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A l'occasion d'une visite de Mme Anne Brasseur, ministre de l'Education nationale, de la Formation professionnelle et des Sports, au Lycée technique Joseph Bech à Grevenmacher le 26 février 2002 ont été présentées plusieurs initiatives visant l'encadrement des élèves en difficultés d'apprentissage.
Les grandes difficultés d'apprentissage que connaissent une partie des élèves fréquentant le régime préparatoire de l'enseignement secondaire technique mettent en évidence la nécessité de créer des structures mieux adaptées aux besoins spécifiques de ces enfants.
Cette nécessité a par ailleurs été confirmée par les résultats de l'étude Pisa qui montrent qu'un pourcentage préoccupant des élèves n'arrivent pas à dépasser les niveaux de compétences les plus élémentaires.
Déjà avant la publication de l'étude Pisa, le ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle et des Sports a travaillé, en étroite concertation avec les acteurs sur le terrain, à la mise en place d'un dispositif cohérent visant à assurer aux élèves en grandes difficultés un encadrement pédagogique particulier, et ce à plusieurs niveaux de scolarité.
Il s'agit:
- des classes à enseignement fondamental, structure faisant partie intégrante du régime préparatoire et principalement destinée aux enfants en provenance d'une 3e, 4e ou 5e année primaire,
- du projet d'insertion professionnelle "Aktiv an d'Aarbechtswelt" du Lycée technique Joseph Bech,
- du projet de la pédagogie de la 2e chance visant la mise en place d'un ensemble cohérent de mesures d'insertion professionnelle à l'intention des élèves ayant dépassé l'âge de l'obligation scolaire.
Les classes à enseignement fondamental
L'année scolaire 2001-2002 a vu la mise en place, dans différents lycées et à titre de projet-pilote, de classes dites "à enseignement fondamental". Ces classes font partie intégrante du régime préparatoire de l'enseignement secondaire technique et sont destinées aux élèves qui ont accumulé des retards scolaires tels que l'enseignement modulaire ne peut plus répondre à leurs besoins. Les classes à enseignement fondamental regroupent dès lors des élèves du régime préparatoire - principalement des élèves âgés entre 12 et 15 ans - qui présentent de grandes difficultés d'apprentissage afin d'assurer à ceux-ci un encadrement pédagogique particulier.
Contexte et historique
Le régime préparatoire
Le régime préparatoire fait partie de l'enseignement secondaire technique (EST) et s'adresse, en règle générale, aux élèves âgés de 12 ans et plus qui présentent des lacunes plus ou moins importantes dans les matières de l'enseignement primaire. Créé en 1994, ce régime se fonde sur le principe de l'enseignement modulaire, c.-à-d. que dans les branches principales (langues, mathématiques) les matières à enseigner sont réparties dans des unités définies et fermées en soi, les modules. Dans ces branches, les élèves sont inscrits dans les modules qui correspondent à leurs capacités et avancent en fonction du nombre de modules acquis, chaque module acquis donnant droit à un certificat.
La mise en place du régime préparatoire a été motivée par le fait que beaucoup d'élèves présentant des difficultés d'ordre cognitif, relationnel ou comportemental risquent le décrochage scolaire dès lors qu'ils n'arrivent pas à suivre les cours du cycle inférieur de l'enseignement secondaire technique. La nécessité d'une telle structure a été confirmée, au fil des années, par le nombre d'élèves inscrits : ainsi, en 2000-2001, environ 2000 enfants - approximativement 25% des élèves du cycle inférieur de l'EST -, ont fréquenté le régime préparatoire du secteur public. Or, force est de constater que les élèves concernés présentent une très grande hétérogénéité des capacités et des rythmes d'apprentissage. En effet, en 2000-2001, seuls 36,5 % des élèves du régime préparatoire provenaient d'une classe de 6e primaire, alors que 63,5% sortaient d'une classe de 3e, 4e ou 5e primaire, n'avaient jamais atteint la 6e primaire et présentaient dès lors des retards scolaires considérables.
Les classes à enseignement fondamental
Face au constat que les programmes de l'enseignement modulaire sont peu adaptés à ce type d'élèves en difficultés d'apprentissage, plusieurs lycées techniques ont mené une réflexion et un travail d'équipe afin de mettre en place une structure spécifique du régime préparatoire qui soit mieux adaptée aux problèmes de ces enfants. Des projets-pilote réalisés dans différentes classes du préparatoire ont permis de dégager des aspects fondamentaux et des pistes concrètes pour un encadrement optimal des élèves visés. Souhaitant donner un cadre cohérent aux différentes démarches, le Ministère de l'Éducation nationale, de la Formation professionnelle et des Sports a élaboré le " plan-cadre pour classes à enseignement fondamental ", dont une version provisoire a été présentée en 2001 à tous les lycées offrant le régime préparatoire. Exposant les objectifs et les moyens de mise en ?uvre d'un accompagnement renforcé et plus adapté aux élèves en grandes difficultés, ce plan-cadre invite les lycées à mettre en place des classes dites " à enseignement fondamental ".
