|
Le Statec a publié en date du 17 octobre 2006 la note de conjoncture n°2-2006, intitulée "La situation économique au Luxembourg, évolution récente et perspectives".
D’après l'analyse du Statec, l’économie luxembourgeoise connaît, dans un contexte international particulièrement dynamique, une accélération de la croissance en 2006, qui devrait atteindre 5,5% sur l’ensemble de l’année. Ce renforcement de l’expansion économique provient en grande partie des performances du secteur financier.
Pour 2007, la croissance du PIB devrait être plus modérée, à quelque 4%, en lien avec le ralentissement attendu de la demande internationale et nationale.
Dans la note de conjoncture sont traités en outre les prévisions macro-économiques, la conjoncture internationale, l’évolution récente des principales branches d’activité, l’inflation, les salaires, les relations économiques extérieures, le marché du travail et les finances publiques.
L’impact macroéconomique des mesures de politique économique et budgétaire, les sources majeures d’inflation sur les cinq dernières années, l’évolution du coût salarial entre résidents et frontaliers, la distribution des salaires ou les aspects statistiques liés aux travailleurs détachés y sont également abordés.
Un environnement international favorable
L’économie mondiale connaît une expansion d’environ 5% depuis quatre ans, ce qui correspond à la période de croissance la plus forte (et d’inflation la plus faible) depuis les années 60.
À l’instar de la plupart des pays de la zone euro, l’économie luxembourgeoise est rentrée depuis 2006 dans une phase de reprise plus dynamique et devrait connaître une croissance du PIB supérieure à 5% en volume.
Le secteur financier reste la locomotive de la croissance au 1er semestre 2006. Ce secteur ne fait cependant pas cavalier seul, puisqu’il entraîne dans son sillage bon nombre d’activités de services. Les services aux entreprises, et parmi ceux-ci les "Activités juridiques, comptables et conseils de gestion" qui représentent une part importante de la valeur ajoutée et de l’emploi au Luxembourg, sont parmi les premiers à profiter directement du boom du secteur financier.
Le secteur secondaire (industrie et construction) montre peu d’entrain sur les six premiers mois de 2006. Certes, la production industrielle est en progrès par rapport à 2005, mais presque uniquement grâce à un regain des activités sidérurgiques.
Les autres domaines, comme les industries de biens d’équipement ou de consommation connaissent pour leur part un recul du volume de production.
La branche de la construction, après deux années consécutives de production en baisse, marque tout juste une stabilité de la production sur la première partie de 2006. Il est cependant difficile de relier ces données avec celles, relativement dynamiques, de l’emploi dans cette branche.
Le commerce présente un meilleur profil, avec une croissance des chiffres d’affaires en volume sur les trois composantes principales que sont le commerce automobile, le commerce de gros et le commerce de détail, bien que, concernant ce dernier, le moral des consommateurs soit orienté à la baisse jusqu’en mai (il rebondit assez nettement par la suite).
La branche de l’Horeca enregistre une progression modeste des résultats sur le premier semestre 2006, mais satisfaisante si l’on considère l’effet "retour de bâton" de la Présidence luxembourgeoise de l’Union européenne en 2005.
Quant aux activités de transports, l’année semble démarrer plutôt mollement, en particulier dans le domaine aérien.
L’accalmie des prix pétroliers, si elle se poursuit, va entraîner l’inflation à la baisse
Après avoir accéléré jusqu’en juin, sous l’effet de la hausse continue du prix du pétrole, mais aussi d’une poussée de l’inflation sous-jacente (en particulier au 1er trimestre), l’indice des prix à la consommation national a nettement ralenti sur le troisième trimestre. En septembre, l’inflation marque ainsi une progression annuelle de seulement 2,4%, contre 3,0% en moyenne sur l’ensemble du 1er semestre.
