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Le 5 octobre 2006, le ministre de la Santé, Mars Di Bartolomeo, a présenté en présence des membres du Comité de surveillance du Sida la stratégie et le plan d’action nationaux en matière de lutte contre le HIV/Sida 2006-2010.
Selon le rapport d'activité 2005 du Sida, 63 nouvelles infections HIV ont été diagnostiquées en 2005, record absolu depuis que le premier cas à été découvert au Luxembourg. Pour l'année 2006, on dénombrait au 1er octobre 39 nouveaux cas d’infections, portant à 753 le nombre total de personnes qui se sont infectées depuis 1983. Plus de 120 de ces mêmes personnes sont à ce jour décédées des suites du HIV/Sida.
Face à l’incessante progression de l’épidémie, le Luxembourg a décidé de réaffirmer son engagement en se dotant d’une nouvelle stratégie nationale en matière de lutte contre le HIV/Sida pour les années 2006 à 2010. Celle-ci repose sur un plan d’action qui regroupe plus de 60 mesures concrètes et évaluables actuellement en cours d’exécution ou mises en place prochainement afin de combler les lacunes et de développer une approche davantage proactive en matière de lutte contre le Sida.
Le plan d’action du ministère de la Santé a été élaboré par le Comité de surveillance du Sida qui réunit les ministères et acteurs de terrain impliqués. Le suivi de son exécution est assuré par ce même comité, assisté d’un coordinateur de terrain, poste nouvellement créé dans le cadre de l’exercice 2007.
Lors du XVIe Congrès international sur le Sida tenu au Canada en août 2006, on a appris que la disponibilité d’un vaccin contre le HIV/Sida demeure une perspective certes réaliste mais encore lointaine. En d’autres termes, la prévention est à l’heure actuelle la seule arme réellement efficace contre la transmission HIV; la prévention au sens large du terme, incluant les mesures de réduction des risques et dommages dont l’efficacité a été clairement confirmée par les résultats de recherches présentés lors de cette même conférence.
La prévention "dans tous ses états"
Il n’est dés lors pas surprenant que le plan d’action met l’accent sur la prévention; et sur la prévention "dans tous ses états". On citera notamment la création d’un portail Internet qui regroupera toutes informations utiles en matière de Sida, l’accès quasi-gratuit aux préservatifs dans les établissements scolaires couplé à des campagnes de sensibilisation diversifiées et en cas de besoin l’adaptation des curriculums scolaires et des offres de formation pour les enseignants ainsi que l’amélioration de l’accès et de la qualité du dépistage. La lutte contre la discrimination est considérée essentielle et accompagne la totalité des mesures retenues.
En matière de prévention au sein des groupes vulnérables l’accent est mis sur les interventions dans les milieux récréatifs et jeunes en ciblant notamment les manifestations festives et les services des "Late Night Bus" et "Night Rider", la création d’une unité mobile destinée à intervenir au sein même de l’environnement des groupes à risques, l’intensification des mesures ciblant les sex workers sur base d’une meilleure connaissance des pratiques de prostitution et d’une cartographie plus détaillée des lieux de prostitution au Luxembourg.
Pour les usagers de drogues, le plan développera encore davantage les mesures de réduction de risques tels que les programmes d’échange de seringues et les lieux d’injection contrôlés comme celui implanté à Luxembourg-Ville et qui entretemps a fait ses preuves. Le plan prévoit également d’élargir les mesures de prévention ciblant la population migrante ainsi que la population carcérale qui selon les dernières études au niveau national présente les taux d’infection les plus élevés.
L’accès au traitement médical est une autre priorité tout en étant associée aux efforts d’augmenter l’adhérence des patients au traitement, notamment en développant la complémentarité des médecins spécialistes et généralistes dans le suivi médical et en diversifiant les offres de prise en charge psychosociale. À cet égard, le volet de l’aide au logement et de la réinsertion revêt une importance particulière. On citera le projet des "familles-relais" actuellement en cours et qui vise à intégrer les personnes vivant avec le HIV/Sida dans des familles d’accueil leur offrant un espace protégé de vie et une perspective pour l’avenir.
Le domaine de la recherche clinique et épidémiologique sera consolidé afin de disposer des données nécessaires pour optimiser l’impact de la stratégie actuelle et de celles qui vont suivre.
La stratégie 2006-2010 attache également une grande importance à la coopération internationale. Le Grand-Duché finance entre autres le projet ESTHER au Rwanda tout comme des projets de lutte contre le Sida dans des pays cibles tels le Niger, le Burkina Faso et le Mali, le projet HIV/Sida de la Croix-Rouge luxembourgeoise sur la vulnérabilité et la prostitution clandestine à Dakar et Mbour au Sénégal ou encore un projet de soutien aux enfants affectés par le HIV/Sida au Vietnam. Le Luxembourg participe par ailleurs à Onusida et au Fonds global de lutte contre le Sida, la tuberculose et la malaria depuis ses débuts. Ces efforts sont primordiaux et font partie intégrante de la stratégie nationale.
Le coût total du plan d’action national en matière de lutte contre le HIV/Sida 2006-2010 est difficilement chiffrable étant donné qu’il repose sur la mobilisation de nouveaux moyens tout comme sur l’intégration de nouvelles mesures et champs d’activités dans des structures existantes et sur l’optimisation des services déjà en place. Une évaluation externe en fin de parcours fournira des informations plus détaillées sur l’impact des mesures entreprises et moyens investis et constituera ainsi la base des stratégies futures.
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