Objectifs et mise en oeuvre
Les élèves auxquels sont destinées les classes à enseignement fondamental sont essentiellement des enfants qui depuis le début de leur scolarisation ont continuellement été confrontés à l'échec scolaire. L'objectif consiste donc tout d'abord à les sortir de cette logique d'échecs répétitifs et à les revaloriser, notamment en leur permettant d'acquérir des compétences d'ordre relationnel (autonomie, communication, compétences socio-émotionnelles). Une deuxième mission non moins importante est de préparer ces élèves à l'entrée dans la vie active en favorisant tant la maîtrise des savoirs de base que la maîtrise des compétences indispensables à leur insertion dans le monde professionnel (communication, initiative, rigueur, soin, coopération ?). Une importance particulière est dès lors accordée à l'organisation de stages en milieu de travail et à un programme d'insertion sociale et professionnelle.
Les pistes concrètes permettant d'atteindre ces objectifs sont et d'ordre organisationnel et d'ordre pédagogique. Certaines concernent la priorité et le contenu des cours, d'autres relèvent du développement professionnel des enseignants.
au niveau organisationnel
Afin d'assurer un accompagnement plus individualisé de chaque enfant, le nombre d'élèves par classe est réduit à 12 - 15 élèves. Dans le même ordre d'idées, le nombre d'enseignants par classe est également réduit, chaque titulaire enseignant plusieurs disciplines. Le tutorat, destiné à conseiller et à accompagner l'élève dans sa démarche d'apprentissage, est intégré dans la grille horaire à raison d'une heure par semaine : le régent-tuteur devient la personne de référence et de confiance pour l'élève en difficulté. Locaux-classes personnalisés, réalisation d'activités extra-scolaires et de projets pluridisciplinaires sont, tout comme l'organisation de rencontres régulières avec les parents, d'autres éléments visant à optimiser l'encadrement des élèves.
au niveau pédagogique
Au niveau de la pratique pédagogique, différentes approches d'accompagnement des élèves en difficultés ont été élaborées. Afin de répondre au mieux aux besoins spécifiques de chaque élève, une importance particulière est accordée aux démarches de différenciation interne : travail individualisé, travail par groupe, apprentissage collectif, etc. Dans toutes les activités proposées, l'éducation socio-émotionnelle joue un rôle essentiel, c.-à-d. que les élèves sont continuellement amenés à prendre la parole et à s'exprimer afin d'améliorer leurs compétences sociales, à développer le sens de la responsabilité, de l'autonomie et de l'engagement. L'enseignement des langues se fait en fonction de la population d'élèves dans les classes concernées ; l'enseignant est libre de donner priorité à la langue qu'il estime être le mieux adaptée aux besoins des enfants, sous condition cependant qu'aucune des langues ne soit négligée. Cette flexibilité est également assurée au niveau de l'enseignement des branches secondaires, qui sont regroupées dans la grille horaire sous la dénomination " culture générale " et dont l'enseignant peut adapter les contenus en fonction de la réceptivité des élèves. L'enseignant veillera cependant à traiter des éléments de chaque branche au cours de l'année scolaire.
L'évaluation positive de leurs progrès étant primordiale pour valoriser et motiver les élèves en difficultés, les enseignants ont recours à divers outils d'évaluation formative, c.-à-d. une évaluation qui ne porte pas seulement sur les contenus-matières, mais également sur les savoir-faire, les attitudes au travail, les attitudes sociales ou relationnelles
au niveau des contenus et des matières
L'enseignement des différentes branches s'organise en fonction du rythme de l'élève. Un des objectifs essentiels étant de donner plus de réalité à certains apprentissages qui pourraient paraître trop théoriques aux élèves, des pratiques innovantes mettent l'accent sur des cours interdisciplinaires, sur l'organisation d'ateliers et d'activités diverses créant des repères dans l'environnement proche de l'élève.
Parmi les activités visées, on peut citer à titre d'exemple:
- activités visant la compréhension de la vie active et à l'intégration sociale du jeune
- ouverture au monde et à la culture générale regroupant des activités de géographie, histoire et éducation civique (un manuel y relatif est en voie d'élaboration)
- langues: enseignement d'après les compétences "parler, comprendre et lire" dans les trois langues du pays. Une seule langue est évaluée à l'écrit (soit l'allemand soit le français).
