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La Commission des droits de l'homme, principal organe des Nations Unies qui traite des droits de l'homme et enceinte où ont été élaborées les déclarations et conventions des Nations Unies relatives aux droits de l'homme, parmi lesquelles, en 2000, les protocoles additionnels à la convention des droits de l'enfant, a tenu le 20 mars 2002 sa session annuelle à Genève.
Elle s'est prononcée sur la situation des droits de l'homme dans certains pays et évoqué les problèmes généraux qui se posent en matière de respect des conventions internationales de protection de ces droits.

La ministre Polfer lors des réunions de la Commission des droits de l'homme
Mme Lydie Polfer a prononcé un discours (pdf) devant la Commission, rappelant la volonté du Luxembourg de poursuivre une politique de dialogue et de coopération pour une meilleure application de la Déclaration universelle des droits de l'homme et des conventions internationales dans ce domaine. Dans son intervention, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a rappelé l'engagement de la Commission pour le respect des droits de l'homme en Afghanistan.
"Quand nous avons dénoncé l'année dernière la folie destructrice du régime taliban, nous n'étions pas à même de deviner la suite des événements. Pourtant, cette folie destructrice a enhardi dans son impunité ceux qui, au mépris de la vie humaine, s'en sont pris à travers les attentats contre New York et Washington à une société ouverte et libérale. La terreur comme la torture ont pour seul but l'anéantissement de l'autre: il n'y a dans leur exercice aucune circonstance atténuante. Il ne s'agit pas là d'un conflit de civilisations, d'un fait culturel ou religieux: nous sommes de nouveau confrontés à la tentation totalitaire qui, sous d'autres formes, a déjà ravagé d'autres endroits du globe au cours du 20e siècle.

Mme Polfer et Mme Mary Robinson, Haut Commissaire aux droits de l'homme
Depuis que le régime taliban a été renversé, la situation des femmes en Afghanistan connaît enfin des perspectives d'évolution: c'est un indicateur de paix et de développement dont on ne soulignera jamais assez l'importance! Et si la communauté internationale, mais aussi la société civile, scrutent le traitement des combattants d'obédience terroriste, faits prisonniers en Afghanistan ou ailleurs, au regard du droit humanitaire international, c'est que l'Etat de droit trouve d'abord et toujours dans le respect des droits de l'Homme la légitimité de son action."
Mme Polfer a insisté sur le fait que le Luxembourg, qui assurera de mai à novembre 2002 la présidence du Comité des ministres du Conseil de l'Europe à Strasbourg, a retenu parmi ses priorités la lutte internationale contre le terrorisme dans le respect des droits de l'homme. "Il s'agira pour nous de faire le lien avec les pôles d'excellence du Conseil de l'Europe: la Cour européenne des droits de l'homme et la Convention européenne pour la prévention de la torture; mais aussi de valoriser la coopération que le Conseil de l'Europe développe depuis des années - que ce soit dans le Caucase, dans les Balkans ou ailleurs - en vue du renforcement de l'Etat de droit."
Analysant la situation au Proche Orient et en Palestine, le chef de la diplomatie luxembourgeoise a déclaré: "L'impasse terrible à laquelle sont aujourd'hui acculés les peuples israélien et palestinien montre à satiété qu'il n'y a pas d'alternative à une solution politique, à l'existence côte à côte de deux Etats palestinien et israélien avec des frontières reconnues et sûres, et qu'il faut l'appui sans équivoque de la communauté internationale pour y parvenir. Avec la résolution 1397 le Conseil de Sécurité ouvre une perspective pour l'ensemble de la région: c'est un appel au changement."

Rencontre avec le Dr Piot, secrétaire exécutif Onusida
Revenant à la Conférence mondiale contre le racisme à Durban, "expérience difficile mais salutaire" selon l'expression de Lydie Polfer, celle-ci aura "contribué à mettre en évidence le manque d'une vision globale des droits de la personne humaine d'un côté comme de l'autre de ces barrières à la fois réelles et imaginaires qui se dressent entre les différentes régions, entre le Nord et le Sud. La nécessité de mieux intégrer approches régionales et approches multilatérales - sujet couramment débattu dans le contexte du commerce mondial - a trouvé à mon sens pour la première fois à Durban sa place dans le débat sur la promotion des droits de l'Homme."
"En effet jamais auparavant nous n'avions été aussi directement confrontés à la dimension humaine de la mondialisation: plus de deux cents ans après la Déclaration des droits de l'homme, la mondialisation des droits de l'homme s'impose comme enjeu de la globalisation et suscite des ondes de choc comparables."
Rendant finalement hommage au dévouement de Mme Robinson, Haut Commissaire qui renonce a solliciter une prolongation de son mandat, le ministre luxembourgeois a déclaré: "L'année dernière Mary Robison nous disait espérer mieux défendre ailleurs la promotion des droits de la personne humaine. Cette année cette décision semble se confirmer. Je le regrette d'autant plus amèrement que je comprends le fait de renoncer au mandat du Haut Commissaire aux droits de l'homme comme un acte politique. Nous avions jusqu'à maintenant en la personne de Mme Robinson un "outsider" courageux à nos côtés, à partir de maintenant nous aurons devant nous une militante exigeante."
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