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En date du 23 octobre 2007, le Premier ministre Jean-Claude Juncker a fait une intervention à la Chambre des députés à l’occasion d'une heure d'actualité, organisée à la demande de la commission des Affaires étrangères et européennes de la Chambre, au sujet du traité réformateur adopté le 18 octobre à Lisbonne par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE.
"La construction européenne est un amalgame réussi de convictions profondes et de doutes périodiques résolus, qui a été formé grâce à la force du compromis", a déclaré le Premier ministre en guise d’introduction. Et de continuer: "Cette intersection entre convictions et doutes dominait aussi l’atmosphère lors du sommet de Lisbonne".
Jean-Claude Juncker a estimé que le traité de Lisbonne n'était pas aussi bien que le traité établissant une Constitution pour l’Europe mais qu’il était tout de même "assez bien pour l’Europe et très bien pour le Luxembourg".
Le Premier ministre a développé les points forts du traité de Lisbonne, qui reprend plus de 90% du contenu de la Constitution européenne, approuvée au Luxembourg lors du référendum du 10 juillet 2005.
Le Premier ministre a expliqué que le traité de Lisbonne reprend l’intégralité des innovations institutionnelles de la Constitution, dont l’extension du vote à la majorité qualifié, notamment dans les domaines de la coopération judiciaire et policière. Il a aussi évoqué la création du poste de haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité commune et la mise en place de la présidence stable du Conseil européen.
Jean-Claude Juncker a également parlé des prérogatives renforcées du Parlement européen, qui comptera 750 membres plus un Président. Six membres seront luxembourgeois. Le Premier ministre a déclaré que le mécanisme dit de "Ioannina", ne permettra pas de bloquer des décisions mais uniquement de les retarder.
Le Premier ministre a déploré que la Charte des droits fondamentaux ne soit pas applicable à tous les Européens, le Royaume Uni et la Pologne ayant obtenu une dérogation. Jean-Claude Juncker s’est toutefois dit optimiste que le futur gouvernement polonais puisse envisager une ratification de la Charte.
Le chef du gouvernement a insisté sur le fait que le Luxembourg a dû faire certaines concessions pour aboutir à un compromis et a déploré que le traité contienne de nombreuses faiblesses, dont les clauses de opt out, exigés notamment par le gouvernement britannique, dans des domaines aussi importants comme la justice et l’immigration. "Nous n’avons pas introduit ces opt out de bon cœur, mais nous étions forcés à le faire", a noté Jean-Claude Juncker.
"Ce traité crée plus de démocratie et plus de transparence. Il met fin à une crise européenne, consacre l’essentiel de la Constitution européenne et permet à l’UE de se ressourcer et de se concentrer à nouveau sur les dossiers en cours", s’est réjoui Jean-Claude Juncker, pour ajouter que "le contenu du traité n’est pas le plus important. Ce qui importe, c’est la politique qui sera faite en Europe. J’espère qu’ils pourront mieux la faire grâce au nouveau traité".
Finalement, Jean-Claude Juncker a mis en garde ceux qui estiment que la ratification du traité de Lisbonne serait une banalité: "La ratification du traité de Lisbonne ne sera pas une promenade à travers 27 parlements. Ce traité a besoin de beaucoup de soutien pour s’imposer. S’il arrive à s’imposer, j’espère qu’il donnera aux hommes politiques les moyens de faire de l’Europe du XXIe siècle un continent où ses citoyens se sentent mieux que lors de certaines périodes du XXe siècle."
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