Le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg Informations et Actualités du Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg
x x Recherche
x xx Recherche avancée x x
  Home | Nouveautés | Newsletter | Liens | Vos réactions | Contact Aide | Index | A propos du site
      ImprimerEnvoyer à

> home > Salle de presse > Articles d'actualité > Mars 2005 > Réunion des présidents des commissions des Affaires étrangères des parlements de l´UE, du PE et des pays candidats

Article d'actualité
Réunion des présidents des commissions des Affaires étrangères des parlements de l´UE, du PE et des pays candidats
14-03-2005

Vers le niveau supérieur
La réunion des présidents des commissions des Affaires étrangères et de la Coopération des parlements de l’UE, du Parlement européen et des pays candidats a été organisée le 14 mars 2005 au Centre culturel de rencontre Abbaye de Neumünster.

Jean-Claude JunckerLe Premier ministre et président en exercice du Conseil européen, Jean-Claude Juncker, y est intervenu, tout comme le ministre des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil de l'UE, Jean Asselborn, le ministre de la Justice, ministre de la Défense, Luc Frieden, et le ministre de la Coopération et de l'Action humanitaire, Jean-Louis Schiltz.

Jean-Claude Juncker: "Il est essentiel de sauvegarder l'équilibre originel de Lisbonne"

En guise d’introduction, le Premier ministre a dressé un bref bilan de la préparation du Conseil européen des 22 et 23 mars 2005. Sur le pacte de stabilité et de croissance, Jean-Claude Juncker a informé les représentants nationaux que des réunions des ministres de l’Économie et des Finances au sein de l’Eurogroupe et de l’Eurogroupe élargi auront lieu le 20 mars et qu’il faudra "dégager un accord pour débattre de la suite des événements dans les meilleures conditions".

Au sujet de la stratégie de Lisbonne, Jean-Claude Juncker a rappelé qu’il est essentiel "de sauvegarder l’équilibre originel de Lisbonne adopté en mars 2000" entre les trois piliers économique, social et environnemental. Sur ce dernier point, le Premier ministre a signalé que "nous voulons une politique environnementale mieux équilibrée pour répondre aux impératifs du développement durable".

Le Premier ministre Jean-Claude Juncker a ensuite répondu aux diverses questions des présidents des commissions des parlements nationaux, essentiellement sur des points de politique étrangère.

À propos de la Russie, Jean-Claude Juncker a déclaré que la Russie est et restera un partenaire privilégié de l’Union. Selon Jean-Claude Juncker, "de tous les présidents russes, Vladimir Poutine est celui qui, plus que d’autres, a le regard porté sur l’Europe".

Au sujet de la Croatie, Jean-Claude Juncker a rappelé que le Conseil "Affaires générales et relations extérieures" du 16 mars devra prendre une décision sur le début des négociations, mais que "l’unanimité n’est pas atteinte pour l’instant", car selon le Premier ministre, "les conditions ne sont pas remplies".

Jean-Claude Juncker a déclaré que "nous allons essayer de trouver une formulation des conditions sur lesquelles les négociations peuvent commencer". [...] Faisant allusion aux conclusions du Conseil européen du 17 décembre 2004, selon lesquelles "le Conseil européen a demandé au Conseil de l’Union européenne de parvenir à un accord sur ce cadre en vue de l'ouverture des négociations d'adhésion le 17 mars 2005, pour autant que la Croatie coopère pleinement avec le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY)", Jean-Claude Juncker a ainsi estimé "qu’il n’existe aucune autre condition que celles décidées en décembre 2004".

Sur le Proche-Orient et le conflit israélo-palestinien, le Premier ministre Juncker a déclaré que "la Communauté internationale doit montrer qu’elle est prête à répondre aux efforts entrepris par l’Autorité palestinienne". [...] "Aussi lourd soit le passé, il y a des amitiés naissantes. J’ai demandé aux Palestiniens et aux Israéliens de m’écrire une lettre conjointe sur leurs besoins à très court terme. Si nous recevons cette première lettre conjointe, l’Union européenne aura donné naissance à un événement impensable il y a encore quelques mois."

Sur la situation au Liban et en Syrie, Jean-Claude Juncker a indiqué que "il faut garder la pression sur la Syrie pour que le retrait intégral de l’armée et des services secrets se fasse". En réponse à une question relative aux conditions posées par la résolution 1559 des Nations unies - la résolution exige le retrait des forces syriennes du Liban et le démantèlement de la branche armée du Hezbollah -, le Premier ministre a estimé que "le retrait des troupes pourrait ne pas être suffisant". Prenant pour exemple les nombreux manifestants présents dans les rues de Beyrouth ces derniers jours, Jean-Claude Juncker a ajouté que "le Hezbollah a démontré qu’il était une force politique sur laquelle on ne peut faire l’impasse".

