avant de rencontrer le Président de la Banque Centrale et le Ministre des Finances et du Plan.
 Ile Sao Tiago - Praia - Rencontre avec le ministre des Finances et du Plan, Son Excelence M. Carlos Burgo Photo: Tom Wagner / SIP

Pendant ce temps-là, les représentants du ministère de la Coopération et de l'Action humanitaire négociaient sous la houlette du ministre Goerens et du directeur Jean Feyder les détails du programme indicatif de coopération (PIC) (disponible en format rtf ou pdf) avec les autorités cap-verdiennes.
Le PIC remonte à une rencontre entre le Luxembourg et le Cap-Vert qui a eu lieu les 1 et 2 octobre 2001 à Luxembourg. Les deux pays avaient décidé de privilégier désormais une approche "programme" dans leurs relations de coopération. C'est dans ce contexte que la proposition du Cap-Vert d'élaborer un Programme indicatif de coopération avait été favorablement accueillie par le Luxembourg.
Ce programme permet d'inscrire la coopération luxembourgeoise au Cap-Vert dans la durée, permettant ainsi une approche plus stratégique mais aussi plus flexible. D'autres partenaires importants du Cap-Vert ont signé un programme similaire (EU-7ans, Portugal-3 ans, Autriche-3ans). Le Luxembourg se démarque en ce qui concerne la durée, car ce programme indicatif de coopération aura en effet une durée de 4 ans, qui correspond exactement à la durée du Plan national cap-verdien, et permettra ainsi une plus grande cohérence avec celui-ci.
Une plus grande pertinence des actions envisagées par rapport aux réalités et aux besoins du Cap-Vert ainsi qu'une meilleure cohérence avec les politiques nationales et en particulier les options stratégiques du programme du gouvernement sont à la base de ce programme indicatif de coopération. Il se caractérise en outre par une mise en synergie des projets de la Coopération luxembourgeoise entre eux d'une part, et avec d'autres projets de développement bilatéraux et multilatéraux d'autre part. Une évolution plus cohérente des interventions de la Coopération luxembourgeoise, un suivi et une évaluation globale et concertée impliquant différents acteurs institutionnels de façon régulière de même qu'une meilleure programmation commune des ressources sont d'autres objectifs visés par ce programme.
Le budget du PIC, pour les 4 années de sa durée, est de 33.500.000 euros. Il convient de souligner que trois secteurs prioritaires, s'inscrivant dans l'objectif global de lutte contre la pauvreté, ont été retenus.
Le premier secteur est celui de l'éducation et de la formation de ressources humaines. Il revêt d'une importance particulière, car le Luxembourg et le Cap-Vert ont décidé, là aussi, d'adopter une approche pragmatique. Un important programme pluriannuel de 4 ans, intégré dans le PIC, sera composé de deux volets majeurs: un volet d'augmentation des capacités d'accueil et un volet de renforcement de la qualité de l'enseignement.
En ce qui concerne le premier volet, la construction et l'équipement de deux écoles secondaires à Praia et l'équipement de deux écoles secondaires à Praia et Mindelo ont fait l'objet d'une requête d'urgence pour laquelle l'agence Lux-Developpement vient d'obtenir un mandat de formulation. Le deuxième volet sera formulé début 2002.
Quant au secteur de la santé, l'objectif est d'améliorer les niveaux de santé de la population et les conditions d'accès aux soins de santé de base. Une importance particulière sera attachée à la maintenance et à la gestion des infrastructures et équipements fournis.
Le troisième secteur visé est celui de l'eau et de son assainissement. Il s'agit en effet d'améliorer les systèmes de production d'eau, les réseaux d'approvisionnement en eau et l'assainissement de base, afin notamment de réduire l'impact négatif sur l'état sanitaire des populations. Une importance particulière est attachée au renforcement de la capacité institutionnelle, de la supervision et de la régulation dans les secteurs de l'eau et de l'assainissement.