- calcul: l'enseignement du calcul se fait essentiellement en relation avec des situations de la vie quotidienne et vise l'acquisition des connaissances de base requises pour l'apprentissage d'un métier
- au niveau du développement professionnel des enseignants
Pour faire face aux difficultés et à la complexité de leur mission, la collaboration entre les enseignants est indispensable. Voilà pourquoi le ministère de l'Éducation nationale a mis en place un réseau d'échange de pratiques où les enseignants se rencontrent à intervalles réguliers avec l'accompagnement de chercheurs en pédagogie de la Fondation universitaire de Namur. Ensemble, ils construisent des séquences d'apprentissage, échangent des outils, suivent des formations continues. Ce travail de concertation est fondamental dans la mesure où l'enseignant n'est plus seul pour chercher des solutions.
Les classes à enseignement fondamental dans les différents lycées
7 lycées techniques ont, en réponse à l'invitation du ministère de l'Éducation nationale, mis en place une ou plusieurs classes à enseignement fondamental dans le cadre du régime préparatoire de l'enseignement secondaire technique.
Toutes les classes répondent aux objectifs d'encadrement pédagogique particulier tels que définis dans le plan-cadre pour classes à enseignement fondamental. Les publics d'élèves pouvant cependant varier d'un établissement à l'autre, il est évident que chaque lycée peut adapter la mise en ?uvre concrète de ses démarches en fonction des besoins spécifiques recensés.
Les classes à enseignement fondamental fonctionnent à titre de projet-pilote pendant l'année 2001-2002. Une évaluation est prévue à la fin de l'année scolaire afin que les objectifs et moyens de mise en ?uvre puissent, le cas échéant, être adaptés à la lumière des conclusions tirées.
Aperçu des classes à enseignement fondamental fonctionnant en 2001-2002:
- Lycée Technique de Bonnevoie (LTB)
La seule classe organisée dans la structure du plan-cadre regroupe des élèves de 12 à 16 ans: une partie de ces élèves provient du primaire et a été intégrée dans cette classe sur avis d'orientation alors qu'une autre partie est constituée d'élèves déjà présents l'an passé et présentant de grandes difficultés.
- Lycée Technique d'Esch (LTE, annexe Wobrecken)
La classe à enseignement fondamental est une classe de 9ème et compte 12 élèves formant un groupe hétérogène, notamment du point de vue des nationalités (Yougoslaves, Portugais, Luxembourgeois. Elle comprend 11 garçons et une seule fille.
- Lycée Technique Mathias Adam de Differdange (LTMA)
Trois classes sont organisées au LTMA: 2 classes de 7ème et une classe de 8ème. Les classes de 7ème regroupent des élèves en grandes difficultés, certains provenant de classes spéciales ou de l'Education différenciée. Une de ces classes est fréquentée par une majorité d'illettrés.
- Lycée Technique Joseph Bech de Grevenmacher (LTJB)
La classe à enseignement fondamental regroupe 10 garçons et 2 filles de 13 à 15 ans, tous en grandes difficultés ; la moitié d'entre eux était inscrite dans l'enseignement modulaire l'année passé, l'autre moitié provient de l'enseignement primaire.
- Lycée Technique d'Ettelbruck (LTEtt, annexe Diekirch)
Deux classes sont organisées à Diekirch (une 7ème et une 8ème ). La 7ème regroupe des élèves dont la plupart proviennent de 4ème primaire. Il y a des Luxembourgeois , ainsi que des Yougoslaves et des Portugais présentant de grandes difficultés au niveau des langues.
- Lycée Classique de Diekirch (LCD, annexe Mersch)
La 7ème du régime préparatoire de Mersch fait partie d'un projet-pilote qui a pour objectif d'intégrer des élèves handicapés dans l'enseignement modulaire. Cette classe rassemble des élèves portugais nés au Luxembourg ainsi que des élèves luxembourgeois provenant de l'enseignement primaire spécial où ils ont bénéficié d'une aide du Service rééducatif ambulatoire de l'Education différenciée.
- Lycée Technique du Centre (LTC) à Luxembourg
Le LTC accueille beaucoup d'élèves en difficultés, ce qui explique qu'il y ait 6 classes à enseignement fondamental : deux classes de 7ème , deux classes de 8ème et deux classes de 9ème. Il y a dans ces différentes classes plusieurs illettrés, des élèves qui viennent de l'éducation différenciée, et plusieurs primo-arrivants.

