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Le 21 octobre 2004, François Biltgen et Octavie Modert, respectivement ministre de et secrétaire d'État à la Culture, l'Enseignement et la Recherche, ont tenu une conférence de presse au sujet de l'Université du Luxembourg ayant pour but de répondre aux questions suivantes:
François Biltgen et Octavie Modert
L'attitude du gouvernement face à l'Université du Luxembourg
François Biltgen a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre les objectifs de la loi du 12 août 2003 portant création de l'Université du Luxembourg, à savoir de créer une université de taille réduite à rayonnement international. Pour ce qui est de l'organisation des enseignements de cet établissement, le ministre a clairement mis en avant qu'il s'agissait "de ne pas faire un peu dans beaucoup de domaines mais de faire beaucoup dans peu de domaines".
L'Université est actuellement une entreprise de taille moyenne. Elle occupe 137 enseignants chercheurs, dont 52 au rang de professeur et 32 au rang d'assistant professeur. 61,3% du personnel ont donc les qualifications et l'activité de publication nécessaires pour mettre en œuvre d'ores et déjà une université de recherche. 29 personnes sont employées comme personnel scientifique dans les laboratoires de recherche et 31 personnes sont engagées dans des projets de recherche. 560 vacataires interviennent pour donner des cours à l'Université. 102 personnes forment le personnel administratif et technique.
À l'avenir, l'Université du Luxembourg devra aussi se distinguer tout spécialement par son offre de services aux étudiants. Un service logement étudiant a déjà été mis en place, service qui sera progressivement étendu à tous les aspects de la vie estudiantine. Par ailleurs, les activités et le personnel de Wunnraum fir Studenten seront intégrés dans l'université. À l'heure actuelle, 178 chambres sont à disposition des étudiants.
Au sujet de la question de l'occupation salariale des étudiants, le ministre a également affirmé qu'elle ne pose aucun problème en droit pour les étudiants ressortissants d'États membres de l'Union européenne. Il a ensuite promis que la question de l'accès des ressortissants non communautaires à des emplois leur permettant de financer leurs études sera réglée rapidement comme suite à l'adoption de la proposition de directive communautaire y relative.

La stratégie à moyen terme envisagée pour l'Université
Octavie Modert a mis en avant le principe fondateur d'une université avec un profil ciblé. L'établissement est ainsi appelé à se spécialiser dans les domaines dans lesquels le Luxembourg a une expérience et une compétence certaines et à éviter un foisonnement de ses activités de recherche et d'enseignement.
Deux axes de développement s'en dégagent:
- l'Université du Luxembourg sera une université de recherche, qui décline les enseignements à partir de ses programmes de recherche, donc une université qui, dans son développement, mise sur la création de formations de type master ainsi que sur la création d'écoles doctorales;
- un deuxième axe de développement sera la réforme des formations professionnelles, à savoir: instituteur, éducateur gradué, ingénieur industriel. L'Université devra, d'une part, en faire des formations débouchant sur un bachelor professionnel et, de l'autre, aménager leurs orientations et leurs contenus pour qu'elles répondent aux profils professionnels proposés par les employeurs respectifs.
L'Université du Luxembourg devra être une plus-value pour la Grande Région en étant spécifique et complémentaire par rapport à ce qui se fait dans les universités des régions avoisinantes et en s'intégrant dans des réseaux internationaux. Dans le cadre de l'autonomie que lui confère la loi du 12 août 2003, l'Université devra évidemment organiser elle-même son fonctionnement, ses enseignements et sa recherche.
Pour ce faire, François Biltgen a encore rappelé que le budget pour l'année 2005 s'élève à 36.191.798 euros, ce qui correspond à une dotation de l'État d'environ 31 millions d'euros et les salaires des fonctionnaires de l'État travaillant pour l'Université du Luxembourg. Ce budget est en progression de 52% par rapport à 2004. Quant à l'évolution annuelle de ce budget, le ministre a rappelé que le programme gouvernemental dit à ce sujet: "Le gouvernement donnera à l'Université les moyens nécessaires pour qu'elle puisse atteindre les objectifs définis dans le plan quadriennal."

La communication entre tous les acteurs de l'Université
Le gouvernement est d'avis que l'établissement du programme quadriennal, qui n'a pas encore pu être établi suite au décès du recteur François Tavenas, devra se faire dans le dialogue soutenu avec tous les acteurs concernés. Les propositions doivent venir "d'en bas". Au Conseil de gouvernance et au gouvernement d'arrêter les décisions à l'issue du dialogue.
Ce dialogue sera mis en œuvre par le biais de l'organisation des "Assises de l'Université", le 11 janvier 2005. Celles-ci réuniront notamment les structures dirigeantes de l'Université, les enseignants-chercheurs, les représentants du monde économique et de la société civile, les étudiants et les responsables politiques.
La désignation d'un nouveau recteur
En conclusion de cette conférence de presse, le président du Conseil de gouvernance de l'Université du Luxembourg, Raymond Kirsch, a annoncé le choix définitif d'un nouveau recteur en la personne du professeur Rolf Tarrach, docteur en physique et vice-recteur de l'université de Barcelone.
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