La journée du mercredi 30 janvier 2002
Jour de fête ce mercredi, 30 janvier 2002, à Tarrafal, petite ville au Nord de Santiago, la plus grande île du Cap-Vert. Toute la population est dans la rue et manifeste sa joie quand le Premier ministre Jean-Calude "Janker" et le ministre de la Coopération descendent de voiture accompagnés, comme tout au long de ces 3 jours de visite, par le Premier ministre du Cap-Vert, M. Pereira Neves ainsi que par le ministre des Affaires étrangères et le ministre de l'Education.
Et aux chaleureux mots de bienvenue du maire de Tarrafal, Jean-Claude Juncker répondit: "Ici, chez vous, nous nous sentons chez nous". Un constat d'autant plus vrai que c'est dans cette ville en bord de mer que le jeune luxembourgeois Philippe Aschman vit et travaille depuis 1997 en tant qu' agent de la coopération. Tarrafal, c'est sa ville. Il y enseigne, il y anime la bibliothèque municipale, il y organise la formation continue des enseignants et il y est conseiller du maire pour les domaines de l'éducation et de la culture. Vaste programme pour un homme seul qui en plus a été nommé coordinateur de la coopération pour le Cap-Vert en septembre 2001. Philippe Aschman aime son travail et il aime les gens pour qui il travaille. Et ils lui rendent bien.
 Ile Sao Tiago - Tarrafal - Visite à la bibliothéque municipale et à un quartier populaire - Un acceuil chaleureux Photo: Tom Wagner / SIP
En finançant le développement de la bibliothèque, les autorités luxembourgeoises ont apporté un supplément de qualité de vie à une région, qui est d'une rare beauté, mais qui est aussi d'une grande pauvreté. C'est la raison pour laquelle le Luxembourg s'investit dans un autre projet, celui de la réhabilitation des quartiers populaires de cette ville de 18.000 habitants. L'exode rural des dernières années a augmenté la dégradation des quartiers populaires.
Tarrafal est considérée comme une zone touristique potentielle avec sa grande baie et sa belle plage qui attirent déjà un certain nombre de touristes étrangers. Mais avant d'investir dans les infrastructures touristiques, les autorités devront créer les conditions nécessaires à l'accueil de visiteurs. Le projet luxembourgeois de réhabilitation de quartiers dégradés contribuera donc au développement local et à la promotion du tourisme.
Avec une enveloppe de quelque 6 millions d'euros, la construction du complexe scolaire de Santa Catarina est le projet le plus cher de la coopération luxembourgeoise au Cap-Vert. Le complexe se compose d'un lycée technique qui accueille déjà 653 élèves et d'un internat mixte, qui en accueille 112. Les installations servent aussi à la formation des enseignants et constituent un pool pédagogique important au centre de l'île.
"La visite de votre Excellence au Cap-Vert revêt d'une importance particulière et ne passera sûrement pas inaperçue auprès des représentants de la nation capverdienne". C'est par ces paroles que le Président du Parlement accueillit à l'Assemblée nationale le Premier ministre Juncker qui était le premier chef de gouvernement étranger à prendre la parole devant le Parlement à Praia.
Il présenta Jean-Claude Juncker comme un des plus éminents hommes d'Etat européens et exprima sa reconnaissance "pour la façon exemplaire avec laquelle l'Etat luxembourgeois s'est engagé dans le rapprochement avec notre archipel de l'Atlantique qui, comme disent les poètes - n'a pas d'or, pas de diamants, mais la paix".
Le Premier ministre luxembourgeois souligna que le Cap-Vert comme le Luxembourg sont de petits Etats à l'échelle mondiale, mais qu'ils sont de grandes nations de par les ambitions qu'ils nourrissent, ambitions toutes dévolues à la paix et la stabilité.
"Beaucoup de grands pays devraient prendre exemple sur nous" souligne Jean-Claude Juncker qui parla ensuite de l'esprit dans lequel le Luxembourg mène sa politique de coopération. Il s'agit d'une articulation réfléchie d'un partenariat à deux et que dès à présent, le Luxembourg consacrait 0.82 % de son PIB à la coopération et qu'il entendait qu'elle atteigne 1% dès 2005.
 Ile Sao Tiago - Tarrafal- visite de l'ancien camp pour prisoniers politiques Photo: Tom Wagner / SIP
Jean-Claude Juncker rendit aussi expressément hommage "à ceux qui donnent un visage luxembourgeois aux efforts de coopération qui sont les nôtres" et il cita plus particulièrement Philippe Aschman. Hommage aussi à l'adresse des femmes du Cap-Vert qui "refusent la fatalité et récusent le mauvais sort". Sans elles, le Cap-Vert ne serait pas ce pays en voie de progrès.
Finalement, le Premier ministre se dit touché par ces enfants qu'il avait pu rencontrer tout au long de son parcours tout en concluant que "Je suis heureux que les projets luxembourgeois servent avant tout les jeunes, ce faisant, nous servons l'avenir de votre magnifique pays".
Plus tôt dans la journée, Jean-Claude Juncker et Charles Goerens avaient posé la première pierre pour la construction d'un établissement secondaire capable d'accueillir environ 1500 élèves.
La municipalité de San Miguel est la seule du Cap-Vert à ne pas disposer d'un lycée public.
Il est intéressant de relever que le pays manque cruellement de salles de classe ce qui fait qu'un système de rotation a été mis en place. Une partie des élèves fréquentant l'école le matin, l'autre l'après-midi. Les projets concernant le système éducatif sont donc d'une grande importance pour le Cap-Vert et correspondent à l'objectif que s'est fixé le gouvernement luxembourgeois d'investir prioritairement dans les ressources humaines.
Cette visite des projets permit à la délégation luxembourgeoise de se rendre compte de la grande beauté de l'île de Santiago et notamment de sa partie centrale. Les autorités cap-verdiennes semblent déterminées à promouvoir une exploitation touristique "douce" de ces nombreux lieux de beauté.