Lycée technique Joseph Bech: Projet d'insertion professionnelle "Aktiv an d'Aarbechtswelt"
Contexte
La loi du 3 juin 1994 portant création du régime préparatoire confie à celui-ci, entre autres, la mission de "préparer ses élèves à l'insertion dans la vie active". Or, une étude sur le décrochage scolaire récemment réalisée pour le Ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle et des Sports, a montré que, sur le nombre total de sortants potentiels du régime préparatoire de l'enseignement secondaire technique, 9% environ des élèves ne sont ni scolarisés ultérieurement, ni intégrés dans la vie professionnelle, ni accueillis dans des structures du Centre national de formation professionnelle continue. Il s'agit donc là de jeunes décrocheurs scolaires qui quittent l'enseignement sans une certification minimale et qui ne trouvent aucun emploi sur le marché du travail.
Face à ce constat, les responsables du Lycée technique Joseph Bech à Grevenmacher ont lancé, en septembre 2001, le projet "Aktiv an d'Aarbechtswelt" qui rassemble 13 jeunes ayant dépassé l'âge de la scolarité obligatoire sans avoir acquis les modules nécessaires pour accéder en classe de 9e pratique (9PR) ou au Certificat d'initiation technique et pratique (CITP).
Objectifs
Comme l'intitulé du projet l'indique, l'objectif principal est de favoriser l'insertion professionnelle de ces jeunes qui ont tous connu très peu d'expériences positives et ont, en général, une vision défaitiste de leur avenir. Il est évident que, dans ce contexte, le développement de compétences préprofessionnelles revête une importance particulière - les objectifs visés par la mise en place d'une classe d'insertion professionnelle sont par conséquent multiples.
Il s'agit notamment:
- de remotiver les jeunes en se basant sur leurs capacités et sur leurs acquis
- de développer leurs compétences sociales
- d'améliorer leurs performances linguistiques orales et écrites en relation avec les besoins spécifiques aux différents métiers
- d'améliorer les connaissances en mathématiques appliquées à la vie professionnelle
- d'augmenter les capacités manuelles des jeunes
- de leur apprendre à se servir d'un ordinateur
- de les entraîner au raisonnement logique
par le biais d'une méthodologie innovante et adaptée aux besoins individuels des jeunes. La formation sera ainsi spécifique et bien en adéquation avec le groupe et les objectifs visés.
Moyens de mise en oeuvre
Concrètement, l'accompagnement pédagogique particulier qui est assuré aux jeunes se fonde sur les démarches suivantes:
- Le nombre d'intervenants est réduit pour permettre de stabiliser au maximum le groupe.
- La classe est organisée de façon que les élèves restent ensemble pendant tous les cours.
- La pédagogie mise en oeuvre demande aux élèves d'intervenir activement plutôt que de recevoir.
- Des tables rondes avec des intervenants extérieurs tels que : un responsable d'une commune, des patrons d'entreprise, un agent d'assurance, des conseillers à l'apprentissage, des orienteurs de l'Administration de l'Emploi, des représentants de syndicat leur permettent d'enrichir et de commencer à appliquer une partie des comportements sociaux qu'ils ont acquis.
- Un stage d'orientation ainsi que deux visites d'entreprise sont organisés chaque trimestre. Les élèves sont encouragés à faire des stages d'orientation supplémentaires pendant les périodes de vacances
- La grille horaire correspond exactement à celle des autres classes de 9e modulaire. Pour toutes les matières, il est recherché des liens et des applications avec le monde professionnel et la vie pratique
- Des synergies d'intervention sont créées entre les enseignants, l'équipe du Service de psychologie et d'orientation scolaires et l'Action locale pour Jeunes
- On évalue régulièrement ensemble avec les élèves leurs progrès dans les différents domaines
- La leçon de tutorat est utilisée pour faire un travail régulier sur le développement des compétences sociales
- Les contenus et l'organisation des travaux sont évalués et éventuellement adaptés ou réajustés avec l'aide d'intervenants extérieurs
- Les élèves sont entraînés, pendant une leçon d'option, au raisonnement logique et au développement cognitif.
Préparation à la vie active
L'objectif principal du projet "Aktiv an d'Aarbechtswelt" étant de préparer les jeunes en difficultés à la vie active, il est évidemment primordial d'éveiller leur intérêt et leur plaisir d'exercer un métier. Différentes mesures sont mises en ?uvre par le Lycée technique Joseph Bech pour réaliser ce but:
- Au début de l'année scolaire, un séminaire " Ech entdecken d'Aarbechtswelt " de toute une semaine a été organisé par l'Action Locale pour Jeunes et l'éducatrice graduée du Service de psychologie et d'orientation.
