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- seul le texte prononcé fait foi -
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés,
C’est avec une grande joie que je déclare aujourd’hui solennellement ouverte, à la Chambre, la première session de la nouvelle période législative.
Il m’est donné d’exercer pour la deuxième fois déjà cette prérogative qui m’est accordée par notre Constitution et je voudrais souligner la position importante de notre Chambre, élue au suffrage universel direct, dans le paysage politique luxembourgeois.
Par notre présence ici aujourd’hui, la Grande-Duchesse et moi-même manifestons la volonté qu’a notre famille de soutenir chaque responsable politique dans l’exercice de ses fonctions.
Le début de cette nouvelle législature est aussi un moment privilégié pour partager avec vous quelques réflexions sur les événements actuels, mais surtout ceux à venir.
Des sentiments diffus de crainte au sujet de notre avenir se dégagent des nombreuses conversations que j’ai eues avec les personnes rencontrées dernièrement.
Plusieurs raisons justifient cela:
- les grandes idéologies héritées du XIXe siècle sont désuètes;
- l’image traditionnelle de la famille appartient dans la plupart des cas au passé;
- la nation se trouve toujours davantage sous l’emprise de l’Union européenne;
- le progrès technologique est de plus en plus perçu comme une menace pour l’emploi et le respect de l’environnement;
- la concurrence avec les nouveaux partenaires européens est associée à la délocalisation d’entreprises;
- notre modèle social est décrit comme étant impossible à financer.
En d’autres termes, de nombreuses valeurs établies sont maintenant considérées comme démodées.
Les autres événements auxquels nous assistons dans le monde aujourd'hui sont loin d’être encourageants. Les images de guerre, de famine et de terrorisme reviennent quotidiennement sur nos écrans de télévision.
Par conséquent, le risque de sombrer dans la nostalgie est de plus en plus grand et l’on entend de plus en plus fréquemment des propos tels que "Nous ne sommes plus à la hauteur" ou "Tout était mieux autrefois".
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés,
Nous ne devons jamais oublier une chose essentielle: l’avenir, contrairement au passé, n’est pas encore écrit. L’avenir est un jeu d’ensemble où chacun est mis à contribution sous l’impulsion du gouvernement. Il reste que ce que l’avenir nous réserve prend progressivement forme dans cette enceinte. Une chose est sûre: le marché et l’économie sont souvent aveugles. Le budget doit être sain. Cela n’est cependant pas suffisant pour mettre une société en mouvement. L’intervention de la politique s’impose ici. Elle développe des projets ambitieux. Enseignement, réseau social, infrastructures, économie, sécurité, culture, santé, sport, notre position en Europe et dans le monde: lorsqu’il s’agit de l’avenir, tous les domaines sont concernés.
Pour cela, nous n’avons pas seulement besoin d’argent, mais également d’imagination et de buts clairement définis. Pour tout ceci, il faut aussi une volonté partagée aujourd'hui par tous les acteurs concernés : les administrations, les communes, la société civile, le commerce et les entreprises, notre université nouvellement créée et nos centres de recherche.
Il est clair que l’État ne peut pas se charger de tout ce qui touche à notre avenir. Des initiatives locales sont assurément souhaitables, comme nous avons pu le constater récemment lors de la fusion de communes.
Ceci vaut pour notre pays, mais aussi pour la Grande Région. L’acceptation de toutes ces réformes - celles que le gouvernement actuel, tout comme le gouvernement précédent, s’est engagé à réaliser - est plus grande si les initiatives sont partagées par la base.
Notre politique d’aide au développement, dont nous pouvons être très fiers, est un bon exemple dans ce contexte. N’est-ce pas cette coopération permanente entre le gouvernement et les nombreuses ONG, tout comme les nombreux citoyens actifs dans le bénévolat, qui a engendré ces résultats ?
Je suis également convaincu - permettez-moi de le souligner ici - qu’il faut redonner au civisme une position plus importante dans le cadre de nos programmes scolaires. Nos élèves doivent savoir comment fonctionnent nos institutions, notamment notre Chambre. Pour des citoyens responsables, ces connaissances me semblent essentielles.
Créons aussi des tribunes où analyser des problèmes sociaux délicats tels que le taux élevé de suicides que connaît notre pays, et ce alors que nous venons d’être confrontés à cette réalité dramatique de manière particulièrement tragique.
C’est la seule façon pour nous de faire accepter de nouvelles idées ou de nouvelles voies, comme par exemple l’introduction de la double nationalité ou l’adoption de la Constitution européenne.
Pour ce qui est de l’égalité hommes-femmes, je voudrais saisir cette occasion pour vous proposer d’instaurer également chez nous l’égalité à part entière en matière de succession au trône.
Nous nous sommes beaucoup souvenus, les jours passés, de ceux qui nous ont rendu notre liberté et surtout de ceux qui ont donné leur vie pour notre liberté. Nous leur sommes redevables. Ainsi, nous ne devons jamais oublier ceux à qui nous devons notre bien-être social.
Pour tout ceci, pour que le Luxembourg reste également à l’avenir à la hauteur dans la Grande Europe, nous avons simplement besoin de cet esprit et de cette volonté dont les générations précédéntes ont souvent fait preuve dans une multitude de situations bien plus difficiles.
Je suis certain que notre jeunesse ne manque pas d’enthousiasme.
Permettez-moi de souligner ici les exploits formidables de nos jeunes sportifs au cours des dernières semaines. Il en va de même dans le domaine de la culture. Cet acharnement et cet engagement font que je n’ai aucune crainte pour notre avenir.
Dans cet esprit, je suis persuadé que nous allons réaliser de grands projets durant les cinq prochaines années et, en premier lieu:
- un pays où, pour chaque citoyen, Luxembourgeois ou non, il fait bon vivre;
- un pays où les visions deviennent réalité;
- un pays où la joie, la tolérance et la solidarité sont des maîtres-mots.
Je vous remercie pour votre attention.
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