La journée du 31 janvier 2002
 Ile Sao Tiago - Praia - Session solennelle à l'Assemblée Nationale. Entrevue avec le Président de l'Assemblée Nationale Aristides Lima. Photo: Tom Wagner / SIP
 Ile Sao Tiago - Praia - Session solennelle à l'Assemblée Nationale. Discours du Premier ministre Jean-Claude Juncker Photo: Tom Wagner / SIP
Vous pouvez aussi consulter le discours du Président de l'Assemblée nationale, Son Excellence M. Aristides R. Lima.

Descriptif de projets de coopération réalisés au Cap-Vert par le gouvernement luxembourgeois

Le Cap-Vert: géographie et histoire
Pour bien comprendre le Cap-Vert, sa société, son économie et ses défis, il convient de regarder tout d'abord la carte géographique de ce pays: le Cap-Vert est un archipel de 10 îles dont 9 sont habitées. Leurs superficie varie entre 67 et 991 km2, leur population entre 5 500 et 200 000 habitants.
La distance des côtes du Sénégal varie, selon les îles, entre 570 et 880 km.
Ces données ont une implication décisive sur l'organisation administrative et surtout l'économie du pays. Tout comme le fait climatologique que le Cap-Vert souffre d'un manque chronique de précipitations et doit importer quelque 90% de ses aliments.
Avant le 15e siècle, le Cap-Vert n'a pas été habité. Ce pays est donc en quelque sorte le résultat de la colonisation et du trafic de l'esclavage qui a réuni et conduit à s'installer des Portugais et des Africains sur ce territoire ingrat qui a très peu de ressources naturelles. Ce qui explique que le Cap-Vert a toujours été une terre d'émigration et que la création d'une économie de toutes pièces constitue le grand défi de ce pays. Le Cap-Vert s'efforce de développer des secteurs comme le tourisme et la pêche.