À propos de Chypre et de la Turquie, le Premier ministre a reconnu qu’il était "difficile de réunir dans une même salle ceux qui ont des problèmes, non pas avec l’Union européenne, mais entre eux. Jean-Claude Juncker a estimé "qu’une initiative de l’ONU serait souhaitable, une fois que les Chypriotes et les Turcs auront accepté de se parler directement. Je ne désespère pas que nous puissions créer les conditions atmosphériques pour pouvoir résoudre ce problème".

Sur le dossier iranien, Jean-Claude Juncker a déclaré que les trois ministres des Affaires étrangères européens dépêchés en Iran "ont fait un travail remarquable". [...] "Les Américains voient cette initiative avec une bonne dose de scepticisme", mais "l’Union européenne doit montrer que l’option politique et diplomatique peut aussi avoir des résultats".

Enfin, sur les relations transatlantiques, le président du Conseil européen a constaté que bien que "nous restions sur des discordances, [...] il y a des rapprochements de point de vue et les relations sont en train de s’améliorer".

Le ministre des Affaires étrangères et président du Conseil de l'UE, Jean AsselbornJean Asselborn: "La politique européenne de voisinage"

Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil de l’UE, a prononcé de son côté un discours sur la politique européenne de voisinage.

"L’émergence d’une Europe sans lignes de division", a déclaré le ministre, "n’est concevable qu’en présence d’une Union européenne qui regarde au-delà du cadre étroit tracé par les frontières de ses États membres".

"Ce constat, a priori évident, est encore plus vrai suite au dernier élargissement qui a transformé en profondeur le continent européen en repoussant les frontières de l’UE tant vers le sud que vers l’est. [...] Je suis convaincu que si elle accroît notre sécurité, l’intégration des États adhérents aura également pour effet de rapprocher l’UE des zones de troubles. Notre tâche devient dès lors de promouvoir, à l’est de l’UE et aux frontières du bassin méditerranéen, un ensemble de pays bien gouvernés avec lesquels nous pourrons avoir des relations étroites, fondées sur la coopération", a dit le ministre Jean Asselborn.

Jean-Louis Schiltz: "Si nous voulons atteindre les objectifs du Millénaire, il faut que les États membres augmentent leur aide publique au développement"

Au cours de son intervention, Jean-Louis Schiltz s’est concentré sur deux points: les enseignements tirés de l’effort humanitaire apporté en réponse au désastre causé par le tsunami en Asie du Sud-Est ainsi que la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Jean-Louis Schiltz a tiré trois leçons de l’effort d’aide de la communauté internationale en réponse au désastre humanitaire provoqué par le tsunami en Asie du Sud-Est, des leçons "qui nous permettront de mieux structurer notre réponse à l’avenir".

Jean-Louis SchiltzPremier enseignement: "Il est important d’assurer le contrôle et le suivi des engagements qui doivent être présents à toutes les phases et à tous les niveaux". Cette préoccupation se traduit par le terme anglais d’accountability.

Le second enseignement concerne la coordination. UNOCHA a assumé une "bonne coordination des efforts sur le terrain". À ce sujet, Jean-Louis Schiltz a affirmé "qu'il serait bon que l’on puisse arriver à plus de coordination au niveau européen en mettant à disposition des États membres une structure centrale légère qui centralise les différents moyens dont disposent les États membres".

"Le troisième enseignement concerne le passage à la phase de reconstruction, qui est actuellement en cours. Elle a démarré de façon rapide et la transition entre les deux phases était harmonieuse. Dans cette phase de reconstruction, notre action doit être country driven, c’est-à-dire que c’est le pays touché qui décide où il faut agir, et c’est aux donateurs de dire où ils peuvent agir", a conclu Jean-Louis Schiltz.

Le deuxième sujet de l’intervention de Jean-Louis Schiltz étaient les OMD. En vue du high level forum qui se tiendra à l’ONU en septembre, Jean-Louis Schiltz a fait les remarques suivantes: "Sous peine de consacrer plus de moyens et d’améliorer ces moyens, nous risquons de rater nos objectifs. Le meilleur moyen pour les réaliser est le capacity building. Il faut améliorer les capacités sur place pour que nos efforts deviennent plus efficaces."

Pour ce qui est de l’harmonisation de l’aide, autre sujet-clé en vue de l’atteinte des OMD, Jean-Louis Schiltz s’est félicité de l’accord trouvé récemment au Comité d’aide au développement de l’OCDE. Il a qualifié cet accord d'acceptable tout en regrettant que l’on ne soit pas allé plus loin en termes d’objectifs chiffrés.

Finalement, Jean-Louis Schiltz a insisté sur le fait qu’une augmentation de l’aide publique au développement (APD) s’impose, "si l’UE veut avoir une position forte au high level meeting. Il est impératif que nous arrivions a un nouvel objectif en matière d’APD à l’horizon 2009/10. Les négociations ont débuté le14 et 15 février 2005 à Luxembourg. Ils continueront en avril après que la CE ait présenté sa communication sur la nouvelle politique de développement".

