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Le Premier ministre Jean-Claude Juncker s'est rendu en visite officielle à Paris du 26 au 27 février 2004. Il était accompagné de Lydie Polfer, Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, de Luc Frieden, ministre de la Justice, et de Henri Grethen, ministre de l’Economie, ministre des Transports.

Jean-Claude Juncker accueilli par le président Chirac au Palais de l'Elysée
L’actualité européenne et les sujets bilatéraux figuraient au centre des pourparlers que le Premier ministre a eus avec son homologue Jean-Pierre Raffarin et avec le président de la République, Jacques Chirac.
Identité de vues presque totale
En ce qui concerne les grands dossiers européens, le Premier ministre luxembourgeois a souligné "l’identité de vues presque totale" entre les gouvernements français et luxembourgeois quant aux grandes échéances européennes. Ainsi, les deux côtés ont estimé qu’un accord sur la Constitution européenne devrait être trouvé avant la fin de l’année 2004.

Jean-Claude Juncker et Jean-Pierre Raffarin
Par ailleurs, Jacques Chirac et Jean-Claude Juncker ont partagé les mêmes points de vue sur les perspectives financières, le processus de Lisbonne ainsi que les réaménagements à apporter au pacte de stabilité. A cet égard, Luxembourg et Paris ont estimé que, tout en maintenant le taux de déficit des dépenses publiques à 3%, il faudrait faire preuve de plus de flexibilité en période conjoncturelle difficile. Les deux côtés n’ont pourtant pas trouvé d’accord en ce qui concerne le financement de l’Union européenne. Tandis que le président français affirmait que le budget ne devrait pas dépasser 1% du PIB d’ici 2013, le Premier ministre luxembourgeois plaidait pour une approche "plus réaliste" des ambitions européennes.

Jean-Claude Juncker à l'IFRI, à dr. Thierry de Montbrial, directeur général de l’IFRI
Une grande partie des entretiens entre les délégations française et luxembourgeoise a été dominée par la future Présidence luxembourgeoise de l’Union européenne au premier semestre 2005. Jacques Chirac a affirmé y attacher beaucoup d'attention parce qu’il faudrait "faire preuve d'imagination et de technicité, mais aussi d'intelligence sur des sujets tout à fait essentiels".

"Je suis Premier ministre luxembourgeois, je voudrais le rester"
Evoquant une éventuelle candidature de Jean-Claude Juncker à la succession de la présidence de la Commission européenne, Jacques Chirac a souligné toute l’estime qu’il portait à son invité luxembourgeois qu’il jugeait capable d’assumer les plus hautes responsabilités. Jean-Claude Juncker avait réfuté d’emblée de telles rumeurs dans une interview accordée le matin du 27 février à RTL France où il avait souligné, comme il l'avait fait déjà à plusieurs reprises auparavant, qu'il n'est pas candidat au poste de président de la Commission européenne: "Je suis candidat à ma propre succession comme Premier ministre au Luxembourg, parce que le 13 juin, en dehors des élections européennes, nous avons des élections pour le parlement national; je suis Premier ministre luxembourgeois, je voudrais le rester."
Dans une interview publiée le 26 février 2004 dans le quotidien Libération, interrogé sur "le portrait idéal du futur président de la Commission européenne", Jean-Claude Juncker avait estimé que le futur président devrait être "une personnalité forte capable d'être meneur de jeu et non pas un juge de touche qui veillerait au seul respect des règles du marché intérieur." Il devrait en outre être "un bon communicateur" qui devrait "apprendre aux Européens à aimer l'Europe".

Lydie Polfer et Michèle Alliot-Marie
Le Luxembourg, "la petite France de l'étranger"
Quant aux dossiers bilatéraux abordés lors des entrevues, Jean-Claude Juncker, en soulignant l’ambiance de "parfaite harmonie" dans laquelle ceux-ci avaient été traités, a constaté : "Nous sommes Grand-Duché, mais nous sommes la petite France de l’étranger". Dans la suite de la visite du président du Conseil régional de Lorraine, Gérard Longuet, le 25 février 2004 à Luxembourg, les débats ont porté principalement sur un éventuel engagement français dans le projet de reconversion des friches industrielles à Belval-Ouest. A cet égard, le ministre de l’Economie, Henri Grethen a estimé que l’application du droit luxembourgeois sur la partie française des friches devrait se faire sans problèmes.

Luc Frieden et Dominique Perben
Les interlocuteurs français ont, pour leur part, affirmé leur volonté de mettre en œuvre un programme de développement de la zone frontalière qui devrait se faire en accord avec le projet luxembourgeois. Une déclaration conjointe des deux chefs de gouvernement sur la coopération transfrontalière devrait être finalisée dans un avenir proche.
Le Premier ministre invité de l'IFRI
La veille de sa visite officielle, le Premier ministre avait été l’invité de l’Institut français des Relations internationales (IFRI). Dans le cadre d'une conférence-débat, il avait tenu un discours intitulé "Quel avenir pour l’Europe ?". Evoquant les divergences prévalant au niveau européen en ce qui concerne la future Constition, Jean-Claude Juncker a plaidé en faveur d'un retour aux questions essentielles de la construction européenne: "C’est les contenus politiques qui intéressent les citoyens de l’Europe. Et si l’on veut pouvoir ajouter en contenu politique aux politiques telles qu’elles sont, il faut parfois savoir se défaire de l’idée que tout doit être décidé à l’unanimité et marquer un pas décisif en direction d’une introduction de la majorité qualifiée.", a-t-il estimé.
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