|
Le Luxembourg a organisé le 15 mars 2004 une conférence ministérielle au sujet de l'initiative ESTHER (Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière en réseau). La conférence était présidée par le ministre luxembourgeois de la Coopération et de l'Action humanitaire Charles Goerens et le président du Conseil d'administration du groupement d'intérêt public (GIP) ESTHER Bernard Kouchner.

Charles Goerens et Bernard Kouchner
La conférence a réuni les pays membres d'ESTHER (France, Luxembourg, Espagne et Italie) ainsi que quatre nouveaux pays (Belgique, Allemagne, Autriche et Portugal) intéressés à adhérer à l’initiative, basée sur des jumelages entre hôpitaux du Nord et du Sud afin de garantir un accès élargi au traitement contre le sida dans les pays en développement.
Lors de la réunion, Charles Goerens et Bernard Kouchner, ainsi que le ministre belge de la Coopération au développement Marc Verwilghen, le secrétaire d'Etat allemand à la Coopération Erich Stather, la secrétaire d'Etat portugaise aux Affaires étrangères Maria Manuela Franco et un haut représentant du gouvernement autrichien ont établi un premier bilan de l’initiative ESTHER.
D'après le ministre luxembourgeois, la conférence a été couronnée de succès. En effet, quatre nouveaux pays se sont engagés à participer à ESTHER et se sont associés formellement à la déclaration commune signée en 2002 à Rome.
La conférence a permis en outre d’assurer le suivi des résultats d’ores et déjà obtenus et de traduire dans les faits l’engagement de pays de plus en plus nombreux pour un accès au traitement et de renforcer la dynamique d'ESTHER en élargissant ce partenariat à d’autres pays européens.
ESTHER
ESTHER avait été lancée en 2002 par la France et le Luxembourg, sur initiative de Bernard Kouchner, ancien ministre français de la Santé, a expliqué Charles Goerens à l’issue de la conférence. Très vite, l’Espagne et l’Italie ont rejoint cette initiative, qui fut officiellement lancée en avril 2002.

ESTHER vise à promouvoir et à garantir un accès élargi et efficace au traitement contre le sida dans les pays en développement, grâce à des jumelages entre hôpitaux du Nord et hôpitaux du Sud. Ceux-ci permettent un échange de savoir-faire, d’expériences et de technologie, créant ainsi un cadre et des conditions optimales pour la prise en charge de malades atteints par le virus du VIH/SIDA.
"Il faut que l’accès aux soins soit plus égalitaire", a remarqué le président du Conseil d'administration du GIP ESTHER, tout en constatant que cette initiative "est infiniment petite par rapport aux besoins". En effet, environ 30 millions de personnes en Afrique sont atteintes du virus du VIH/SIDA. Actuellement, 300.000 personnes sont traitées dans le cadre de cette coopération Nord-Sud.
Grâce à ESTHER, environ 60 hôpitaux de France, du Luxembourg, de l’Espagne et de l’Italie travaillent aujourd’hui en étroite collaboration avec des hôpitaux dans 22 pays bénéficiaires et assurent un accès au traitement pour de nombreux patients porteurs du virus.
La coopération luxembourgeoise soutient notamment deux partenariats / jumelages d’hôpitaux au Rwanda: un partenariat entre le Centre hospitalier de Luxembourg et le Centre hospitalier Kigali, d’une part, et les hôpitaux d’Ettelbruck et de Rwamagana d’autre part. En particulier, le projet luxembourgeois a permis de former 310 personnes (des médiateurs, des infirmiers ou des médecins). 620 malades sont suivies dans le cadre du projet, dont 260 sont sous traitement.
"La santé n’a pas de prix, mais elle a un coût", a conclu Charles Goerens quant au bien-fondé de cette initiative. Et Bernard Kouchner d’ajouter qu’"il faut commencer petit et voir grand".
 |
Pour en savoir plus ... |
 |
|