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La cheffe du département fédéral des Affaires étrangères suisse, Micheline Calmy-Rey, a effectué une visite de travail le mardi 9 mars 2004 au Luxembourg. A cette occasion, elle a rencontré le Premier ministre Jean-Claude Juncker, le ministre du Budget Luc Frieden ainsi que le ministre des Affaires étrangères Lydie Polfer.
Partenaires et concurrents
Lors d’une conférence de presse commune, les deux chefs de la diplomatie ont relevé les nombreux points communs entre la République helvétique et le Grand-Duché, parmi lesquels la place financière figure au premier rang. A ce propos, Lydie Polfer a souligné que la mise en œuvre de la directive sur la fiscalité de l’épargne, prévue pour le 1er janvier 2005, ne pouvait se faire sans qu’un accord avec la Suisse ait été trouvé au préalable. "Nous sommes partenaires mais nous sommes aussi concurrents", a déclaré le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois.
Lydie Polfer a assuré son homologue helvétique du soutien du Luxembourg dans la recherche d’une solution dans le dossier fiscal. "Cela ne sert à rien de fustiger nos partenaires de négociations", a-t-elle affirmé. Elle a exprimé sa confiance qu’un accord sur cette question puisse être trouvé avant la fin de l’année 2004. "Mais cela ne dépend pas uniquement de la Suisse", a reconnu Lydie Polfer, en évoquant l’état des négociations avec la Grande-Bretagne au sujet de ses territoires dépendants.
De son côté, Micheline Calmy-Rey a relevé l’importance des investissements suisses au Grand-Duché, qui occupe le cinquième rang dans la balance des échanges extérieures de la République helvétique. Elle a remercié son homologue de l’appui luxembourgeois dans les négociations avec l’Union européenne.
La Suisse réclame des concessions dans le domaine de Schengen
Dans le dossier fiscal, la Suisse aurait démontré, selon Micheline Calmy-Rey, sa bonne volonté en acceptant l’introduction d’une fiscalité à la source de l’ordre de 35 %. "Maintenant, c’est au tour de l’Union européenne de faire un effort dans le domaine de la libre circulation des citoyens", a-t-elle déclaré. A ce propos, elle a regretté que les autorités suisses n’aient pas été informées au préalable par les instances allemandes de leur intention de renforcer les contrôles aux postes de frontière germano-suisses.
Interrogée sur une éventuelle adhésion de la Suisse à l’Union européenne, la cheffe de département des Affaires étrangères a indiqué qu’en rejetant une telle option dans un récent référendum, la population suisse s’était clairement exprimée en faveur de la poursuite de la voie des accords bilatéraux entre la République helvétique et l’Union européenne.
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