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Le commissaire aux droits de l’homme, Alvaro Gil-Robles, s'est rendu les 2 et 3 février 2004 pour une visite officielle au Luxembourg. La visite s'inscrivait dans le cadre de sa mission générale d’examen de la situation des droits de l’homme dans les Etats membres du Conseil de l’Europe.
Le 3 février, Alvaro Gil-Robles a eu des entretiens avec le Premier ministre Jean-Claude Juncker et le Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Lydie Polfer.

Le 2 février, il a été reçu par le ministre de la Justice Luc Frieden et la ministre de la Famille, de la Solidarité sociale et de la Jeunesse, ministre de la Promotion féminine, Marie-Josée Jacobs.

Le ministre de la Justice Luc Frieden et le commissaire aux droits de l’homme ont abordé, entre autres choses, les questions relatives aux droits des étrangers et à l’asile ainsi que les mesures de lutte contre la traite des femmes.

Les conditions générales d'emprisonnement et les mineurs en prison furent d'autres dossiers à l'ordre du jour.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre Lydie Polfer, le commissaire aux droits de l’homme a fait part des impressions générales qu’il avait pu recueillir pendant les deux jours de sa visite. Il a dépeint le Luxembourg comme "un pays profondément démocratique, respectueux des droits de l’homme et vigilant à l'égard des dangers d’une éventuelle violation". Les responsables politiques lui auraient donné le sentiment "qu’on ne cache rien".
En même temps, le commissaire du Conseil de l’Europe a émis des réserves sur certains dossiers. Il a signalé dans ce contexte le centre destiné à l’hébergement de jeunes délinquants. Il a recommandé de différencier entre ce groupe de détenus et la prise en charge de mineurs accueillis pour cause de problèmes sociaux. Il a notamment plaidé en faveur de l’abolition de l’isolement total comme mesure disciplinaire à l'encontre des jeunes détenus.

Alvaro Gil-Robles a, par ailleurs, qualifié la question des réfugiés et des demandeurs d’asile de "dossier difficile". Il a incité les responsables politiques à mettre en place les mesures nécessaires pour que les procédures d’asile soient accélérées.
D’après le commissaire aux droits de l’homme, des efforts supplémentaires devraient également être fournis en matière de justice pénale qui serait, selon lui, parfois sujet à des lenteurs.
Afin d’améliorer l’efficacité de la lutte contre le trafic des êtres humains, Alvaro Gil-Robles a invité le gouvernement luxembourgeois à revoir les modalités requises pour l’exploitation d’un cabaret. D’après lui, les pratiques de visas en vigueur favoriseraient la traite des femmes pratiquée par des cercles mafieux. Le ministre Lydie Polfer a fait part de la volonté du Luxembourg de trouver une solution à ce problème au niveau européen.
En évoquant la lutte contre le terrorisme au niveau européen, le commissaire aux droits de l’homme a lancé un appel en faveur du respect des droits de l’homme et des libertés démocratiques : "Attention à la dérive sécuritaire en Europe !".
Lors de sa visite, Alvaro Gil-Robles a également rencontré le président de la Cour supérieure de justice, le président du Tribunal d’arrondissement, le procureur général d’Etat, le procureur d’Etat et le directeur général de la Police grand-ducale.
Le président Jean Spautz a aussi accueilli le commissaire aux droits de l’homme à la Chambre des députés pour une réunion avec les membres des commissions. Une entrevue avec Marc Fischbach, médiateur du Grand-Duché de Luxembourg, figurait également à l'ordre du jour.
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