Pour conclure, Jean-Louis Schiltz a lancé un appel: "Si nous voulons atteindre les OMD, surtout si nous voulons remédier au problème de l’Afrique, nous devons avoir des engagements chiffrés sous Présidence luxembourgeoise, avant le high level forum. Toutefois, il faut rester réaliste pour ce qui est des nouveaux États membres. Ils n’ont pas les moyens financiers suffisants, car ces pays sont passés rapidement du statut de pays receveur d’aide à celui du pays donateur. Ce qui importe actuellement dans leur cas, c'est de créer une dynamique d’ici 2010. Il faut faire passer l’idée que la coopération au développement est une priorité. Je suis optimiste à cet égard. J’ai l’impression que l’idée commence à percer."

Luc Frieden: "Si une crise intervient à un endroit du monde, elle a, plus que par le passé, un risque d'incidence sur les autres régions du monde"

Luc Frieden, en sa qualité de ministre de la Défense, a exposé devant les présidents les grandes lignes de la Présidence luxembourgeoise en matière de politique européenne de sécurité et de défense (PESD).

En guise d'introduction, Luc Frieden a tenu à rappeler aux parlementaires que l'année 2005 est une année particulière, puisqu'il appartient à tous les États membres d'approuver le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Ce traité "constitutionnel" marque évidemment une étape importante en matière de PESD, car "cette démarche s'inscrit dans l'ambition de l'Union européenne d'être présente comme un acteur qui garantit la sécurité à l'intérieur de nos frontières par le biais, notamment, du volet de la justice et des affaires intérieures, et à l'extérieur par la PESD. [...] Cette combinaison, sécurité intérieure et sécurité extérieure, prévue dans le traité doit ainsi rapprocher l'UE des citoyens", a encore ajouté Luc Frieden.

La PESD a pour objectif de permettre à l'Union de développer ses capacités civiles et militaires de gestion des crises et de prévention des conflits à l'échelle internationale. Elle contribue ainsi au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le ministre de la Défense a présenté cette politique européenne de sécurité et de défense comme un élément indispensable au sein de l'UE puisque "nous sommes confrontés à une globalisation de l'instabilité". En effet, le ministre a expliqué que "si une crise intervient à un endroit du monde, elle a, plus que par le passé, un risque d'incidence sur les autres régions du monde".

Ainsi, l'Union européenne a besoin d'une politique extérieure de sécurité et de défense pour répondre aux différentes crises régionales mais également pour lutter contre le terrorisme international. Luc Frieden a déclaré que "la PESD a un rôle à jouer aussi bien au niveau de la prévention qu'au niveau de la gestion des conséquences d'attaques terroristes lorsqu'il s'agit de venir en aide aux populations civiles. Nous avons un bon exemple pour expliquer aux citoyens pourquoi il nous faut construire une défense européenne".

Selon Luc Frieden, malgré les efforts récents, la PESD reste une construction de longue haleine qui doit continuer à se développer au cours des prochaines années. La Présidence luxembourgeoise souhaite ainsi mettre l'accent sur trois éléments qui lui paraissent essentiels.

Tout d'abord, l'UE doit continuer à développer davantage ses capacités militaires et civiles. Pour cela, Luc Frieden préconise une volonté politique plus forte de la part des États membres pour que puissent être ainsi mises sur pied des capacités militaires et civiles.

Il a également souligné qu'il reste certaines lacunes à combler pour que cette PESD devienne efficace. "Il faut des armées qui soient capables d'intervenir rapidement et à n'importe quel endroit du monde", a t-il dit, ajoutant que pour cela, "il est nécessaire que soient constituées de petites unités militaires".

En plus des capacités militaires, Luc Frieden a insisté sur l'idée qu'il faut plus de capacités civiles, car "les armées ne peuvent pas tout résoudre, elles doivent intervenir dans une situation de crise, mais ensuite, il est nécessaire de combiner l'aspect militaire à l'aspect civil pour que la paix puisse se consolider et l'État de droit s'instaurer".

Le ministre de la Défense a ajouté qu'il faut plus de cohérence dans nos stratégies européennes de sécurité extérieure et de sécurité intérieure, car "ce qui se passe à l'extérieur de nos frontières peut avoir une incidence à l'intérieur de nos frontières. En envoyant nos forces de police dans les Balkans, en Bosnie ou en Macédoine, nous ne faisons pas qu'aider les gens dans ces pays, mais nous évitons que les problèmes soient exportés vers nous".

Pour conclure cet échange de vues avec les parlementaires, Luc Frieden a tenu à rappeler l'importance de renforcer les partenariats avec les autres acteurs de la scène internationale. En effet, "l'Union ne pourra pas mener tous ces combats seule, elle devra le faire avec les Nations unies, qui restent un des instruments clés dans la gestion des crises, mais également avec l'OTAN, puisque de nombreux États de l'UE en sont membres".



Haut de page

Copyright © Service Information et Presse   Aspects légaux | Contact