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Article d'actualité
Le Premier ministre Jean-Claude Juncker à Bonn
27-02-2003

Vers le niveau supérieur

Le jeudi 27 février 2003, le Premier ministre Jean-Claude Juncker était l'invité du "Internationaler Club La Redoute" au Château "La Redoute" à Bonn Bad-Godesberg. Il y a prononcé un discours intitulé "Europa auf dem Sprung".

Le Premier ministre a longuement analysé la situation actuelle de l’Union européenne et s’est posé de nombreuses questions quant à son avenir. Il s’est dit assez troublé par l’évolution internationale récente et avoue ne pas trop savoir, où exactement cela mènera l’Europe.

Le Premier ministre s’est félicité de l’introduction de la monnaie unique au sein de l’Union européenne et a souligné que celle-ci exerçait déjà des effets bénéfiques sur le marché commun, tout en ayant un véritable effet stabilisateur. "Heureusement que l’euro existe car celui-ci est actuellement le seul capable de donner une véritable image de cohésion et d’identité européenne à l’Union. Sans lui, l'Europe ne pourrait pas être perçue de la même façon sur le plan international", a ajouté le Premier ministre.

Jean-Claude Juncker s’est également exprimé sur la crise irakienne et les problèmes au sein de l’Union européenne qui en découlent. Il a clairement fait savoir qu’il était grand temps de s’occuper de la politique extérieure et de sécurité commune et de trouver une ligne directrice commune. "Nous vivons actuellement une crise diplomatique qui pourrait entraîner de graves conséquences pour l’avenir de l’Union européenne ainsi que pour son identité", a commenté le Premier ministre. "Bien évidemment nous manquons d’instruments pour mener à bien ces politiques, mais il faudrait mentionner que c’est surtout la volonté politique commune qui fait actuellement défaut", a-t-il conclu.

Le Premier ministre luxembourgeois a également abordé le problème d’attitude et de défiance que certains hommes politiques peuvent entretenir vis-à-vis de Bruxelles et de ses institutions. Il est d’avis qu’il faut cesser de considérer Bruxelles comme un adversaire, voire un lieu d’âpres négociations ou de bataille. "Ces politiciens doivent se rendre compte qu’il n’y a pas de conflits d’intérêt entre Bruxelles et leur pays, et qu’il s’agit bien au contraire de construire quelque chose en commun. Comment voulez-vous que les citoyens européens adhérent à ce grand projet et comprennent de quoi il s’agit, si leurs propres élus procèdent à une critique systématique des dossiers en cours?", s’est interrogé Jean-Claude Juncker.

Le Premier ministre a également commenté les travaux de la Convention sur l’avenir de l’Union et plus particulièrement l’élection d’un président du Conseil européen. Pour lui, la création de ce nouveau poste compliquerait la situation déjà assez complexe avec un nouveau président élu du Conseil européen, qui aurait pour mission de représenter l ‘Union européenne vers l’extérieur, mais qui ne pourrait rien dire parce qu’il ne disposerait pas des moyens d’analyse, ni des moyens de coercition sur les autres pour faire germer les idées européennes et en faire une position cohérente et unique, ainsi que d’un Président de la Commission, qui lui n’a plus le poids nécessaire pour pouvoir devenir l’organe d’articulation privilégié de l’Union européenne. "La méthode communautaire doit se poursuivre de façon usuelle et efficiente avec une proposition émanant de la Commission, un vote à la majorité au sein du Conseil, sans oublier la compétence partagée du Parlement européen dans la plupart des domaines", a expliqué le Premier ministre.

Jean-Claude Juncker a aussi parlé de l’élargissement de l’Union européenne et des défis qui vont en résulter. Il s’est dit choqué par le manque de courage politique autour de ce grand événement. "Soit nous réussissons ce grand pari ou alors nous risquons de nous retrouver nez à nez avec les errances de notre passé. Il ne faudrait pas oublier que l’Union européenne reste un immense projet de paix pour notre continent", a commenté le Premier ministre. D’après lui, il est nécessaire de fortifier chaque jour l’intégration des nouveaux pays pour former l’Union européenne, la vraie, bien évidemment tout en respectant les intérêts nationaux ainsi qu’une méthode commune et solidaire. "C’est pour cela qu’il faudra absolument être prêt à accepter de nombreux compromis, surtout si nous sommes 25 ou bien 27 membres autour de la table. Déjà en amont, il faudrait éviter de former des groupes ou des sous-catégories entres nouveaux membres et anciens membres, pour ne pas tarir la cohésion naissante avant l’heure", a insisté le Premier ministre.

En guise de conclusion, Monsieur Juncker a brièvement rappelé certains éléments importants concernant l’Union européenne. "L’Union européenne n’est pas uniquement un projet que nous réalisons pour nous-mêmes, mais représente également une proposition que nous faisons au reste du monde", a commenté le Premier ministre avant d’ajouter: "Ici nous ne travaillons et planifions pas pour les deux prochaines semaines mais pour les 30, voire 40 prochaines années. Si nous nous trompons, ce seront les générations futures qui en paieront le prix".

Jean-Claude Juncker a finalement rappelé qu’il était extrêmement important de passionner les Européens, de leur faire partager ces grands projets d’envergure et d’avenir. "Et pour réussir cette mission, il nous faudra beaucoup de courage, d’endurance et de détermination", a-t-il insisté.


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   Liens internes
  * "Europa auf dem Sprung", Premierminister Jean-Claude Juncker (Internationaler Club La Redoute e.V., Bonn)

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