- Au cours du deuxième semestre, les élèves participeront à une journée "découverte d'entreprise" où chacun d'entre eux pourra choisir une entreprise parmi les six qui leur seront proposées.
- Les élèves font, par trimestre, un stage d'orientation d'une semaine. Ces stages sont préparés d'une manière intensive en classe par les enseignants, le SPOS et l'ALJ. Chaque élève présente un journal de stage qui permet de juger des acquis de chacun en relation avec son but professionnel.
- Les élèves ont refait la peinture de leur salle de classe en autonomie : ils étaient responsables de la planification, de la préparation, de la répartition des tâches au sein du groupe et de l'exécution de tous les travaux.
- L'apprentissage des langues et des mathématiques est toujours axé sur les exigences réelles du monde professionnel.
- Certains jeunes ont fait des progrès tels qu'ils travaillent dores et déjà chez un patron en dehors des heures de cours.

La pédagogie de la 2e chance
Le ministère de l'Éducation nationale, de la Formation professionnelle et des Sports se propose de mettre en place un dispositif cohérent de mesures visant l'insertion de jeunes élèves en difficultés dans la vie professionnelle. Il ne s'agit pas de créer une institution nouvelle, mais de regrouper dans une même démarche pédagogique, diverses mesures prises au cours des dernières années. L'objectif est de développer une pédagogie de la 2e chance qui prendra en considération l'hétérogénéité des capacités et des rythmes d'apprentissage des différents publics d'élèves, une pédagogie prioritairement caractérisée par une organisation modulaire d'ateliers, un suivi permanent des stages, une évaluation formative.
L'âge minimum pour entrer dans le dispositif visé est de 15 ans, c.-à-d. que les jeunes doivent avoir dépassé l'âge de la scolarité obligatoire. Il doit notamment être assuré qu'en cas de besoin, il puisse être agi le plus tôt possible et que les jeunes qui ne sont plus soumis à l'obligation scolaire puissent être accueillis dès qu'ils décrochent du système éducatif. Le concept de la pédagogie de la 2e chance s'inscrit dans le contexte d'une prolongation éventuelle de l'obligation scolaire au-delà de 15 ans : les élèves qui ne sont inscrits ni à l'école, ni à l'apprentissage devraient suivre obligatoirement une mesure de formation organisée en dehors du contexte scolaire.
La pédagogie de la 2e chance s'adresse:
1. directement aux jeunes fréquentant le régime préparatoire, âgés de plus de 15 ans, qui ne disposent d'aucune perspective pour accéder à un apprentissage dual ni à une classe de 9e pratique de l'Enseignement secondaire technique ou qui ne réussissent pas le minimum de modules requis pour accéder au Certificat d'initiation technique et professionnelle (CITP).
2. directement aux jeunes âgés de plus de 15 ans inscrits au Centre national de formation professionnelle continue et aux Cours d'orientation et d'insertion professionnelle, et à la recherche d'un emploi;
3. indirectement à tout élève en rupture scolaire (et éventuellement en rupture sociale) fréquentant l'enseignement secondaire ou l'enseignement secondaire technique, l'objectif étant d'amener ce jeune, par le biais d'une stratégie d'apprentissage motivante, à un certain niveau de connaissances acquises et maîtrisées.
La mise en pratique pédagogique s'appuiera notamment sur les démarches suivantes:
1. recrutement des jeunes en collaboration avec les services de l'Action locale pour Jeunes (ALJ), de l'Administration de l'Emploi (ADEM) et des lycées techniques et proposition d'élaborer un projet de formation.
2. phase d'observation courte et ciblée intégrant des tests scolaires et des tests de motivation. Cette phase d'observation a pour but de dégager les intérêts et les styles d'apprentissage personnels du candidat et de l'orienter vers le domaine professionnel de formation le plus apte à sa personnalité et à ses habilités manuelles.
3. Une initiation professionnelle portant sur 12 mois à trois niveaux:
- culture générale et éducation sociale
- formation professionnelle en ateliers
- formation pratique sous forme de stages en entreprise.
4. organisation, pendant la phase d'initiation professionnelle, de stages en entreprise (8-12 semaines) en collaboration avec les partenaires sociaux et les communes.
5. A la fin de la formation, chaque bénéficiaire disposera d'une sorte de portefeuille de compétences lui indiquant la capitalisation de ses acquis. Le placement en entreprise sera organisé en collaboration avec l'Administration de l'Emploi et les partenaires sociaux.
Information transmise par le ministère de l'Education nationale, de la Formation professionnelle et des Sports
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