Cette modération des prix a pour causes d’une part la baisse du prix du pétrole (le baril a perdu environ 20% depuis le début août) et, d’autre part, le ralentissement des prix des biens et services hors énergie, perceptible depuis le mois de mai.
Du côté des salaires, les données disponibles pour 2006 (jusqu’en mai) montrent un léger ralentissement de la progression du coût salarial moyen horaire (+3,7% sur un an, contre +4,1% en moyenne en 2005). Cette évolution reste en ligne avec l’échelle mobile des salaires (+2,5% sur un an) et celle de la productivité (+1% environ sur la même période).
L’emploi salarié poursuit son accélération sur le début 2006 et ce mouvement est relativement bien partagé par l’ensemble des branches (sauf dans l’industrie, où la tendance est orientée à la baisse depuis plusieurs années), tant au niveau des résidents que des frontaliers.
La progression de l’emploi se constate également pour la zone euro dans son ensemble, en lien avec une conjoncture économique plus vigoureuse sur les derniers trimestres.
Concernant le chômage, la seule observation des données brutes montre toujours une croissance, certes de plus en plus modérée, du nombre de chômeurs au Luxembourg. Cependant, une analyse plus fine plaide plutôt en faveur d’une réelle stabilisation. Certains phénomènes, comme la baisse du nombre de chômeurs indemnisés, la stagnation du taux de chômage dit "au sens large" (c’est-à-dire y compris les personnes inscrites dans des mesures pour l’emploi) ou le fait qu’une partie considérable de la progression du nombre de chômeurs soit due à l’intégration de personnes à capacité de travail réduite à partir de 2003, sont autant d’éléments qui permettent d’avoir une vision plus nuancée du chômage sur la période récente.
Ralentissement probable de la croissance de l’économie luxembourgeoise en 2007
Alors que la conjoncture mondiale devrait rester aussi vigoureuse en 2007 qu’elle l’a été en 2006, la demande étrangère, s’adressant à l’économie luxembourgeoise, devrait ralentir. La cause principale de ce moindre dynamisme des marchés à l’exportation luxembourgeois serait le ralentissement conjoncturel aux USA et en Europe, régions qui restent prépondérantes pour l’écoulement de la production domestique.
Le probable ralentissement de la consommation privée (en raison des mesures destinées à rétablir l’équilibre budgétaire et la situation compétitive) aurait également un léger impact négatif sur le PIB.
La croissance du PIB en volume devrait ainsi revenir en 2007 à quelque 4%, soit un chiffre très proche du rythme tendanciel, contre, pour rappel, quelque 5,5% escomptés pour 2006.
L’emploi ne devrait, dans une première phase, qu’être très peu affecté par le ralentissement de la croissance du PIB du Luxembourg, dans la mesure où il profiterait en 2007, en raison des décalages habituels entre activité et emploi, encore du dynamisme conjoncturel de 2006. Il garderait ainsi un rythme d’expansion de plus de 3,5%. Aussi le taux de chômage pourrait-il se stabiliser en moyenne annuelle, pour la première fois depuis 2001 (sur base des chiffres "ADEM", à quelque 4’5%).
Récemment, les prix pétroliers ont baissé substantiellement: ils s’inscrivent actuellement à quelque 60 USD le baril contre encore environ 78 USD début août. Ceci entraîne un relâchement certain des prix domestiques qui se traduit par une révision à la baisse des prévisions d’inflation, surtout pour 2007. À l’heure actuelle, le Statec ne prévoit plus qu’une inflation des prix à la consommation de 1,7% en 2007, contre encore 2,6% en 2006. Ces prévisions sont évidemment en premier lieu conditionnelles au prix du baril retenu, à savoir quelque en 62 USD en moyenne annuelle pour 2007. Un tel cas de figure aurait des répercussions sur l’indexation des salaires, qui en vertu des modifications législatives récentes, n’aurait lieu ni en 2007 ni en 2008, mais en janvier 2009.
 |
Pour en savoir plus ... |
 |
|