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Le 16 juillet 2004, Charles Goerens, ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire, a présenté conjointement avec Nicola Harrington, directrice de la division de la mobilisation des ressources du PNUD, et Claes Johansson, statisticien du bureau du rapport sur le développement humain, le rapport mondial du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) sur le développement humain de l'année 2004.
Le rapport, élaboré à la demande du PNUD, classe 177 pays en fonction de leur niveau de développement humain.
Au dire du ministre Charles Goerens, le rapport du PNUD constitue un document de référence de grande importance. Ainsi, la coopération luxembourgeoise s'en sert pour le choix de ses pays partenaires. Cet outil intéressant permet en outre de suivre l'évolution dans chacun de ces pays. De plus, le rapport renseigne sur le degré de développement des pays: il donne un aperçu macroéconomique et analyse divers aspects sectoriels, comme par exemple le degré d'alphabétisation.
Le rapport comporte également une évaluation des progrès, pays par pays, en vue de la réalisation des objectifs de développement du millénaire, dont le PNUD se considère comme le "contrôleur" et le "directeur de campagne".
Le Luxembourg en 4e position
L'indicateur du développement humain (IDH) mesure le niveau atteint par un pays en termes d'espérance de vie, d'instruction et de revenu réel corrigé. Le choix s'était porté sur ces variables parce qu'elles sont universelles et disponibles pour tous les pays, a expliqué le statisticien du bureau du rapport sur le développement humain, Claes Johansson.
Dans le classement selon l'IDH, le Luxembourg occupe la la 15e position. Toutefois, le rang du Luxembourg ne serait pas celui qui lui revient, ont noté le ministre luxembourgeois et les représentants du PNUD.
"Le Luxembourg figure certainement parmi les pays les plus riches et développés du monde", a reconnu Claes Johansson. Néanmoins, la définition internationale utilisée pour le taux de scolarité ne prend pas en compte les élèves scolarisés à l'étranger. "Les chiffres fournis par le Statec, qui prennent en compte la scolarité des élèves luxembourgeois à l'étranger, nous permettent de dire que le Luxembourg arriverait en 4e position", a dit Nicola Harrington.
Depuis les années 1990, vingt pays ont souffert d’un recul de l’IDH, dont treize en Afrique subsaharienne, a regretté Claes Johansson, en ajoutant que l’objectif de l’indicateur était d’attirer l’attention de la communauté internationale sur ces questions.
Les cinq pays dont le développement humain est le plus bas dans le monde sont les suivants: Burundi, Mali, Burkina Faso, Niger et Sierra Leone. Le pays le plus élevé dans l’IDH est la Norvège, suivie de la Suède, l’Australie, le Canada et les Pays-Bas.
"La liberté culturelle dans un monde diversifié"
Le rapport de l'année 2004 est consacré à "La liberté culturelle dans un monde diversifié". Selon Nicola Harrington, les libertés culturelles devraient être considérées comme un droit fondamental et comme une nécessité pour le développement des sociétés de plus en plus diverses du 21e siècle.
"Avec plus d’un million de personnes disposant de moins d'un dollar par jour pour vivre, quelle est la relation entre le développement humain et la liberté culturelle?", s’est interrogée Nicola Harrington. À son avis, la perspective du développement humain doit tenir compte de la liberté culturelle. Ainsi, le développement humain consisterait aussi à permettre aux personnes de vivre librement, et la protection de la liberté culturelle serait également une protection des droits de la personne.
"Il ne faut pas être discriminatoire au sujet des libertés culturelles des personnes", dit Nicola Harrington. Elle a ainsi affirmé que 500 millions de personnes ne seraient pas libres pour parler leur langue maternelle et qu’une personne sur sept souffrirait de discriminations ethniques ou religieuses.
"La liberté culturelle et le multiculturalisme - parler sa langue maternelle, pratiquer sa religion et respecter ce qui est différent - sont les clefs du développement humain", a-t-elle conclu à ce sujet. Or la mise en œuvre des politiques requises pour assurer cette liberté ne serait pas évidente, a déploré la représentante du PNUD.
En ce qui concerne le Luxembourg, la directrice de la mobilisation des ressources du PNUD a noté à ce sujet que le pays ne serait pas seulement un modèle en matière de développement humain, mais soutenait aussi la liberté culturelle.
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