L'aide luxembourgeoise au Cap-Vert
En montant absolu, le Luxembourg est le 2e bailleur de fonds du Cap-Vert suivant le Portugal, mais précédant l'Union Européenne. Ce qui explique le prestige du gouvernement luxembourgeois au Cap-Vert et le vif intérêt pour la coopération luxembourgeoise. Plusieurs partenaires se sont retirés du Cap-Vert comme la Suisse, l'Allemagne ou ont réduit leur aide comme les Pays-Bas. Le Cap-Vert est ainsi devenu la victime de son PNB/habitant relativement élevé et de la politique de concentration de l'aide sur un nombre limité de pays pratiquée par un nombre croissant de pays.
Le gouvernement luxembourgeois a décidé de maintenir ses relations de coopération étant donné la grande vulnérabilité de l'économie du Cap-Vert relevée par une étude de la CNUCED, vu aussi les liens étroits qui unissent le Luxembourg au Cap-Vert à travers la présence d'une forte communauté de Cap-verdiens au Luxembourg. Le ministère de la Coopération et de l'Action humanitaire est aussi d'avis que les chiffres statistiques conduisent en erreur et reflètent mal certaines réalités. Ainsi, le fait qu'étant donné sa géographie, le Cap-Vert est tenu d'investir un pourcentage élevé de ses ressources dans la création et le maintien de son réseau de communications entre les différentes îles: aéroports, avions, ports, bateaux etc.
60% de l'aide luxembourgeoise a été investi sur l'île de Santo Antao à cause de la grande pauvreté de cette île et aussi parce que c'est de cette île qu'un nombre important de Cap-verdiens sont partis pour s'installer au Luxembourg. Le gouvernement luxembourgeois s'y est engagé dans pratiquement tous les domaines et y a pratiqué, en fait, un développement global. Mais vu la population relativement faible de cette île - 44 000 - il a été décidé de rééquilibrer la coopération vers d'autres îles - Sao Nicolau (15 000 hab.) San Vincente et surtout Santiago (200 000 hab.) Le ministère de la Coopération et de l'Action humanitaire vient de terminer les premiers grands projets à Santiago, comme l'école professionnelle de Santa Catarina que la délégation luxembourgeoise ira visiter.
L'engagement durable du gouvernement luxembourgeois aux côtés du Cap-Vert résulte également de l'ouverture en 2001 d'un bureau de coordination à Praia que dirige M. Philippe Aschman qui a agi au Cap-Vert comme agent de coopération depuis cinq ans dans le domaine de l'éducation.

Le 18 mai 2001, le Premier ministre cap-verdien José Maria Pereira Neves, a été reçu pour une visite de travail par le Premier ministre Jean-Claude Juncker au Luxembourg.

Cette entrevue a été l'occasion pour les deux pays de resserrer leur lien en matière de coopération, marquée par la lutte contre la pauvreté et la promotion du développement durable.
A cet occasion, le Premier ministre du Cap-Vert a aussi été reçu par la Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Lydie Polfer et a participé à une réunion de travail présidée par le ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire Charles Goerens.

Du 2 au 5 octobre 2000, le ministre Charles Goerens a déjà effectué une visite officielle au Cap-Vert.

La visite comportait un vaste programme de visites de projets de coopération financés par le Grand-Duché de Luxembourg. M. Goerens a ainsi pu se rendre compte de la qualité des constructions d'un complexe scolaire à Porto Novo sur l'île Santo Antao ainsi que des habitations sociales à Ribeira Grande.
Le ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire a aussi assisté à la 2e réunion de la Commission de partenariat entre le Cap-Vert et le Luxembourg. Cette réunion a permis d'évaluer les résultats de la coopération entre les deux pays et de dégager des perspectives pour des projets à venir.
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