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Le Premier ministre, ministre des Finances Jean-Claude Juncker et le ministre de l’Économie Henri Grethen ont participé aux réunions de l’Eurogroupe et du Conseil Affaires économiques et financières les 14 et 15 juillet 2003 à Bruxelles.
Les ministres des Finances des pays membres de la zone Euro ont discuté de la situation économique internationale actuelle et des perspectives conjoncturelles dans les mois à venir.
Concernant l’appel du Président de la République française Jacques Chirac pour un "assouplissement" du pacte de stabilité et de croissance, l’Eurogroupe a estimé que le pacte en question comportait suffisamment d’éléments permettant une interprétation flexible de son application.
Jean-Claude Juncker a en outre estimé qu’une rigueur budgétaire excessive, notamment en France et en Allemagne, qui se concrétiserait par le gel d’importants investissements publics pourrait anéantir les faibles signes de relance économique et entraîner ainsi toute la zone euro dans une morosité conjoncturelle soutenue. "Je suis d'avis", a dit le chef du gouvernement luxembourgeois, "que nous examinions, dans un processus concerté et coordonné au niveau européen, quels pays pourraient temporairement faire l’objet d’une analyse moins stricte de la part des partenaires de la zone euro". "La priorité absolue", a estimé Jean-Claude Juncker, "doit être la croissance et la création d’emplois et il s’agit dorénavant de prendre les mesures adéquates afin d’y répondre".
Le Conseil Affaires économiques et financières fut principalement consacré aux discussions concernant le programme de la présidence italienne du Conseil et notamment l’initiative de relance économique par un programme de grands projets d’infrastructures en Europe.
Le Conseil a ainsi demandé à la Commission européenne, en coopération avec la Banque européenne d’Investissement (BEI) de faire des propositions concrètes qui doivent viser à soutenir "la croissance en améliorant et/ou en augmentant les investissements globaux ainsi que la participation du secteur privé aux Réseaux européens de transport et aux projets de recherche et de développement".
Ce sera ensuite au tour du Comité économique et financier (CEF), qui regroupe des experts de chaque État membre, d’évaluer l’impact de ces propositions ainsi que leur compatibilité avec la stabilité macroéconomique et des finances publiques saines, y compris le pacte de stabilité et de croissance. Un premier rapport devrait être soumis pour le Conseil européen d’octobre, le rapport final étant attendu pour le sommet de décembre 2003. Le plan de la présidence prévoit ainsi de d’investir € 50 milliards par an jusqu’en 2010 dans des grands chantiers de transports européens et dans des projets de recherche.
Pour Jean-Claude Juncker l’idée de la présidence italienne mérite une certaine "sympathie", même s’il estime que la liste des projets d’infrastructures et de recherche à financer et à réaliser devra encore être aménagée de façon à être répartie équitablement entre tous les États membres de l’Union européenne.
Les ministres des Finances et de l’Économie ont également adopté une recommandation pour la nomination de Jean-Claude Trichet au poste de Président de la Banque centrale européenne.
Jean-Claude Trichet, qui prendra la succession de Wim Duisenberg, sera auditionné par la Commission compétente du Parlement européen au mois de septembre. Sa nomination définitive par les chefs d’État et de gouvernement devrait intervenir lors du Conseil européen d’octobre 2003.
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