|
Le 10 octobre 2007, le ministre du Trésor et du Budget, Luc Frieden, a déposé à la Chambre des députés le projet de loi n° 5800 concernant le budget des recettes et des dépenses de l'État pour l'exercice 2008.
Après le dépôt du projet de budget, le Premier ministre, ministre des Finances, Jean-Claude Juncker et le ministre du Trésor et du Budget, Luc Frieden, ont commenté le projet de budget.
Le chef du gouvernement a d’abord retracé le cadre général [transcription de l'intervention du Premier ministre] dans lequel s’inscrit le projet de budget pour 2008. Celui-ci est marqué par une certaine insécurité, due à la difficulté de connaître l’évolution économique en 2008 dans le monde, en Europe et au Luxembourg, et par des perspectives de croissance de l’économie luxembourgeoise en 2008 à hauteur de 4,5%.
La zone Euro, dont la croissance s’est élevée en 2007 à 2,5%, connaîtra en 2008 une croissance moins prononcée, a dit Jean-Claude Juncker avant d’expliquer qu’il est encore trop tôt pour connaître les effets exacts de la crise des "subprimes" aux États-Unis. Pour ce qui est du Luxembourg, le Premier ministre a jugé que la croissance économique en 2008 sera moins forte qu’en 2007. Avec 4,5%, "elle sera toutefois deux fois plus importante que celle de nos principaux voisins en Europe", a-t-il signalé.
La récente décision du gouvernement d’adapter le barème d’impôt à partir du 1er janvier 2008 et d’introduire un bonus fiscal pour enfants à charge est, pour le Premier ministre, en ligne avec l’accord tripartite d’avril 2006 et doit également être mise en relation avec la réforme fiscale des années 2001 et 2002, qui avait déjà permis une adaptation considérable du barème d’impôt à l’inflation. Cette approche choisie se traduira par une perte de recettes de l’État de 195 millions d’euros par an, a conclu Jean-Claude Juncker lors de son intervention.
Pour Luc Frieden, le projet de budget de l’État pour 2008 se caractérise par quelques éléments principaux: discipline budgétaire, équilibre des finances publiques, renforcement de la cohésion sociale du pays et de la croissance de l’économie, et optimisme prudent [transcription de l'intervention du ministre du Trésor et du Budget].
"Les finances publiques sont en équilibre. D’après les critères européens, l’excédent budgétaire du projet s’élève à 0,8% du PIB", s’est réjoui le ministre du Trésor et du Budget, qui entend poursuivre sur cette voie de la consolidation du budget. Si l’on faisait abstraction de l’adaptation du barème d’impôt et de l’introduction du bonus fiscal pour enfants, l’excédent serait de 1,8%, a-t-il ajouté.
Réserves de l’État
À côté de l’équilibre budgétaire, le gouvernement a aussi atteint un autre objectif, à savoir celui d’augmenter les réserves de l’État, nécessaires au financement de grands projets d’investissement, a poursuivi le ministre. En effet, au 31 décembre 2006, le solde des réserves était supérieur à celui de 1999. Dans ce contexte, le gouvernement a décidé de mettre l’excédent budgétaire de l’exercice 2006 (240 millions d’euros) entièrement à profit des réserves, a annoncé Luc Frieden.
Dette publique
La dette publique reste relativement constante à environ 6,9% du PIB. Pour 2008, deux emprunts à hauteur de 100 millions d’euros chacun sont prévus, pour alimenter d’une part le Fonds du rail et d’autre part le Fonds des routes.
Selon le ministre du Trésor et du Budget, le projet de budget se caractérise par une grande discipline budgétaire. En effet, les dépenses de l’État ne croîtront que de 5,3% alors que les recettes augmenteront de 7,6%. "Nous voulons poursuivre le processus de consolidation des finances publiques afin de pouvoir présenter également en 2009 un budget équilibré", a dit Luc Frieden.
Investissements élevés
En 2008, le volume des investissements de l’État sera très important et s’élèvera à 1,66 milliard d’euros (4,1% du PIB), a annoncé le ministre Frieden. "Les investissements permettront de moderniser le pays et d’encourager l’économie", a-t-il signalé. Les investissements les plus importants seront réalisés pour financer:
-
les nouvelles infrastructures ferroviaires,
-
la construction de deux lycées, de l’Université du Luxembourg à Belval et du Centre de rétention,
-
le renforcement du dispositif de sécurité à Schrassig,
-
les grands projets routiers (Nordstrooss).
"Le projet de budget pour 2008 met un accent particulier sur plusieurs domaines où l’État doit intervenir: le secteur du logement, l’accueil des enfants et l’école", a insisté Luc Frieden. Les dépenses en faveur du secteur du logement augmenteront de 22% et les dépenses relatives à l’accueil des enfants accroîtront de 12%. Le budget des écoles s’élèvera de son côté à 970 millions d’euros.
Les crédits relatifs à la recherche publique augmenteront de 21% pour s’élever à 117 millions d’euros (0,43% du PIB) et ceux relatifs à l’Université du Luxembourg augmenteront de 10%. Le ministre a justifié ces crédits par la volonté du gouvernement de préparer l’avenir et de soutenir l’économie du pays.
Par ailleurs, le projet de budget doit permettre de maintenir intacte la cohésion sociale dans le pays, a souligné Luc Frieden. À cet effet, le gouvernement entend mener une importante politique sociale qui se traduit par des dépenses à hauteur de 2 milliards d’euros (Sécurité sociale, caisses de pension et de maladie, assurance dépendance). Pour ce qui est des personnes handicapées, le budget 2008 prévoit des crédits de l’ordre de 52 millions d’euros, tandis que 63 millions sont mis à disposition pour l’accueil et l’encadrement des personnes âgées.
La coopération au développement disposera en 2008 d’un budget de 296 millions d’euros, ce qui correspond à 0,91% du PIB.
263 millions d’euros sont prévus pour la sécurité intérieure, ce qui permettra entre autres le recrutement de 30 agents de police et de 10 agents de sécurité pour prison. L’encadrement social des prisonniers sera aussi amélioré grâce à l’engagement de 12 personnes supplémentaires.
 |
Pour en savoir plus ... |
 |
|